Teklak : "Le titre du Club de Bruges a été acquis dans la douleur"

Dimanche dans Complètement Foot, David Houdret, Pascal Scimè, Alex Teklak, Nordin Jbari et Joachim Mununga sont revenus sur le titre du Club de Bruges. Scénario compliqué, philosophie de jeu, impact du coaching d'Ivan Leko... Il est aussi question de la préparation de la prochaine saison pour laquelle il faudra garder les cadres pour faire face au défi de la Champions League.

Scimè : "Des décisions ont avantagé le Club de Bruges"

Pour Pascal Scimè, le titre du Club de Bruges est mérité : "Il ne faut pas occulter les différentes phases litigieuses. Il est clair qu’à certains moments, des décisions ont avantagé le Club de Bruges. Mais ceci n’enlève rien au fait que le titre des Brugeois est mérité. Ils ont été au-dessus du lot depuis la première journée de championnat. Bruges est peut-être l’équipe qui a eu le plus de personnalité. Ils ont été leaders incontestés et incontestables hormis sur les dernières semaines. Il y a une griffe brugeoise. Quand vous regardez cette équipe jouer, vous savez que c’est Bruges. Quand Bruges marque et quand tout va, cette équipe est un rouleau compresseur."

Teklak : "Ce titre a été acquis dans la douleur"

Mais face au Standard ce dimanche, les Blauw en Zwart ont dû faire le dos rond comme l’explique Alex Teklak : "Il y a eu peu d’actions véritablement construites. Il y avait d’un côté le Standard qui voulait pousser pour gagner ce match et secrètement encore rêver de la première place. De l’autre côté, il y avait Bruges qui se recroquevillait et au travers des changements de Leko, on a pu se rendre compte qu’il voulait vraiment consolider le point. Dans ce contexte-là, lancer Simons dans la bataille à un quart d’heure de la fin, ce n’est pas un hasard. C’est assez symbolique de ces play-offs finalement. Ce titre a été acquis dans la douleur. C’est un cadeau empoisonné d’avoir mené tambour battant pendant tellement de temps durant la saison. En cas de non-titre, ça aurait presque été une erreur professionnelle pour les Brugeois."

Pour Joachim Mununga, c’est la régularité des Brugeois qui a fait la différence : "Même s’ils ont eu un petit coup de mou sur les play-offs, je crois que le Club de Bruges a été la meilleure équipe de toute la saison. C’était la meilleure équipe non seulement au niveau des points mais aussi au niveau de la manière. […] Leko avait un noyau de luxe. Je pense qu’il avait énormément de choix et il a su maintenir tout le monde dans le coup. Son coaching et son management du groupe ont été exceptionnels. Il a bénéficié du soutien complet de son équipe. Il a réussi à imprégner les joueurs de cette philosophie. On a vu des idées, et un fil conducteur dans tout ce qu’ils faisaient."

Jbari : "Il y a des personnalités, mais Bruges est un groupe"

Pour Alex Teklak, le fait que Leko soit un ancien joueur lui a aussi permis de créer une certaine relation avec le public : "Je pense qu’il a été suffisamment malin dans son intelligence émotionnelle pour prendre le public avec lui. Il faut rappeler qu’il est arrivé dans un contexte où il n’était pas forcément le premier choix et qu’il était déjà contesté après les éliminations en Coupe d’Europe. Je n’ai d’ailleurs pas retrouvé entre Leko et l’équipe dirigeante la complicité qui était de mise à l’époque de Michel Preud’homme. Il a été moins protégé et c’est significatif d’un statut différent. Aujourd’hui, c’est le premier titre de Leko, mais c’est aussi selon moi aussi encore en partie celui de Preud’homme. Il y a quand même beaucoup de joueurs qui, en termes de mentalité, ont vraiment hérité de la présence de Michel tout au long de cette saison. Je pense surtout à Vanaken et à Limbombe qui ont grandi, et à Vormer qui s’est imposé définitivement comme le capitaine de cette équipe. Ça a bien fonctionné, tout s’est bien imbriqué pour Leko. Mais je crois qu’il va devoir encore apprendre son métier et certainement aussi se forger ce statut."

Leko, c’est aussi une philosophie de jeu qui a aussi séduit Nordin Jbari : "C’est un des rares entraîneurs d’un grand club à jouer assez haut et à faire le pressing. On peut dire que cela a marché pendant 90% du championnat. Et puis pour parler des personnalités, Vormer est un joueur qui a beaucoup apporté à cette équipe, même quand il ne jouait pas très bien. On l’a vu à Charleroi, avec ce coup-franc qui relance Bruges et qui est selon moi le but du titre. On peut parler aussi de Vanaken qui a lui aussi changé les choses quand il est monté à la mi-temps à Charleroi. Et puis il y a eu ce problème de gardien qui a fragilisé l’équipe, l’absence de Poulain aussi. Il est sous-estimé mais son absence a fait du mal au club de Bruges. […] Oui, il y a des personnalités, mais Bruges est un groupe comme cela a très souvent été le cas ces dernières années. C’est cela qui a fait la différence à la fin."

Pour faire face aux défis de la saison prochaine, dont la phase de groupe de Champions League, il sera sans doute nécessaire que l’équipe se renforce, mais aussi qu’elle parvienne à retenir ses éléments-clé comme l’analyse Alex Teklak : "C’est vrai qu’il y a des départs qui sont annoncés d’un commun accord avec le Club, comme par exemple Abdoulaye Diaby. Mais en Ligue des Champions, vous avez besoin d’artistes pour faire la différence, vous avez besoin de conserver vos joueurs majeurs. Et à ce titre, le joueur majeur de ces play-offs pour Bruges, c’est Nakamba. Pour moi, c’est un joueur qu’il faut absolument conserver dans son effectif. Après on pourra s’attaquer aux joueurs rentrants. Et ils en ont sont conscients, il faut un gardien. Il y a deux ans, ils ont fait 0 sur 18 dans un groupe quand même relativement faible. On n’aura peut-être pas la même chance du côté brugeois dans le tirage."

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