Vincent Kompany à Anderlecht : un joli coup de comm (back)

Vincent Kompany à Anderlecht : un joli coup de comm (back)
Vincent Kompany à Anderlecht : un joli coup de comm (back) - © Tous droits réservés

24 heures plus tard, petit retour sur l'annonce qui a remué le football belge hier : le come back de Vincent Kompany à Anderlecht.

1. Le coup de comm et le timing

Médiatiquement, on peut parler d'un coup de maître, savamment orchestré depuis de longues semaines. Une communication en plusieurs temps : un premier post Facebook de l'artiste lui-même pour annoncer son départ de Manchester City, une attente d'une heure, puis un deuxième post pour annoncer sa destination. Simultanément, une publication officielle du sporting sous forme de clip dynamique rappelant quelques highlights du joueur, rapidement suivie d'une autre donnant la parole aux deux principaux responsables d'Anderlecht : le président Marc Coucke, et le manager général Michael Verschueren.

Un coup de comm remarquable point de vue timing aussi, car d'une part il survient au lendemain de la victoire de Manchester City en Cup, glorifiant un Kompany au sommet de son art, d'autre part il est posé quelques heures avant le dernier match d'Anderlecht, balayant ainsi d'un revers de la manche toutes les conclusions et analyses liées à la plus mauvaise saison du club depuis 1973 (la dernière fois qu'Anderlecht s'était classé 6è du championnat de Belgique).

De fait, aujourd'hui, le retour de Kompany fait la une de toutes les actus, tandis que l'absence d'Anderlecht sur la scène européenne, après 55 ans de présence ininterrompue, passe quasiment inaperçue...

Les deux événements sont d'ailleurs... complémentaires. Car, par sa seule présence, son aura et son carnet d'adresses, Vincent Kompany permettra d'attirer à Neerpede des joueurs qui, sans lui, vu l'absence de perspectives européennes, s'en seraient sans doute spontanément détournés.

2. L'effet de surprise

Quoi qu'on en dise, le retour au bercail de Vincent Kompany n'est pas si étonnant qu'il y paraît.

Lors de la divulgation, à l'automne, du nouvel organigramme mauve, le nom de l'ancienne icône du Parc Astrid était apparu dans les discours officiels. But avoué : rendre au sporting son ADN mauve (Arnesen, Zetterberg,...) et s'inspirer du modèle ajacide.

A partir du moment où Kompany annonçait son départ de Manchester, que pouvait-il faire ?

Viser plus haut sportivement que la meilleure équipe du meilleur championnat européen ? Difficile à imaginer à 33 ans.

Viser un dernier défi plus lucratif, dans les pays du Golfe, en Chine ou en MLS ? Possible mais avec le risque de s'éloigner des radars de la sélection, alors que l'Euro 2020 demeure son (dernier) point de mire. 

Le scénario anderlechtois permettait à l'ancien capitaine des Diables Rouges de boucler la boucle de façon symbolique, en rendant à son club formateur ce qu'il lui avait toujours promis de rendre. Une décision sincère et venue du coeur, à l'image d'un homme intègre, qui n'a jamais oublié ses racines.

3. La double casquette

C'est sans doute la question la plus épineuse, du moins celle qui divise le plus les observateurs.

Il aurait sans doute été plus simple et plus lisible de proposer à Kompany une mission en deux temps : d'abord une fin de carrière tranquille en tant que joueur (une saison, par exemple, jusqu'à l'Euro 2020), puis une intégration en douceur au staff et/ou à la direction.

Le montage de Marc Coucke (original s'il en est, surtout à ce niveau) place d'emblée une grosse pression sur les épaules d'un homme qui les a, certes, solides, mais qui devra faire ses gammes en tant que coach dans un club en pleine (re)construction...

Mission délicate s'il en est, d'autant que Kompany devra trouver un terrain d'entente avec le « vrai » T1 (même s'il paraît plus opportun de parler d'un « super T2 »). Un homme (vraisemblablement issu de la sphère cityzen) qui devra accepter de rester dans l'ombre et de se plier à des directives stratégiques sur lesquelles il n'aura pas la mainmise.

Pour que le modèle fonctionne, il sera primordial de bien définir et délimiter les sphères d'influence de chacun (sans même parler du rôle hybride de Pär Zetterberg). L'abondance de biens ne nuit pas... à condition qu'elle soit strictement cadrée.

4. Le signal fort donné à Neerpede

Outre l'impact dans la campagne de transferts, le retour Vincent Kompany va très certainement booster le centre de formation de Neerpede, dont il est l'un des plus beaux produits.

Face aux nombreux jeunes que Marc Coucke souhaite continuer de voir émerger, Kompany sera l'incarnation vivante de la réussite du projet, un formidable facteur de motivation à visage humain. Quant aux jeunes déjà intégrés au noyau A, ils vont sans doute accélérer leur évolution de façon spectaculaire. Dans leur attitude, leur maturité, mais aussi leurs qualités pures. On pense principalement à Sebastiaan Bornauw, dont le potentiel est évident mais qui a besoin d'un vrai patron à ses côtés. Un peu à l'image de... Vincent Kompany qui, durant ses 3 années de professionnalisme au RSCA avait été guidé par le précieux et expérimenté Hannu Tihinen.

 

 

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