Saint-Trond dans le dossier Alexis de Sart : " Cette Loi de 78 est une catastrophe pour le foot belge "

Saint-Trond dans le dossier Alexis de Sart : " Cette Loi de 78 est une catastrophe pour le foot belge "
Saint-Trond dans le dossier Alexis de Sart : " Cette Loi de 78 est une catastrophe pour le foot belge " - © KRISTOF VAN ACCOM - BELGA

La famille de Sart impacte toujours plus le football belge. Après le papa Jean-François, puis le fils aîné Julien, le cadet Alexis (Saint-Trond) poursuit sa progression et vient de signer un contrat de 5 ans à l’Antwerp, qui s’apprête à retrouver l’Europe. Mais son club Saint-Trond est furieux : selon le club canari, le transfert a été forcé via la fameuse Loi de 78, qui permet à un sportif professionnel de rompre unilatéralement un contrat courant, moyennant une indemnisation calculée sur son salaire – en clair une somme très symbolique. Sauf que les clubs professionnels belges sont liés par un accord tacite, du type gentlemen’s agreement, pour ne pas recourir à cette Loi qui, de facto, réduit à néant la manne des transferts pour les clubs.

Le précédent de Steven Defour est resté célèbre : l’été 2006, l’ex-Soulier d’Or avait utilisé le même canal pour forcer son passage de Genk vers le Standard, dirigé à l’époque par un certain Lucien D’Onofrio, aux manettes aujourd’hui… à l’Antwerp. Saint-Trond n’en restera pas là : il va poursuivre l’Antwerp en justice pour récupérer sa mise.

« Nous sommes très surpris et très déçus par cette rupture unilatérale » explique le Président trudonnaire David Meekers. « Alexis était lié par un contrat courant jusqu’en 2020, nous avons levé l’option à temps et la Fédération nous a confirmé que nous avions fait les choses dans les règles. Notre politique est de respecter le souhait d’un joueur, on ne va jamais le bloquer contre son gré, mais il faut respecter la valeur économique d’un joueur et les efforts investis. Alexis s’est développé chez nous durant 2 ans et demi et il faut rémunérer le travail effectué. En partant vers Anvers pour 0 euro, c’est aussi le Standard qui est pénalisé car les Liégeois ne percevront pas leur pourcentage de formation. »

Le son de cloche est évidemment tout différent dans le clan de Sart. « Alexis arrivait en fin de contrat au Stayen » explique le papa d’Alexis, Jean-François de Sart. « Des discussions ont eu lieu concernant une prolongation, mais sans parvenir à un accord. La levée d'option n'a pas été effectuée de manière correcte, et Alexis était donc libre de pleine droit de s'affilier où il voulait à dater du 1er juillet. Ceci n’a donc rien à voir avec la Loi de 78, comme le prétend Saint-Trond : nous n'avons rien rompu... car il n'y avait plus de contrat courant ».

En coulisses, on apprend que, pour faciliter la lecture du clan de Sart, la proposition de contrat revalorisé a été faite en français … alors que le décret flamand impose que celui-ci soit libellé dans la langue de Vondel ! Saint-Trond aurait donc été pris à son propre piège de bonnes convenances… Dur, dur, le bizness ! Et de quoi faire bondir les habitants des communes à facilités de la Périphérie bruxelloise, qui supplient depuis toujours pour obtenir des communications en français que la tutelle flamande casse systématiquement...

A l’inverse, la direction du Stayen aurait brandi un prix déraisonnable sur la tête de son médian, compte tenu de sa fin de bail dans douze mois. À Saint-Trond, on s’inquiète surtout des répercussions générales de ce cas pour l’avenir.

« Nous allons en justice, on ne peut pas laisser faire les choses comme ça » poursuit le Président Meekers. « Les clubs sont liés par un accord tacite, ce fameux gentlemen’s agreement, et si cette solidarité n’existe plus, le système va imploser. La semaine prochaine, nous allons mettre ce débat sur la table de la Pro-Ligue : je ne me souviens pas avoir connu un cas pareil et j’attends une réaction forte et commune. Si tout le monde active la Loi de 78, les transferts ne pourront plus être valorisés, les clubs ne formeront plus et tout va s’écrouler. C’est important pour le foot belge : nous sommes une compétition de transit, il y a une valeur économique à respecter. Sans cela, on court à la catastrophe… »

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