Rétro PO1 : 16 mai 2019, Anderlecht-Genk (1-1), le sacre de la lumière

Fiat Lux. Et la lumière fut. Chaque 16 mai, l’Unesco célèbre la Journée Internationale de la Lumière. Et ce troisième jeudi de mai 2019, le Racing Genk parachève une saison transcendée par un football lumineux : celui développé par Philippe Clément, d’abord à Beveren, ensuite au Racing et qu’il perpétuera à Bruges.

De l’audace, de la dominance, de l’esprit offensif mais toujours au départ d’une belle cohésion défensive. Ce jeudi soir, le Racing Genk termine l’exercice avec les meilleures statistiques de la troupe : meilleure attaque et défense, tant de la phase régulière que des Play-Offs 1.

Gazelle noire

Pourtant, ces derniers jours, le doute s’est fait jour… même si Philippe Clément n’a pas cessé de repousser les interrogations du monde extérieur. Oui, Genk a été battu au Club Bruges le dimanche (3-2) pour le compte de la 8e Journée. Oui, les hommes d’Ivan Leko sont revenus à un petit point de la phalange minière. Mais… non, les Limbourgeois n’ont pas la pression et continuent de surfer sur la confiance de leur saison euphorique.


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Quatre jours plus tôt au Breydel, Genk a mené 50 minutes sur un but rapide de Dewaest… avant de se faire déborder par des pions de Vanaken, Openda et Diatta. En phase régulière, Clement avait déjà perdu son duel personnel avec Leko. Celui-là même qui lui avait soufflé la place que l’Anversois, éternel T2 de Preud’homme, rêvait de rafler en succession de son Mimiche.

Stats pour

Mais excepté l’accroc du Breydel, le Racing a gagné… six de ses sept matches de Play-Offs jusque-là ! À Anderlecht, Marc Coucke panse déjà ses plaies d’une première saison complète de présidence déjà plombée par la scoumoune. Une présidence qui s’effacera douze mois plus tard…

Pour la visite chez Saint-Guidon, Genk a l’Histoire pour lui : ce Sporting, jadis sa bête noire (2 petits succès limbourgeois en 10 duels), le Racing l’a mangé lors des 5 dernières confrontations. Seul Lucumi relaye Aidoo dans la compo : comme souvent, Clement ne modifie que peu ses troupes pour cette visite en cette arène qui se nomme encore, pour quelques mois, Stade Constant Vanden Stock. Lotto Park, immonde naming

Supporters… de Genk

Bombardé intérimaire après le C4 de Fred Rutten, Karim Belhocine enregistre les retours de Kara et Saelemaekers. Le Sporting ahane une pénible course-poursuite vers la 5e place synonyme de barrage… mais personne n’y croit vraiment : en tribune, le kop mauve, maigre consolation des perdants, en vient presque à soutenir l’opposition. Car oui : un sondage sommaire mené dans une gazette du matin a révélé que 8 fans mauves sur 10 souhaitaient un titre limbourgeois… juste pour en priver Bruges. De bonne guerre…

Car point de polytechnicien nécessaire pour poser le cas de figure : une performance limbourgeoise à Bruxelles… supérieure à celle des Brugeois à Sclessin mettrait fin au débat, à une journée de la fin de compète.

Réussite rapide

On en prend vite le tour. 10 minutes 19 secondes égrenées au parc Astrid : un mouvement ultra-classique initié par Trossard vers le couloir droit de Maehle permet au back danois de centrer son 10e assist de la saison vers Heynen, l’un des ténors genkois dans ces play-offs. Cobbaut défend façon Offenbach, le filandreux Brian gifle le plafond de Didillon… encore anderlechtois : 0-1, déglacez les bulles.

Le futur-ex-futur (biffez la mention inutile) portier mauve/genkois (re-biffez la mention inutile) sortira encore les gants devant Trossard (19e), Malinovskyi (coup franc, 27e) et Heynen (29e). Avant que Santini ne gratte la première occase locale… à la 43e sur un geste typique : déviation sur la barre après un ricochet sur Vukovic, un quasi but sur un malentendu façon Jean-Claude Dus

Après la pause, Heynen alerte encore Didillon de la tête (47e) et de l’autre côté, Verschaeren et Santini troublent quelque peu la sieste de Vukovic. Torpeur brisée par un but-surprise de Yannick Bolasie : Saelemaekers expédie un centre-chandelle que Maehle ne monte pas chercher, le Congolais passe les épaules et dépose son 1er pion en play-offs (65e).

Merci, Marin

L’allégresse locale prend quelques décibels supplémentaires 4 minutes plus tard : à Sclessin, Marin met son péno bien au fond (1-0) et assomme Bruges, pourtant en supériorité numérique depuis 50 minutes et le bristol rouge de Fai. Oui, un kop mauve peut célébrer une réalisation rouche : ultime paradoxe…

Alignez les petits fours sur le plateau doré, le même Marin double l’écart à la 90e et grave la déconfiture brugeoise. À Bruxelles, le Racing peut fêter son 10e trophée en 20 ans d’existence, son 4e titre après ceux de 1999, 2002 et 2011 !

51 points contre 47 à Bruges : Genk clôture une saison de folie, tressée de 58 matches, entamée en juillet en préliminaires d’Europaligue, marquée par une première défaite domestique fin novembre et poursuivie jusqu’en 16e de finale comme dernier rescapé belge en Europe. Un parcours à peine agité par le feuilleton du départ forcé du régisseur Pozuelo vers la MLS.

L’app aphone

Un parcours qui sacrera Philippe Clément Coach de l’année et Aly Samatta meilleur buteur (23 roses). Et qui, surtout, offrira… au trésorier limbourgeois son meilleur bilan depuis longtemps, grâce aux 51 millions d’euros encaissés pour les ventes de Trossard (20, Brighton), Malinovskyi (14, Atalanta), Pozuelo (9, Toronto) et Aidoo (8, Celta Vigo). Sans même compter les 32 de l’hiver suivant pour Berge (21, Sheffield) et Samatta (11, Aston Villa). 51 + 32 = 83 briques, le compte est bon !

Mais que dire de ce retour vers la nuit noire du Genk, éclairée par les feux de Bengale des supporters restés en bord de terrils ? Puis le lendemain, la tournée de la ville, en bus décapotable façon British Style, avec podium animé par un Philippe Clément enfin relâché et dont les égosillements feront l’objet d’une application téléphone downloadée par dizaines de milliers ?

Un coach enfin déchaîné : et si c’était ça, le meilleur du meilleur ?

Les équipes

Anderlecht : Didillon; Cobbaut, Bornauw, Kara, Appiah; Kums, Trebel; Bolasie (75ème Amuzu), Verschaeren (89ème Gerkens), Saelemaekers (80ème Najar); Santini

Genk : Vukovic; Uronen, Lucumi, Dewaest, Maehle; Berge, Heynen, Malinovskyi; Trossard (89ème De Norre), Samatta (75ème Gano), Ito (58ème Paintsil)

Les buts : 11ème Heynen (0-1), 65ème Bolasie (1-1)

Arbitre : N. Laforge