Mettre les joueurs pros en chômage économique (avec 2756 € bruts par mois) ?

Mettre les joueurs pros en chômage économique (avec 2756 € bruts par mois) ?
Mettre les joueurs pros en chômage économique (avec 2756 € bruts par mois) ? - © CHARLOTTE GEKIERE - BELGA

Le conseil d’administration de la Pro League a donc décidé aujourd’hui de suspendre tous les entraînements collectifs dans les clubs jusqu’au 5 avril prochain, au moins. Trois semaines sans la moindre prestation, avec simplement un petit programme quotidien d’entretien physique à accomplir.

Dès lors, certains clubs songent à mettre le noyau et le staff en chômage économique, pour cas de force majeure. A l’instar d’une partie de leur personnel administratif qui ne peut pas travailler à domicile. Pour certains dirigeants, le raisonnement est clair et le même pour tout le monde dans le rapport employeur/employés: quand on ne peut plus travailler, on n’est plus payé !

Ce serait évidemment une petite révolution en perspective. Car si certains joueurs de notre championnat gagnent entre 1 et 3 millions d’euros brut pas an, ils se retrouveraient avec une allocation de chômage payé par l’ONEM de 2756,76 bruts par mois ! Normalement, en cas de chômage économique, l’employé peut toucher jusqu’à 70% de son salaire brut mais le plafond est bel et bien fixé à ce montant-là. Cela obligerait donc les footballeurs professionnels à sortir de leur zone de confort et, en quelque sorte, à se retrouver dans la "vraie vie" pendant quelques semaines. Et sans doute de mieux se rendre compte de la réalité quotidienne de nombreux Belges.

La décision peut se prendre par le club lui-même, sans obligation d’accord collégial au sein de la Pro League. Mais avant de prendre ces mesures, certains clubs veulent s’assurer auprès de juristes que les joueurs ne seraient pas tentés, par la suite, de casser leur contrat et donc le lien avec leur employeur.

Rappelons enfin, que les joueurs pros bénéficient par ailleurs d’une mesure de rabais de leurs cotisations sociales. Une situation aussi exceptionnelle qu’inexplicable. Ils ne paient en effet que 900 euros par mois à la sécurité sociale (moins d’1% de leur salaire !), quelque soit le montant de leur salaire. Soit le même montant qu’un salaire, dans ce cas fictif, de 2350 euros par mois. Bref, un footballeur professionnel en Belgique paie moins de cotisations sociales qu’une infirmière !

Le débat a été relancé par certains hommes politiques en Flandre l’automne dernier. Ils ont dénoncé cette anomalie et ont promis de légiférer en la matière, dès que possible. Mais les clubs de la Pro League ont tout de suite réagi vigoureusement et négativement, on s’en doute. Car l’employeur devrait payer plus de charges alors que la plupart des clubs sont déjà en grosse difficultés financières.

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