Waasland-Beveren va contester les licences d'Ostende et d'Anderlecht

Marc Coucke, Wouter Vandenhoute, et les joueurs de Waasland-Beveren et Ostende
Marc Coucke, Wouter Vandenhoute, et les joueurs de Waasland-Beveren et Ostende - © RTBF

Le verdict de la relégation n’est pas encore tombé. Mais, dernier du classement à un match de la fin de la phase classique de compétition, Waasland-Beveren (qui accueillera Gand dimanche lors la dernière journée) risque fort d’évoluer en division 1B la saison prochaine...

Du moins, en principe, car les dirigeants waeslandiens ne l’entendent pas de cette oreille. Ils vont donc mener un dernier combat, non seulement sportif mais aussi juridique. Selon eux, les futures licences qui devraient être accordées à Ostende et à Anderlecht n’auront pas de raisons de l’être. Et ils l’ont d’ores et déjà signifié par écrit, au parquet fédéral de la Fédération belge de football (le procureur Kris Wagner), à la Pro League et à la Commission des licences de l’Union belge.

Ils s’appuient sur les articles P.407.23 et 407.25 (alinéas 1 et 3) du règlement fédéral de l’Union belge. Qui stipulent ceci :

ARTICLE 407.23. Conflits d’intérêts et intégrité des championnats : la licence  ne sera pas octroyée à un club dont une ou plusieurs personnalités juridiques liées

- est également une personnalité juridique liée d’un autre club professionnel

- exerce l’activité d’intermédiaire au sens de l’annexe 9 du présent règlement

Dans ce cas, c’est clairement la position ambiguë de Wouter Vandenhaute à Anderlecht qui est visée. On le sait, l’empereur des médias flamands et patron de certaines courses cyclistes dont le Tour des Flandres , est devenu le consultant du président Coucke. Le 15 janvier dernier, il déclarait dans la presse à propos du président anderlechtois : "On a alors évoqué la piste de nommer un CEO qui aurait tout le pouvoir. (…) Je lui ai alors dit : si tu nommes un CEO, je serais prêt à être ton consultant. C’est comme ça qu’on a contacté Karel Van Eetvelt..."

Rappelons que Vandenhaute est aussi le propriétaire de la société de management sportif "Let’s Play", même s’il précise ne pas être dans l’opérationnel de cette société. Le lendemain, la Pro League se disait "préoccupée par cette situation", insistant sur le point que "le football  belge  a plus que jamais besoin d’une stricte séparation entre les agents et les clubs..."

Pour les dirigeants de Waasland-Beveren, il n’y a donc aucun doute : Wouter Vandenhaute est une personnalité juridique liée au Sporting d’Anderlecht car il a co-nommé le CEO.

ARTICLE 407.25. Une personnalité juridique liée est définie par

  • Toute filiale du candidat à la licence
  • Toute entité associée du candidat à la licence
  • Toute partie (….) exerçant une influence notable d’une manière ou d’une autre  sur le candidat à la licence

Cette fois, c’est le lien de Marc Coucke avec son ancien club, Ostende, qui est mis en cause. A travers sa holding "Alychlo" et sa société de management "Mylecke", le président Coucke est actionnaire et administrateur délégué de la société "Oostende stadion". Cette dernière est propriétaire de la nouvelle tribune du stade ostendais. Nous avions déjà dénoncé, naguère, cette situation pour le moins étrange. Pierre François, le CEO de la Pro League nous avait alors indiqué "que cela était permis mais que les instances dirigeantes étaient très vigilantes quant à des loyers impayés par le club ostendais."

Or, les derniers comptes publiés à la Banque Nationale de Belgique le 30/9/2019 nous apprennent que le club ostendais a une créance commerciale impayée de  881.636 euros, qui correspond en fait aux loyers impayés (le loyer annuel est de 1.200.000 euros) à la société "Oostende stadion". Il est même mentionné dans le rapport de gestion des administrateurs que cela est lié à la situation financière de la société "KVO NV", soit le club lui-même ! Peut-être cette dette a-t-elle été apurée aujourd’hui... mais rien n’est moins sûr vu le contexte financier.

DES COMPTES OSTENDAIS DANS LE ROUGE

Précisément, les comptes ostendais arrêtés au 30 juin dernier sont sortis à la BNB. Et ils sont catastrophiques : 9,6 millions de pertes pour le dernier exercice ! 23,1 millions de pertes cumulées avec les exercices antérieurs. 12,2 millions de masse salariale, soit 2/3 des recettes globales. Le résultat de la gestion "à la sauce Coucke" en quelque sorte avec de très gros contrats. Comme celui par exemple de l’ancien Diable Rouge Nicolas Lombaerts qui ne joue plus depuis des mois et s’entraîne avec le noyau B.

Bref, à la Côte, on a sans doute vécu au-dessus de ses moyens... Apparemment, le nouvel acquéreur potentiel américain (le fonds d’investissements "Pacific Media Group") pourrait éponger ces dettes et le "closing" (la dernière étape du processus de vente) est prévu lundi prochain. C’est-à-dire le lendemain de la fin de la phase classique. Même si on nous confirme, à bonne source, que les investisseurs américains seraient prêts à acheter 70% des parts du club même en division 1 B. Mais pas si le club n’obtient pas la licence... L’œuf et la poule en quelque sorte. Payer les dettes pour avoir la licence, ne pas investir en cas de non-licence...

Or, le club ostendais espère avoir des apaisements ou des garanties pour la fin de la semaine à ce propos. Mais cela semble quasi-impossible. Car les dossiers de licences doivent être définitivement rentrés ce vendredi 13 mars. Avant d’être avalisés, ou non, à partir du 19 mars par la Commission "ad hoc" sur base du rapport de Niels Van Branteghem, le manager des licences de l’Union belge. Bref, ça négocie ferme en coulisses du côté ostendais...

Que va faire la commission des licences dans les jours qui viennent (décision au plus tard en avril) ? Peut-on imaginer que l’un de ces deux clubs n’obtienne pas le précieux sésame ? Quid du fameux principe de continuité financière pour les saisons à venir ? Une application stricte du règlement est-elle envisageable ? Autant de questions aujourd’hui sans réponses...

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