"No club is too big to fail" : le RSCA fait amende honorable et rassure ses fans

"No club is too big to fail" : le RSCA fait amende honorable et rassure ses fans
"No club is too big to fail" : le RSCA fait amende honorable et rassure ses fans - © Tous droits réservés

La longue lettre ouverte publiée par le sporting d'Anderlecht sur son site internet, détaille les ambitions et la philosophie d'un club qui, sans doute emporté par son enthousiasme, avait imaginé une mue plus rapide. Entre les lignes, il faut y voir aussi une nécessaire assimilation de la patience par un président dont l'impulsivité se voit progressivement bridée.

"Patience" et "Trust the process" : qu'ils soient prononcés avec l'accent brusseleir de Neerpede ou l'accent manc de Manchester, le résultat est le même : ces deux slogans, éventés par la direction mauve en début de saison, et repris en chœur par le public anderlechtois, résonnent comme la devise imposée du sporting 2.0. Une devise qui, au début de l'été dernier, ne semblait pas incompatible avec les premières déclarations de Vincent Kompany : "nous voulons être champions en fin de saison". Le discours était clair et plutôt détonnant dans la vague d'ultra-réalisme qui régit le football moderne. Pour Kompany, c'était : "la philosophie et le football d'abord, les résultats ensuite". Une contradiction apparente...qui ne l'était pas tant que cela quand on connaît le fonctionnement de notre championnat, où il importe surtout d'aller crescendo pour atteindre son pic de forme et de performance une fois le printemps et les play-offs venus.

Tout cela semblait donc crédible et jouable... si la patience prônée dans les premières semaines ne s'était transformée en faux-pas et balbutiements à répétition, étalés sur plusieurs mois. Kompany et la direction s'attendaient bien à un début de championnat compliqué, mais pas à une mise en route aussi laborieuse. La faute à plusieurs éléments : les blessures conjointes d'éléments-clés et expérimentés, censés porter le projet (Kompany, Nasri, Sandler, Roofe, Nasri,...), l'intégration plus difficile que prévu de joueurs censés apporter une plus-value sportive sur le terrain (Vlap en premier lieu), le manque d'expérience et de charisme d'un coach, certes sympathique, mais peu rompu aux réalités des terrains belges (Simon Davies) et l'obligation (vu les blessures des uns et le manque de qualité des autres) d'aligner un ensemble de jeunes joueurs, dont l'insouciance du début a progressivement engendré une paralysie, une peur de mal faire, découlant du manque de résultats… 

Un cercle vicieux que l'arrivée d'un coach d'expérience et viscéralement lié au sporting (Frankie Vercauteren) devait permettre de briser. Mais là aussi, l'accomplissement prend plus de temps que prévu. 

Alléger la pression

Outre la volonté de rassurer les fans et de démontrer que les capitaines et amiraux du navire mauve sont encore bien présents à la barre, la lettre ouverte publiée par le club, et détaillant un plan d'action en 3 ans vise aussi à alléger la pression reposant sur les épaules de Vercauteren, son staff et ses joueurs. Officiellement, il n'est plus question d'être "champion en fin de saison", mais juste d'essayer d'arracher une qualification européenne. Essayer, car, le cas échéant, celle-ci serait vue comme une "bénédiction/récompense". Ce changement de posture inscrit enfin officiellement Anderlecht dans une politique d'objectifs à long terme, permet officiellement au club de reculer (ou, à tout le moins, temporiser) pour mieux sauter. Là où, depuis des années, le sporting n'arrivait pas à résoudre l'équation de l'entité qui doit se redéfinir, esquisser un nouveau modèle, favoriser les fruits de la formation et, cerise sur le gâteau, raviver la flamme de l'esthétique… tout en restant sur le devant de la scène.

De même que l'organigramme interne (qui s'est clarifié avec l'arrivée de Vercauteren), la redéfinition de la ligne de conduite du club, lui permet de gommer ces écueils.

Quel rôle pour Marc Coucke ?

Cosignataire de la lettre (au même titre que Vincent Kompany, Frankie Vercauteren, Jo Van Biesbroeck et Michael Verschueren), le président Marc Coucke n'en aurait, dit-on, pas écrit la moindre ligne. En l'espace de presque deux ans, il est incontestable que l'ex-homme fort d'Ostende, a effectué quelques pas de côté. Au début, Coucke se mêlait de tout, et de tout... en même temps. En plus d'une grande lessive interne dans le personnel du club et du relifting d'un Stade Constant Vanden Stock, débaptisé quelques mois plus tard, Coucke interférait aussi dans la politique de transferts. C'est lui qui, notamment, avait insisté pour mettre 8 millions d'euros sur la table pour le transfert de Bubacarr Sanneh, à l'encontre de l'avis de son directeur sportif Luc Devroe, pour qui la somme était largement surestimée. On le sait, les enchères de Marc Coucke ne visaient pas à cibler la valeur sportive réelle du joueur, mais bien à "frapper un grand coup vis-à-vis de l'opinion publique"; or quand des étoiles naissent dans les yeux des supporters, c'est à partir de faits, de gestes ou de noms, rarement de chiffres. Idem dans le cas de Samir Nasri. Pour attirer ce "deuxième Petit Prince" au Parc Astrid, Marc Coucke n'a pas hésité à monter trois fois au-dessus de la limite salariale définie. Une décision qui n'a pas fait l'unanimité au sein du club.

Le plan en 3 ans, détaillé dans la lettre ouverte du RSCA, mentionne ceci : "Nous devons maintenir un équilibre strict entre la vente et l'achat de bons joueurs dans un cadre financier très rigoureusement budgétisé". Il s'agit là clairement d'une pierre dans le jardin présidentiel, dont le noyau pléthorique de 48 joueurs (!) ne permet que difficilement de rester sur de bons rails financiers, surtout en l'absence de coupe d'Europe...

Moins présent médiatiquement, moins présent dans l'opérationnel, Marc Coucke va-t-il, progressivement entamer une courbe rentrante qui pourrait aller, à terme, vers un désinvestissement échelonné ? Nous n'en sommes pas encore là, mais s'il se confirme, l'effet des vases communicants pourrait alors gonfler encore, tant sportivement que financièrement, l'impact de Vincent Kompany à Anderlecht...

 

 

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