Sven Kums : "Le Soulier d'Or? Ce sera pour Grégory..."

Football : Sven Kums et Erik Libois
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Football : Sven Kums et Erik Libois - © RTBF.be

Pour beaucoup, il a déjà gagné le Soulier d’Or. Il porte le brassard d’un Gand que même la Champions League n’arrête pas. Sven Kums est aussi la créature de l’entraîneur du moment, Hein Vanhaezebrouck. Le capitaine buffalo passe "Sur le Gril d’Erik Libois".

Barré à Anderlecht, repassé par la case D2 à Courtrai puis revenu en D1 via le Lierse, Sven Kums est le principal favori du prochain Soulier d’or. "Je serais surtout déçu si aucun Gantois ne le chaussait : Depoitre, Milicevic, Sels et même Dejaegere sont mes favoris" dit-il. "Mais au vestiaire, on n’en parle pas : ce qui nous importe, ce sont les titres collectifs."

2015, l’année Sven

Champion avec Gand, capitaine de la première équipe belge depuis 15 ans capable de franchir le 1er tour en Champions League, Sven Kums évoque surtout la médiatisation. "Je ne joue pas mieux que les autres saisons dans mes autres clubs : la différence, c’est que Gand apparaît sur tous les écrans d’Europe et qu’on a décroché un titre." Formé à Neerpede, il a loupé le bon wagon : "Je n’étais pas prêt physiquement pour entrer en équipe-fanion d’Anderlecht, j’ai beaucoup travaillé mon corps et ma technique, mon père (NDLR : aujourd’hui scout… au parc Astrid) me faisait bosser ma touche de balle au jardin après l’école."

Le gamin qui rêvait de Zidane, et se pâme aujourd’hui devant Iniesta, réfute la comparaison avec Pirlo : "Je suis calme comme lui, avant un match je ne stresse jamais, c’est dans mon caractère, mais l’Italien est trop défensif à mon goût. Avec Vanhaezebrouck, on a décidé de me faire plus jouer en infiltrations pour être plus concret." Et du coup, l’homme qui ne marquait jamais… trône en tête du classement des buteurs. "Il y a beaucoup de penaltys" dit-il en riant : "Je travaille ma vitesse, mais je ne serai jamais Usain Bolt : c’est pourquoi je joue plus sur ma passe que sur mon dribble."

Pour Grégory

Son passage à Heerenveen l’a métamorphosé. "Les Néerlandais sont plus directs, ça m’a beaucoup aidé : j’ai appris à dire ce que je pense, je suis devenu un leader." Appris à relativiser aussi : le décès tragique de son cousin Gregory Mertens (Lokeren), son confident le plus proche, terrassé en plein match d’un arrêt cardiaque, l’a profondément marqué. "Avant, perdre un match me mettait de mauvaise humeur pendant plusieurs jours : aujourd’hui, je mets les choses à leur juste place, il y a tant de choses plus importantes." La conclusion s’impose d’elle-même : "Je pense chaque jour à lui : si je gagne le Soulier d’Or, ce sera pour Grégory."

Évoquer Sven Kums, c’est forcément aller vers Vanhaezebrouck, son entraîneur-fétiche dont il est le bras armé sur le carré vert. "Il est allé me chercher en réserve d’Anderlecht, il m’a relancé à Courtrai en D2. A Heerenveen, on n’a jamais perdu le contact, c’est encore lui qui est allé me pêcher à Zulte Waregem, on se comprend les yeux fermés." Du foot collectif, construit sur les triangles, les transversales, les lignes de course et les décalages : "Hein est un maniaque du détail, il re-visionne tout ; il est très têtu aussi, quand il nous demande notre avis, il a déjà pris sa décision."

Hein-dépendance et poésies

Les 2 compères sont aujourd’hui à la croisée des chemins. "Non, je ne suis pas Vanhaezebrouck-dépendant", dit Kums. "On peut faire notre chemin l’un sans l’autre : lui gèrera sans souci une équipe de vedettes… et j’ai peut-être atteint l’âge de faire d’un beau transfert."

A Gand, Kums expérimente les trouvailles de Vanhaezebrouck : une psychologue, un nutritionniste et un coach vocal recruté… à l’opéra pour pousser les joueurs à mieux communiquer sur le terrain. Mais Kums a aussi ses petits secrets : "Avant chaque match, ma copine m’envoie un poème qu’elle a composé elle-même, ça me donne du courage car je sais qu’elle pense à moi."

Le titre plutôt que l’Euro…

À 27 ans, Kums a encore une page blanche à remplir : convoqué 2 fois chez les Diables, il affiche toujours… 0 minute chez Marc Wilmots. "Jouer en Belgique est sans doute un handicap à ses yeux, j’ai aussi beaucoup de concurrence à mon poste : aux entraînements, ça va bien plus vite qu’en club… et Kevin De Bruyne m’a vraiment bluffé."

Il n’a toujours pas réservé ses vacances pour le mois de juin. Et pourtant… "Entre gagner l’Euro avec les Diables et reconduire le titre avec Gand, je choisis le titre." Si le duo De Witte-Louwagie en doutait, Sven est un vrai clubman. Moins sûr par contre que ces mots plaisent à Wilmots.

" Sur le Gril ", une interview hebdomadaire d’Erik Libois à écouter sur Vivacité ce samedi à 22 h et dimanche à 16 h 30. En podcast également sur www.vivacité.be.

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