Rétro PO1 : 6 mai 2012 - le penalty du 31e titre d'Anderlecht

Nous sommes le 6 mai 2012, 8e journée des Play-Offs, et Anderlecht va décrocher, face au Club de Bruges, le 31e sacre de son histoire. Au terme d’une saison faite de hauts et de bas, de prestations brillantes face aux grands, mais aussi compliquées face aux plus modestes. Ce soir-là, au Stade Constant Vanden Stock, les hommes d’Ariel Jacobs ne devront leur délivrance qu’à un penalty de Guillaume Gillet à la 93e minute.

 La troisième année des Play-Offs est celle d’Anderlecht. Comme lors de la saison 2009/10, les "Mauves" vont confirmer leur première place de la phase classique lors du mini-tournoi décisif. Pourtant l’année précédente (2010/11), les Bruxellois ont fait l’amère expérience d'une "remontada" lors de Play-Offs, débutés à la première place mais terminés derrière Genk et le Standard. Cette fois…plus question de traîner en chemin. Au terme de la phase classique, les Mauves comptent 6 points d’avance sur Bruges, 11 sur La Gantoise, 16 sur le Standard et 21 sur Genk et Courtrai, l’invité surprise. Après division des points, Anderlecht possède donc 3 points de bonus sur les " Blauw en Zwart ", leur plus sérieux adversaire.


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Début de match chaotique

Le début des Play-Offs est un peu chaotique pour le Sporting. Une seule victoire lors des 4 premiers matchs (1-4 à Gand), deux nuls (contre Courtrai et au Standard) et une défaite à domicile face à Genk. Mais Bruges n’en profite pas vraiment et perd une bataille psychologique importante le 22 avril. Ce jour-là, les Brugeois sont battus chez eux par Anderlecht (0-1 but de Mbokani). Un succès qui galvanise les hommes d'Ariel Jacobs, car ils enchaînent deux autres victoires (à Genk et contre Gand encore). Tant et si bien qu’à l’aube de la 8e journée des PO, les Bruxellois possèdent 7 points d’avance sur Bruges, qui se déplace précisément au Parc Astrid. Le calcul est vite fait : un nul suffit aux Anderlechtois pour sabrer le champagne.

Une équipe de rêve

Cette année-là, Anderlecht a vu partir (après les deux premiers matchs de championnat) sa perle. Romelu Lukaku, déjà devenu trop grand pour le Sporting, a signé à Chelsea. Mais l’attaque mauve continue à avoir fière allure. Mbokani, Jovanovic ou encore Suarez vont empiler à eux seuls, sur la saison près de 50 buts. Ajoutez-y les Proto, Kouyate, Juhasz, Biglia, Gillet et autres Kljestan… le talent est là. Et le titre de champion à portée de crampons face au dauphin brugeois. Le stade est comble, pour la première fois de ces Play-Offs. Pas besoin d’attendre les deux derniers matchs (à Courtrai et contre le Standard), Anderlecht veut plier l’affaire ce 6 mai.

Le match de la peur

On s’attend à un feu d’artifice, mais le pétard est humide, voire carrément trempé. La tension est perceptible et le jeu s’en ressent. Les Brugeois emmenés par des garçons comme Vadis, Lestienne, Meunier ou Bacca (préféré à Akpala) sont mieux entrés dans la partie. Malgré de nombreux absents (Refaelov, Vasquez blessés), Bruges est le plus dangereux. Vadis, lancé en profondeur, déborde Proto mais ne peut éviter le sauvetage sur sa ligne de Juhasz. La première mi-temps est très décevante. Anderlecht semble tétanisé. Pas une seule occasion digne de ce nom.

Le but brugeois qui glace

La seconde période n’est pas vraiment beaucoup plus emballante. Ce 0-0 satisfait les Mauves mais Bruges veut éviter, à tout prix, de voir la fête se dérouler sous son nez. Lestienne sert Bacca qui se heurte à un Proto impérial. Mais le danger se rapproche et le scénario redouté par les supporters bruxellois se produit à 20 minutes de la fin. Ryan Donk lance Carlos Bacca côté droit. Le Colombien se joue de Juhasz pour centrer ras de sol au petit rectangle. Maxime Lestienne est à l’affût et vient glacer le stade. 0-1, l’avantage est mérité.

En tribune officielle, les dirigeants mauves font la grimace. Pire, quelques instants plus tard, Lestienne insaisissable se retrouve en face à face avec Proto. Le gardien sauve les meubles au prix d’un bel arrêt. Pour tenter d’inverser la tendance, Canesin et De Sutter sont entrés en remplacement de Kanu et Kljestan. Les deux " nouveaux " vont contribuer à réveiller une équipe à la dérive. Le Belgo-Brésilien en semant la zizanie dans la défense de Bruges, le grand Tom en se montrant décisif.

Un peno tombé du ciel

93e minute. Qui y croit encore ? Beaucoup reportent la fête dans leur tête au déplacement à Courtrai. Beaucoup sauf quelques irréductibles. Biglia tente un ultime ballon balancé au petit bonheur dans la surface brugeoise. De Sutter le dévie en cloche… Mbokani, dos au but, va au ballon…le défenseur Almeback va au contact. Poussée du coude dans le dos du Congolais…

Ni une, ni deux,… Alexandre Boucaut, qui dirige les débats, siffle et indique le point de penalty. Un coup de sifflet miraculeux pour tous les fans bruxellois. Les Brugeois hurlent, y voyant une quelconque conspiration. Mais le ralenti n’offre aucun doute…Almeback ne joue pas le ballon et commet bien la faute. Monsieur Boucaut est droit dans ses bottes.

Un Liégeois libère les Bruxellois

Mais obtenir un penalty cette saison à Anderlecht ne signifie nullement marquer un but. Sur leur saison, les Mauves ont loupé 50 % de leurs tentatives.

Alors…on se regarde. Qui va tirer ce penalty du titre ? Qui va prendre ses responsabilités ? Jovanovic ? Sûrement pas… le Serbe en a loupé deux. Mbokani, Wasilewski ont réussi l’exercice une fois…mais là...les gars...c’est quand même le peno du titre !

Pas de souci… Guillaume Gillet ne tergiverse pas. Il en a déjà mis deux cette saison et carbure depuis qu’il est devenu milieu de terrain. Déjà 13 buts inscrits en championnat, le Liégeois n’a jamais été aussi productif. Alors il se présente, l’âme apparamment tranquille. Grande respiration…face à Jorgacevic, le contre-pied est parfait et le stade explose. Anderlecht peut savourer son 31e titre. Le 7e du Président Roger Vanden Stock, le 2e d’Ariel Jacobs (qui quittera ensuite le club). Scénario à suspens pour match insipide.

Ariel Jacobs : "C'est un peu dommage d'être sacré de cette façon. Sur penalty, et surtout au terme d'un mauvais match. J'avais espéré une toute autre apothéose. Ce dernier chapitre me laisse donc sur ma faim. Mais rappelez-vous aussi ce que j'ai toujours également dit. Les Play-Offs sont une compétition bizarre où tout est possible et où la peur (de mal faire) peut jouer un grand rôle. C'est sans doute ce qui s'est passé aujourd'hui." 

Romelu Lukaku, venu assister à la rencontre de ses ex-équipiers, donne le ton de la fête au milieu des joueurs. Ce titre est aussi le sien (il a marqué deux buts lors des deux premières journées de championnat avant de filer vers Londres) ! Pour la deuxième fois en 3 années de formule " Play-Offs ", Anderlecht est sacré champion de Belgique.

Les équipes

Anderlecht : Proto; Odoi (83ème Molins), Kouyaté, Juhasz, Safari; Biglia, Kljestan (74ème De Sutter); Gillet, Kanu (67ème Canesin), Jovanovic; Mbokani

FC Bruges : Jorgacevic; Camozzato, Almeback, Donk, Figueras; Blondel (46ème Van Acker), Zimling, Odjidja (89ème Akpala); Meunier, Bacca, Lestienne (92ème Vleminckx)

Les buts : 71ème Lestienne (0-1), 94ème Gillet (1-1 sur pen.)

Arbitre : A. Boucaut