Silvio Proto: "Je reste supporter d'Anderlecht…"

10 saisons et 7 titres gravés en mauve l’associent pour toujours à Saint-Guidon. Dimanche, pour le retour dans son jardin sous ses couleurs ostendaises, Silvio Proto devra ranger son cœur au surgélateur. Ses tuyaux à Marc Coucke pour le futur du KVO, ce maudit genou qui lui a barré un autre futur en Diable Rouge et son projet de passer son permis… bateau : Silvio Proto passe " Sur le Gril d’Erik Libois ".

Dimanche pour le choc Anderlecht-Ostende, il va vivre ce qu’il qualifie lui-même de " match le plus curieux " de sa carrière. Mais une semaine après ses retrouvailles avec les supporters du Standard, Silvio Proto ne devra craindre aucun jet de briquet. " Je n’ai gardé que des amis au Parc, je reste en contact avec des joueurs, des membres du staff et des dirigeants : moi qui suis si émotif, j’aurai le cœur serré, mes proches aussi… "

Sans pour autant se tromper de vestiaire… ni d’employeur : " On joue chaque match pour le gagner… mais si on gagne, je ne manifesterai pas de signe de joie, par respect pour ce public qui compte tant pour moi. "

Quadra

À Ostende, il a signé pour 4 ans et il espère bien en parapher ensuite un autre… ailleurs. " Je ne termine pas ma carrière en roue libre, je veux jouer jusqu’à 40 ans. Je me mets toujours la pression : en match pour gagner des points, à l’entraînement pour garder ma place. La pression m’a toujours sublimé, j’en ai besoin pour prester, je ne suis pas venu ici pour décompresser ! "

À Ostende, il découvre aussi d’autres méthodes de travail : " On s’entraîne plus dur ici… mais c’est normal car à Anderlecht, on jouait 3 matches par semaine. On a du talent et un beau collectif, avec un coach qui met l’accent sur ce qui l’a guidé comme joueur : la solidarité et la rage de vaincre. Et je suis bluffé par un joueur comme Musona : celui-là, avec son talent, il ne fera pas de vieux os ici. "

Tous au lavoir

À la Côte, il revient aussi aux fondamentaux : " A Neerpede, on avait quelqu’un qui ramassait même notre linge par terre, ici chacun amène ses affaires lui-même au lavoir. Mais ça ne veut pas dire qu’à Anderlecht, on était des enfants gâtés : si vous jouez là-bas, c’est que vous avez quelques chose en plus et que vous méritez votre salaire, ce sont des clichés de dire qu’on y joue à la carte, personne n’entame jamais un match pour le perdre. "

Il a déplacé vers la Reine des Plages le rôle de leader qu’il endossait à Anderlecht. " Je n’ai pas ma langue en poche, j’essaie de faire partager mon expérience. On m’a demandé mon avis sur Neerpede pour équiper le futur centre d’entraînement ostendais des commodités sportives et médicales adaptées au haut niveau : un sauna et un hammam pour la relaxation, une piscine pour la revalidation, des bains glacés pour la récupération, etc.  Ostende est un club qui se donne les moyens de grandir. "

Amiral Silvio

Proto veut tellement s’investir sur place qu’il a acheté un maison… à Bredene : " Non, pas avec vue sur la plage nudiste, mais dans un coin tranquille à l’abri des curieux " (rires). Il y accueille sa famille pour laquelle il a refusé un transfert à l’étranger : " Je veux maintenant profiter des moments avec ma femme et mes enfants, j’en ai loupé beaucoup à cause des gros calendriers d’Anderlecht. On va à la pêche aux crabes sur la plage, j’ai même le projet  de passer mon permis… bateau pour emmener mes gosses pêcher en mer ! "

On le sent amer sur son départ du Sporting, où il était encore sous contrat pour un an : " Ce n’était pas une question financière, je pense que le club voulait un gardien plus jeune. Je souhaite le meilleur à Davy Roef, mais je ne veux pas en dire davantage : si je lui lance des fleurs ça lui mettra la pression, si je parle de lacunes on dira que je suis amer. C’est le foot : le ballon roule vite, à chacun son destin, mais s’il joue à Anderlecht, c’est qu’il a des qualités… "

Changer l’heure

On lui demande de changer un événement dans sa carrière, il choisit ce maudit jour où il se brisa le genou : " Si je pouvais recommencer, je me trompais d’heure pour louper cet entraînement fatal. Cette blessure a été un tournant, elle m’a peut-être privé d’une plus belle carrière chez les Diables car j’étais en pleine bourre à cette époque. Ceci dit sans remettre en cause le talent exceptionnel de Thibaut Courtois. "

Mais à chaque pièce sa double face. " C’était un mal pour un bien : avant cela, je ne vivais que pour le foot. Cette blessure m’a ouvert les yeux sur les priorités de la vie et de la famille. La vie de footeux est une belle vie, ce n’est pas un métier difficile. "

Son avenir, il n’y pense pas trop pour l’instant, mais il s’inscrira sans doute hors du foot, " ce milieu bizarre où il n’y a pas que de bonnes personnes ". Même s’il se dit attiré par la consultance télé. À moins de prendre la mer avec son futur rafiot ?

" Sur le Gril ", un rendez-vous hebdomadaire d’Erik Libois à retrouver sur Vivacité le vendredi soir à 20h10, le samedi soir à 22h10 et le dimanche vers 16h30. Et le lundi en télé dans La Tribune.

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