Une francophone assistante arbitre en D1

Anne Cheron
Anne Cheron - © RTBF

La Namuroise Anne Cheron rejoint Ella De Vries en Division 1. Elle sera donc dès la saison prochaine la 2ème femme assistante arbitre, la première francophone à évoluer en Pro League.

"Être la première francophone assistante-arbitre en D1, cela n'ajoute rien à ma joie. J'espère juste que cela donnera envie à d'autres filles de suivre la même voie, affirme Anne Cheron qui savoure le moment tout en gardant les deux pieds sur terre. Ce qui m'arrive, cela a été possible grâce au soutien de ma famille et de mon fils Germain en particulier. Ils ont fait des sacrifices afin de me permettre de pratiquer cette passion pour l'arbitrage".

A 36 ans, il s'agit d'une belle progression pour cette amoureuse du ballon rond. Anne Cheron joue au football depuis tout petite et s'est lancé dans l'arbitrage suite à... un pari. "Cela remonte à 1995, je jouais au football et dans mon équipe, une amie, Véronique Geerts, a décidé de se lancer dans l'arbitrage et je l'ai suivie".

"J'ai goûté aux deux "fonctions" de l'arbitrage : la ligne et arbitre principal. Je n'aimais pas être sur le terrain, au centre des débats. C'est sans doute lié à mon caractère. L'assistant-arbitre est plus dans l'ombre. Les deux fonctions sont différentes et complémentaires ; on forme une véritable équipe".

Dans le football féminin, Anne Cheron est reconnue et a déjà démontré ses qualités. Elle était de nouveau assistante avec... Ella De Vries lors de la dernière finale de Coupe de Belgique féminine entre Sinaai et le Lierse. "C'était un match particulier car il s'agissait du dernier arbitré par Claudine Brohet, qui a ouvert la voie à l'arbitrage féminin".

Sur le plan international, Anne Cheron dispose d'une fameuse expérience. Elle ne compte plus les matches et les tournois auxquels elle a participé. L'un de ses plus beaux souvenirs restera la finale de la Coupe UEFA féminine en 2009...

"Mon défi était toutefois plus en Belgique qu'à l'étranger. J'avais pour ambition de devenir stagiaire en D2. Me voilà à présent stagiaire, mais en D1. Je vais donc officier sur certains matches de la Pro League la saison prochaine et je serai jugée. Si cela se passe bien, je pourrai continuer à progresser, sinon je redescendrai...", révèle une Anne Cheron qui est consciente que le défi est de taille.

Anne Cheron compte bien se faire une place dans un milieu qui peut être "macho" et où les jalousies sont bien présentes : "J'essaye de passer au-dessus de cela. Ce n'est pas toujours évident".

Les tests physiques ne seront pas évidents non plus car comme le souligne la jeune namuroise : "Il n'y a pas de différences entre les femmes et les hommes. Les filles doivent réaliser les mêmes tests, les mêmes temps et doivent répondre aux mêmes difficultés et critères que les hommes. C'est bien ainsi". De quoi faire taire les mauvaises langues.

G. Bayet

Et aussi

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK