Rétro PO1, 17 mai 2011, Kennedy "assassine" le Standard….

Ce Genk-Standard du 17 mai 2011, c’est bien plus que la dernière journée des play-offs 1. C’est une finale véritable du championnat, huit jours avant celle de la Coupe de Belgique. Sous la houlette de son regretté coach Dominique d’Onofrio, les Liégeois viennent de réaliser une dernière ligne droite positivement étourdissante : 25 points sur 27, concédant seulement un partage dans l’antre du Club brugeois.

S’il s’impose dans le Limbourg, le Standard pourra fêter le 11ème titre de son histoire. A l’inverse, un point suffit aux joueurs de Frankie Vercauteren qui ont profité de l’écroulement d’Anderlecht pour prendre la tête de la compétition dans ces play-offs.

Les deux coachs s’apprécient et s’estiment. Mais ce soir, pas de cadeau. L’enjeu est essentiel et la pression est énorme. Le Standard prend le match en mains. Sur la lancée de son parcours impressionnant, il dicte sa loi. Mais la soirée va rapidement tourner au cauchemar pour les " Rouge et Blanc ".


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Je pensais sincèrement que Mehdi était mort

Nous sommes à la 29ème minute de jeu. Alors qu’il s’apprête à prendre de vitesse son opposant sur le flanc droit en contrôlant le ballon de la tête, Mehdi Carcela reçoit un violent coup de pied au visage de la part du défenseur français Chris Mavinga. Lequel n’écopera étonnamment que d’un carton jaune de la part de l’arbitre Frank De Bleeckere ! Le jeune joueur belgo-marocain (21 ans) gît, inanimé sur la pelouse, pendant d’interminables minutes. Il est pris de soubresauts irréguliers. Le malaise est palpable, la peur grandissante. Nous avons failli rendre l’antenne avec mon collègue Manuel Jous tant ces images sont insupportables. Le docteur liégeois Pierre Diverse, chirurgien mais ancien urgentiste, confiera plus tard " En arrivant près de Mehdi, je pensais sincèrement qu’il était mort. Mais j’ai rapidement vu qu’il respirait encore. Imaginez mon soulagement. Et j’ai été pleinement rassuré lorsqu’il m’a adressé quelques mots en montant dans l’ambulance. "

Le " feu follet " du Standard s’en sortira avec une fracture de la mâchoire et du nez mais le match, lui, ne sera plus le même. Et pourtant, malgré ce coup du sort, après une période de flottement bien compréhensible et quelques possibilités pour Genk, les Standardmen se reprennent. Profitant d’une erreur de….Mavinga, le jeune défenseur français Eliaquim Mangala ouvre le score dans les arrêts de jeu de la première période (0-1). A ce moment là, le Standard est virtuellement champion. Il le restera pendant plus d’une demi-heure.

Un coup de coin fatidique

En seconde période, on sent que le match, équilibré, va se jouer sur un détail. Et que la pièce peut tomber des deux côtés. La vérité viendra du banc. Puis d’une phase arrêtée. A la 76 ème, Frankie Vercauteren joue son coup de poker offensif. Il décide de lancer Kennedy Nwanganga au jeu en lieu et place de son médian défensif David Hubert. L’attaquant nigérian n’a que très peu joué cette saison. Il va s’avérer déterminant. Une minute plus tard, à la 77ème, arrive alors la phase qui va décider, non seulement, du résultat du match mais aussi de la saison. Sur une frappe lointaine, Sinan Bolat dévie le ballon en coup de coin alors que, clairement, le cuir passait à côté de son but. Mais le gardien turc du Standard a préféré ne pas prendre de risques. Petite cause, grands effets. Sur le corner donné par Töszer, le premier en faveur des Genkois dans cette rencontre, Kennedy est complètement oublié par la défense liégeoise. Et il rétablit l’égalité de la tête : 1-1…Le stade chavire de bonheur mais les supporters des deux camps ne sont pas encore au bout de leurs émotions. C’est alors qu’entre en scène Thibaut Courtois. Le gardien limbourgeois n’a que 19 ans mais c’est déjà une grande promesse pour le club mais aussi le football belge. Alors que le Standard multiplie les offensives avec l’énergie du désespoir, il perd encore Pocognoli sur blessure, ce qui oblige Jelle Van Damme à reculer dans le jeu. Courtois arrête tout, absolument tout. Dont une puissante reprise de volée de Nong que l’on voyait déjà au fond des filets. Un arrêt de classe mondiale. Ce soir là, un grand gardien est né. Finalement, on en restera sur cette marque d’un but partout. Genk peut fêter son titre, le troisième depuis la fusion entre Waterschei et Winterslag. Le Racing compte 51 unités, tout comme le Standard. Mais il s’impose finalement…. avec un demi-point d’avance, le Standard ayant bénéficié de l’arrondi de points au terme de la phase classique. Alors que des scènes de liesse indescriptible se déroulent dans la " Cristal Arena ", les  Liégeois sont abattus. Ils sont passés si près de l’exploit. Avec 26 points sur 30 dans ces play-offs 1, ils ont établi un record qui tient toujours et qui n’est pas prêt d’être battu. Le Standard se consolera huit jours plus tard en remportant la Coupe de Belgique 2-1 contre Westerlo. Puis, dans la foulée, ce sera la fin de la période d’Onofrio à Sclessin avec le rachat du club par Roland Duchâtelet, un homme d’affaires….limbourgeois, comme un clin d’oeil à l’histoire !

Les équipes

Genk : Courtois; Mavinga, Joneleit, Matoukou, Anele; Tozser, Hubert (76ème Kennedy); De Bruyne, Vossen (87ème Naldo), Vanden Borre (65ème Buffel); Ogunjimi

Standard : Bolat; Pocognoli (71ème Leye), Mangala, Kanu, Opare; Defour (84ème Goreux), Camara; Van Damme, Witsel, Carcela (29ème Nong); Tchite

Les buts : 45ème Mangala (0-1), 78ème Kennedy (1-1)

Arbitre : F. de Bleeckere