Olivier Renard : "Le football belge est devenu cher pour aller chercher des joueurs"

Dans " Complètement Foot ", David Houdret, Pascal Scimè et Cédric Fauré ont pris des nouvelles d’Olivier Renard. L’ancien directeur sportif du Standard, de Malines et de l’Antwerp est revenu sur ses débuts à l’Impact Montréal.

Olivier Renard à propos de son départ de l’Antwerp : "Je peux comprendre que mon choix surprenne. Surtout que je me sentais bien à l’Antwerp. Mais parfois dans la vie il y a des opportunités qui arrivent. Je pars du principe qu’il y a 3 aspects à accepter pour pouvoir partir : sportif, familial et financier. A Montréal, les trois sont présents. Il y a pire que d’être directeur sportif d’un club de MLS. C’est un championnat qui ne fait que progresser. Je crois que ça va devenir un championnat de plus en plus important. Au niveau familial, Montréal est une ville magnifique et francophone. Pour le financier, je ne me suis jamais caché. Dans le football, quand tu fais des choix, c’est aussi par rapport à cela. Comme les trois paramètres étaient présents, j’en ai discuté avec la direction de l’Antwerp. Je n’ai pas imposé mon départ. Tout le monde était d’accord pour dire qu’il y avait quelque chose que je ne pouvais pas laisser passer."

Il poursuit sur la découverte du championnat nord-américain : "Le championnat est particulier. Il y a plein de facettes complètement différentes du football européen et c’est aussi ça qui m’attirait. Aussi bien à Malines, qu’au Standard ou à l’Antwerp, j’ai toujours essayé de prendre des joueurs parfois inconnus au bataillon, qui convenaient aussi bien sportivement que financièrement pour les clubs. Ici en MLS, c’est un peu le cas avec le Salary Cap. Je dois bien avouer que ça fait une semaine que j’essaie de comprendre toutes les règles et j’en suis déjà à une demi boite de Dafalgan (rires). On critique parfois les instances du football belge, mais ceux qui ont inventé les règles ici ne sont pas mal non plus."

A-t-il l’intention de rapatrier des joueurs de Pro League en MLS ? " Ce n’est pas le but, mais bien d’essayer de faire le meilleur effectif possible pour le coach. Après il est vrai que tu as généralement plus de connaissances sur le championnat où tu étais, mais mon job c’était quand même de regarder beaucoup d’autres championnats. Il y a énormément de règles ici comme le salary cap qui font qu’on va chercher des joueurs argentins qui sont moins chers. Le football belge est devenu un football cher. Un joueur qui se met en évidence devient directement quelques millions de transfert et des salaires de plus en plus importants. Il est de plus en plus dur de pouvoir aller chercher des joueurs là-bas. […] Les résultats européens, l’équipe nationale et les prestations individuelles de certains joueurs dans leur club font que le football belge est vraiment "chaud" pour le monde entier. C’est une bonne publicité pour tout le monde. Mais dans le championnat de Belgique, on est nous-mêmes trop critiques par rapport à certaines prestations ou situations. Ce n’est pas pour rien si les grands clubs anglais, allemands, italiens, viennent prendre des joueurs de chez nous."

Et de terminer sur la capacité de son ancien club, l’Antwerp, de rivaliser avec les grosses équipes de notre championnat : "Le Club de Bruges a une longueur d’avance mais les noyaux de Gand et du Standard sont assez larges et bien armés. Genk a encore beaucoup de talents mais également beaucoup de jeunesse et le club risque d’avoir un problème à ce niveau-là. Bruges est un rouleau compresseur pour l’instant mais chaque équipe a toujours un petit moment de mou pendant une saison. Pour ce qui est de l’Antwerp, c’est fabuleux ce qu’ils ont fait en deux ans et demi. Il n’y avait pas de vestiaire ni de tribune quand ils ont commencé en division 1. Les joueurs devaient prendre leur douche dans des bungalows. Ils ont également changé l’effectif. Il y a maintenant un bon mélange d’expérience et de jeunesse qui pourrait faire mal. Mais sur la longueur, je pense quand même que les autres équipes ont une longueur d’avance."

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