Vincent Kompany : "les 3 étoiles de notre blason viennent du terrain, pas d'un designer"

Posé, détendu et souriant,  Vincent Kompany est apparu comme à son habitude, à l'heure de préfacer le dernier match de phase classique à Saint-Trond. Celui qui pourrait propulser le sporting en PO1. 

- "La semaine ne m’a pas parue plus longue que les autres. Simple, similaire. Mon expérience me dicte de créer une bulle avec mon effectif, de me concentrer sur mes tâches, la qualité des entraînements, leur intensité. Et faire confiance au staff pour que, ensemble, on offre le plus de solutions possibles aux joueurs avant le match."

- Comment se sentent vos joueurs à l'aube de ce match fatidique ?

- "C'est dur pour moi de vraiment juger si le stress est présent. Personnellement, ce que je fais, c’est que je transmets ma manière d’être, je crée une véritable bulle. Aujourd'hui, c'est pour les PO1, un jour j’espère pour une finale d’une grande compétition. Chaque joueur doit passer par cette étape dans sa carrière et moi je transmets toujours que, dans ces moments-là, il faut rester encore beaucoup plus calme que d'habitude. En ce qui me concerne, ma manière de vivre avant les gros événements, c'est de me concentrer encore plus sur l’entraînement, de trouver une manière de faire encore mieux. Et après, de rester près de mes proches, famille, amis, aller dormir à une heure convenable, manger les bonnes choses, et pour le reste il n’y a pas trop de souci à se faire. C’est comme ça qu’on se prépare pour les grands matchs, que ce soit à Anderlecht ou en demi-finale de coupe du monde. C’est la même chose."

- Ce sera un match sur synthétique, cela change-t-il quelque chose ?

- "Le hasard fait que nous avons l'avantage d’avoir la plupart de nos joueurs qui évoluaient sur un synthétique jusqu’ il y a un an ou deux ans dans les équipes d'âge. Je ne pense pas que, pour nous, cela fasse une grosse différence. Bien sûr, on se prépare dessus. Mais il n’y aura aucune excuse à faire valoir par rapport au terrain. D’autant qu’on a déjà joué cette saison sur synthétique lors de notre match de coupe à Liège, et je n’y ai pas constaté de baisse de niveau technique ou physique au sein de mes troupes."

- Vous avez conquis vos 3 succès d'affilée (Zulte, Antwerp, Bruges) avec le même 11 de base (à l'exception de Sardella et Cobbaut qui se sont relayés au poste de deuxième défenseur central). Ce n'est sans doute pas une coïncidence. Pourquoi le fait d'aligner ces joueurs-là à cette position-là semble-t-il être le "best deal" actuel pour Anderlecht ?

- "Ça dépend comment on tourne la question. A-t-on gagné parce que c’était ce 11 de base-là qui était aligné ? Ou ce 11 de base-là est-il resté identique parce qu’il a gagné ? ça va peut-être dans les deux sens. Je ne suis pas plus bête qu’un autre. Si mes joueurs rendent les choses claires sur le terrain, c’est important et cela facilité les choses. Mais encore une fois, on est à Anderlecht. Et à Anderlecht, l’équipe peut parfois se faire en dehors du terrain. Pour moi l’important est que les joueurs prouvent sur le terrain, prouvent à l’entraînement. Et quand c’est le cas, il n’y a aucune intention de ma part de leur enlever ce qu’ils méritent. Par contre, je reste vigilant parce que une méforme peut survenir, il faut pouvoir l’accepter. Et vigilant aussi par rapport à ceux dont la forme est en train de monter. C’est la raison pour laquelle je parle toujours d’un noyau large, et non d’un 11 de base."

- 1 point suffit pour vous qualifier pour les PO1. Allez-vous jouer pour la victoire ou commencer à calculer ?

- "On dit souvent que la meilleure défense c’est l’attaque...On n’a jamais été une équipe de bloc bas, jamais été une équipe défensive. Et malgré cela, on présente des statistiques défensives bien supérieures a certaines équipes qui se basent sur des blocs bas, avec des joueurs d’expérience, qui possèdent de la carrure, de la puissance, et tous les autres qualificatifs qui vont avec…

Nous, notre force c’est de toujours exercer une forme de pression constante sur l’adversaire. Pas toujours à l’entrée de son rectangle, mais en faisant en sorte qu’il lui soit compliqué de franchir la ligne médiane. C’est comme cela qu’on défend. On ne va pas changer notre approche. C’est lié à notre jeu et à la manière dont on se crée des occasions. Donc changer aujourd’hui, ce serait prendre le risque de me dire dans 10 ans : "oui, ce jour-là, comme jeune coach, j’ai fait une erreur, je n’aurais pas dû… ". Donc, je ne vais certainement pas changer mon approche."

- Qui dit Play Offs, dit bonnes chances de retrouver l'Europe. Cela doit vous travailler un peu...

- "La Coupe d’Europe, et le succès en général, c'est crucial pour ce club. Les 3 étoiles présentes sur notre blason ne sont pas le fruit d’un designer inventif, elles proviennent des nombreuses victoires conquises sur le terrain et d’une barre toujours placée très haut. Donc, ce club a des attentes bien précises. Je trouve toujours un peu lâche de comparer les équipes du passé et l’équipe actuelle. Les temps changent. Mais l’ambition et les attentes demeurent. Nous devons les rencontrer."

- Vous attendiez-vous, dans cette saison bizarre, à avoir encore un rôle actif à jouer pour les PO lors de la dernière journée ?

- "Depuis le début, je m’attendais à ce que tout se joue la dernière journée. Bien sûr, cette saison a été imprévisible pour tout le monde. Pas uniquement pour Anderlecht, mais au niveau du championnat belge en général. Ce qui s’est passé, bien peu auraient pu le prédire… Le sentiment que j’avais en début de saison est que, jusqu’au dernier match, on allait être dans la course aux PO. Aujourd’hui, c’est bien le cas. A nous de prendre nos responsabilités en main. Avec tout le respect que l’on doit à cette équipe de Saint-Trond, on doit se concentrer sur nous-mêmes pour atteindre notre but."

 

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