Mercato d'Anderlecht : le ménage, puis les munitions… mais sans débourser

Austerity first… et, si possible, with big business ! Depuis la fin de l’ère Roger Vanden Stock - Herman Van Holsbeeck, depuis qu’a été sifflée la fin de la récréation Marc Coucke marquée par le gaspi en règle, le mot d’ordre au Lotto Park est, on le sait, au resserrage des boulons financiers. Car oui : les caisses mauves affichent un déficit cumulé évalué, selon certaines sources… non-démenties, à 100 millions d’euros ! 

Le Directeur Sportif Peter Verbeke a été engagé à cette fin : débaucher à bas prix, grâce à son réseau data très élaboré, des perles insoupçonnées… tout en faisant le ménage parmi les (très) gros salaires à (très) bas rendement.


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Verbeke était sorti tout fier du mercato estival en ayant, dixit lui-même, rempli son contrat avec un budget limité à 4 millions d’euros pour les transferts entrants… et un tiroir-caisse à faire tinter un max pour les sorties à 7, voire 8 chiffres. D’où les 26 briques encaissées pour Jérémy Doku. À charge aussi, en renflouant les caisses, de re-bâtir une équipe sportivement cohérente… et tracée sur le fil de la jeunesse. Vous avez dit équation à 5 inconnues… ou casse-tête chinois ? 

Les gros salaires ciblés 

Ce mercato hivernal sortant ne déroge pas à la règle. Sur un effectif pléthorique de 30 joueurs (noyau de base) auquel ajouter moult joueurs prêtés saison après saison, Anderlecht s’est dégagé cet hiver de 13 éléments pesant ensemble une valeur de 25,3 millions d’euros (d'après Transfermarkt). 

Les prêts de Percy Tau et de Derrick Luckassen sont arrivés à terme. Antonio Milic a été vendu. Les dix autres départs (temporaires) sont des prêts censés alléger la masse salariale dans l’attente d’une offre définitive sérieuse (Peter Zulj, Michel Vlap, Isaac Kiese Thelin, Zakaria Bakkali, Bubacarr Sanneh et Ognjen Vranjes) ou au contraire augmenter le temps de jeu d’un élément toujours jugé à (haut ?) potentiel (Antoine Colassin, Landry Dimata, Mustapha Bundu et Luka Adzic).

Aucune vente cash depuis le départ cher et vilain de Doku : la pandémie plombe toutes les finances mondiales… et être vendeur (qui a dit "mendiant" ?), comme l’est l’Anderlecht d’aujourd’hui, n’aide pas à rebooster les prix. 

On demande buteur 

Le marché In du Sporting mauve a pris un autre cap : renforcer à tout prix un secteur offensif frappé du syndrome bègue, et reposant intégralement sur le toujours très jeune Lukas Nmecha. Car en 25 matches de championnat, les Mauves sont restés 7 fois muets et n’ont marqué plus d’un but… qu’à 11 reprises. Enfin, ils ont été contraints 11 fois au partage !    

Les trois arrivées de Jacob Bruun Larsen, d’Abdoulaye Diaby et de Majeed Ashimeru s’inscrivent dans cette optique de production accrue : trois éléments créatifs dont le même site Transfertmarkt chiffre la valeur actuelle cumulée à 13,80 millions d’euros. Si on attend toujours le premier but du second et les premières minutes du dernier nommé, le Danois a déjà esquissé en deux sorties ses prédispositions à percuter sur le flanc gauche

Reste l’éternelle problématique : sauf à être greffé d’une option d’achat, un prêt entrant n’est jamais bénéfique qu’à court terme puisque la progression marquée sur le terrain profite au club prêtant… au retour dans la maison-mère. 

Projet foot ? 

Mais plus qu’une vaste gare de triage pratiquant l’import-export, un club est censé proposer un projet sportif… Et avec le prestige lié à son nom, le Sporting d’Anderlecht doit, mieux qu’un autre, illustrer ce principe... 

Austérité, oui. Business, oui. Et le foot ? Car l’impératif de résultats rapides (surtout en cette saison Covid où les places en Play-Offs 1 sont réduites à quatre) a aussi ses raisons… qu’un "process jeunes" n’a que trop rarement les moyens d’assumer. D’autant que le fil conducteur de certaines opérations reste difficile à cerner : pourquoi avoir acquis un Bundu (déjà re-prêté…) avec, en magasin, un Colassin qui avait crevé l’écran au printemps 2019 ou un Landry Dimata qui n’avait pas bâti que des châteaux de sable à Ostende…

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