Teklak: "Dans un match comme celui-là, Marc Coucke devait être présent"

Cela fait plusieurs jours que Marc Coucke est absent alors que son club est en train de sombrer. Attaqué par certains supporters qui demandent son départ, le Président d'Anderlecht doit aussi faire face à des critiques quant à la gestion du club.

Pour notre consultant Alex Teklak, c’est tout un ensemble de décisions et de maladresses du côté de la direction d’Anderlecht qui a fait déborder le vase: "En réalité, il y a un amalgame d’humiliations sportives, en tous cas les supporters les considèrent comme tel, ainsi qu’un manque de communication à leur égard. Je sais de source sûre que cela fait plusieurs semaines qu’ils essaient de rentrer en contact avec la direction pour établir un contact, savoir vers quoi on se dirigeait. Comme cela s’est passé au Standard du temps de Duchâtelet ou de Venanzi qui lui avait compris comment il fallait fonctionner. Il s’est bien servi de ce que Duchâtelet avait subi en essayant de contrôler les tribunes et en ayant des gens qui les contrôlent pour lui. En ce qui concerne Anderlecht, je pense que ce manque de communication a frustré les supporters et a entraîné ces décisions. Mais il y a aussi les humiliations qu’ils ont subies : contre l’Antwerp, la défaite contre Bruges alors qu’ils n’avaient plus été battus depuis 21 ans. Ils collectionnent les mauvais records. Et à cela, ils rajoutaient ce soir-là sur une banderole très explicite que ça allait peut-être être la première équipe depuis un nombre important d’années qui n’allait pas jouer l’Europe. Vous allez au Standard et vous savez que ça allait être difficile. Et ça commence de la manière la plus compliquée possible. Puis il y a aussi l’extra sportif avec le naming du stade. Cela ne devait probablement pas sortir maintenant. Je ne crois pas qu’il fallait prioriser ce genre de choses. Je crois qu’il y a vraiment d’autres chats à fouetter actuellement à Anderlecht. Il ne faut pas oublier non plus le changement historique d’équipementier. Tous ces petits détails accumulés les uns à la suite des autres font qu’à un moment la gestion de Coucke a été mal perçue."

Alex Teklak enchaîne en abordant l’absence de Marc Coucke pour ce Clasico. "S’il avait voulu le faire exprès, il n’aurait pas mieux fait. Même si je crois que Michael Verschueren aime bien cet exercice, parce qu’il est le digne héritier de son papa qui n’a jamais eu peur d’affronter les supporters, il a été tout seul dans la fosse aux lions pour se défendre et il a fait son job en allant sur les plateaux télé pour expliquer sa position. Je trouve que son président devait être là. À la fin du match, Venanzi était là et c’est à lui qu’on est allé poser une question. On n’est pas allé poser une question à Olivier Smeets ou à Alexandre Grosjean ou à Olivier Renard. Il faut les respecter évidemment parce que ce sont des gens importants. Mais c’est le Président à ce moment-là qui doit prendre la parole. Le chef, le boss. C’est pour ça aussi que le boss devait être là dans un match comme celui-là."

Les supporters estiment que Marc Coucke concentre tous les maux du club

Et d'ajouter: "J’avais évoqué le fait que Marc Coucke arrive dans une situation où Anderlecht a déjà beaucoup souffert. Evidemment on parle de Coucke et il est un peu la cible des supporters, et même des médias parce qu’il a voulu un peu révolutionner le club et il a changé beaucoup de choses. C’est difficile quand on veut changer. Déjà le changement fait peur, dans toutes les sociétés, que ce soit dans le foot ou dans d’autres domaines. Ça effraie les gens. Et sans doute qu’il y a de bonnes décisions d’un point de vue purement économique qui sont prises par lui et par rapport à l’expérience qu’il a vécu dans ses entreprises. Mais je trouve que ce qui fait le ciment d’un club, ce sont avant tout ses résultats et les perspectives sportives qu’il peut avoir, surtout un club comme Anderlecht. Parce que qu’on le veuille ou non, ça reste un des fleurons du football belge. Et évidemment les supporters sont très sensibles à ce qui allait être mis en place. Il faut savoir aussi que les années précédentes, ils ont aussi souffert d’une certaine manière, d’une approche qui ne leur convenait pas même en étant champion avec Weiler ou même avec les années Van Holsbeeck. Et on est arrivé à un moment où Coucke est la cible prioritaire des supporters parce qu’ils estiment que c’est lui qui concentre tous les maux du club. Ils ont peut-être en partie raison par rapport à la précipitation dans laquelle certaines décisions ont été prises en interne. Je crois qu’il aurait pu se passer de certaines choses à certains moments et ne pas vouloir tout changer tout de suite. Ce qui est important dans un club de foot, c’est vraiment ces résultats sportifs. Et c’est la chose la plus difficile à atteindre pour un président. Je pense qu’il a sa part de responsabilité, mais que ce soit uniquement lui qui soit ciblé aujourd’hui, c’est un peu dur."

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