Pascal Scimè : "Bruges a la mentalité d'un grand club européen"

Ce dimanche dans Complètement Foot David Houdret, Pascal Scimè et Joachim Mununga sont revenus sur la prestation impressionnante du Club de Bruges à La Gantoise (0-4).

Pascal Scimè : "Je ne suis pas surpris, mais je suis charmé par cette équipe du Club de Bruges. Il ne faut pas oublier qu’ils ont joué en Ligue des Champions mardi. […] La Gantoise a joué à la baballe. C’est une équipe qui a des idées, avec un bon Vadis, un bon Verstraete juste derrière, mais elle manque de punch, de percussion, de physique. Elle manque de poids. […] Il ne faut pas résumer la victoire de Bruges à du réalisme comme j’ai pu le lire. Être réaliste, c’est défendre, avoir une occasion et gagner. Ici, ce n’est pas le cas. En première mi-temps Bruges n’a pas été au top parce qu’il a fallu le temps de remettre la machine en route après avoir perdu de manière imméritée contre le Borussia Dortmund. Danjuma a marqué un but somptueux, et puis en deuxième mi-temps, ils ont donné l’impression qu’on pouvait encore jouer comme cela pendant deux jours. Les Brugeois ont été solides, et quand ils ont voulu profiter des carences de La Gantoise, ils l’ont fait."

Joachim Mununga : "C’est impressionnant de voir à quel point une philosophie de football peut passer et être intégrée par tous les joueurs et le staff d’un club. La Gantoise n’a eu aucune chance contre Bruges. Oui, Gand a une équipe très esthétique, belle à voir jouer, mais cela manque de bouteille et de concrétisation. A la décharge d’Yves Vanderhagehe, il est tombé certainement sur la meilleure équipe de Belgique à l’heure actuelle… Ce qui a été très impressionnant, ce sont les reconversions offensives de Bruges. Quand ils décident d’accélérer, cela se termine toujours par une action dangereuse. Les Brugeois ont énormément d’automatismes entre eux et ils se trouvent presque les yeux fermés. Il faut laisser le mérite de cela à Ivan Leko."

Pascal Scimè : "L’année passée, quand Bruges était en tête du championnat avec Charleroi, cette équipe avait des carences défensives. Cette année il n’y en a pas, et il ne faut pas oublier que cette équipe va encore se bonifier. Quand Rezaei va se mettre à jouer comme il l’a fait la saison dernière à Charleroi, il y aura encore plus de concurrence, Nakamba est blessé, et puis Clinton Mata que personne ne pourra déloger sur le flanc droit quand il sera revenu à 100%. Si elle continue comme cela, cette équipe va être injouable en Belgique."

Joachim Mununga : "Ivan Leko a presque deux choix par poste. Cela amène une concurrence énorme dans le groupe. Et puis il y a ce jusqu’au-boutisme. On a l’impression que cette équipe de Bruges n’est jamais rassasiée. C’est un rouleau compresseur ! Il y a une certaine discipline et une certaine rigueur qui me fait penser que cette équipe a encore une marge de progression et qu’on n’a pas encore vu complètement Bruges."

Pascal Scimè : "On ne va pas s’emballer, mais cette équipe de Bruges, toutes proportions gardées, a une mentalité, une faim de victoire qu’on ne voit que dans les grands clubs européens. Et ça, c’est Leko. Il y a un an, j’étais sceptique sur les carences défensives du système Leko, mais cette année, l’équipe a passé un cap. Vanaken est devenu encore plus fort, et je m’attends à une grosse offre en janvier pour Danjuma s’il met un ou deux buts en Ligue des Champions. En fait, les seules limites du Club de Bruges, c’est le Club de Bruges."

Était-ce le dernier match d’Yves Vanderhaghe avec La Gantoise ?

Joachim Mununga : "Je pense que si ce n’est pas le dernier, c’est peut-être l’avant-dernier. Je ne sais pas si on peut parler de plan, mais il y a eu l’arrivée de Trond Sollied, le fait que la direction ne l’ait pas aidé en parlant de crise toute la semaine, … Cela a fait beaucoup de bruit et laissé des traces dans la tête des joueurs. Le patron de l’équipe, c’est Vanderhaeghe, donc si ça ne va pas, c’est sûr qu’il faut se retourner vers lui et qu’il prenne ses responsabilités. Mais il y a aussi énormément de joueurs qui prestent en dessous de leur niveau. Moi je me pose la question de savoir si le groupe n’a pas un peu abandonné Yves Vanderhaeghe. A part Vadis, je n’ai pas vu de révolte. Et pourtant, 4-0, c’est beaucoup pour un derby."

Pascal Scimè : "Je crois savoir qu’il n’est pas très apprécié par son vestiaire, et à un moment, si vos joueurs décident de vous lâcher, c’est compliqué. Il était déjà sur la sellette la saison dernière… Et puis le recrutement n’a pas été à la hauteur. Ce sont peut-être des bons joueurs sur papier, mais La Gantoise a perdu six titulaires de qualité, qui n’ont pas été remplacés."

Joachim Mununga : "Je me demande quand même pourquoi on met autant de pression sur ce club alors qu’ils sont toujours placés dans le top 6, qui propose un jeu attractif, certes pas hyper réaliste mais on a encore le temps puisqu’on n’est qu’au début du championnat… Est-ce qu’au final, on ne souhaitait pas mettre quelqu’un d’autre en place dès le départ à La Gantoise ?"

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