Lucien D’Onofrio et l’Antwerp, c’est fini : "Tchantchès" quitte le pays de la N-VA

La rumeur était dans l’air depuis quelques semaines mais, cette fois, c’est officiel : Lucien D’Onofrio quitte l’Antwerp après quatre saisons passées dans la Métropole. En cause, une certaine lassitude sans doute, quelques tensions avec le clan familial Gheysens probablement. A l’époque, Ivan Leko n’avait pas été le premier choix de D’Onofrio comme coach. En tout état de cause, la fin d’un cycle pour le dirigeant liégeois.

En juin 2017, à la surprise générale, Paul Gheysens, CEO de Ghelamco et président du matricule 1, appelait Lucien D’Onofrio comme directeur sportif et vice-président du club anversois. L’ancien agent italo-liégeois était disponible depuis quelques temps. Une tentative de collaboration avec Anderlecht avait échoué et il cherchait un " challenge " intéressant à relever. Après 13 années de purgatoire en deuxième division, le club anversois cherchait, de son côté, à retrouver son lustre d’antan. D’Onofrio semblait donc être l’homme de la situation. Certes, le riche président Gheysens a dû aller plusieurs fois à la poche ces dernières années. Avec des augmentations de capital successives pour apurer les dettes. Et le COVID n’a rien arrangé. Mais le projet a pris forme.

Le vétuste vaisseau du Bosuil s’est transformé en un outil moderne, le club a été restructuré de fond en comble. D’Onofrio a tout de suite fait jouer ses réseaux : Bölöni comme coach, Runje pour entraîner les gardiens, Leidgens comme team-manager et M’Bokani comme attaquant-vedette. D’autres " bonne pioches " vont venir rejoindre le noyau anversois : Refaelov (qui faisait banquette à Bruges), Butez, Jukleröd, Hongla, Lamkel Ze, Miyoshi, notamment. Notre homme travaille à l’ancienne. Les transferts " Database ", ce n’est pas son truc. Simplement le bon vieux carnet d’adresses et le relationnel. D’aucuns lui reprochent ces méthodes de management et de recrutement dépassées. Selon eux, " D’ono " est un " has-been " dans la sphère des dirigeants du foot moderne. Mais le bilan plaide en sa faveur.

De la D2 à l’Europe

La première saison, l’Antwerp termine à une honorable 8ème place. En 2019, il atteint les play-offs 1 et boucle le championnat en quatrième position. Le plus vieux club du Royaume dispute ensuite le tour de barrage de l’Europa League contre Alkmaar. Au retour, au Heysel, le " Great Old " a tout en mains pour franchir l’écueil batave. Mais M’Bokani et Lamkel Ze sont exclus. Ce dernier s’avère être un joueur de grand talent mais son caractère le rend quasi-ingérable. L’Antwerp rate les poules européennes. Ce ne sera que partie remise.

En mars 2020, lorsque le championnat est arrêté après 29 journées à cause de la crise sanitaire, D’Onofrio est fou furieux. Il le fait savoir, en terme fleuris, par voie de presse interposée. Pour lui c’est une machination politico-sportive du trio Bruges-Gand-Charleroi pour figer les positions au classement. Et ne pas faire le moindre effort pour disputer la dernière journée de la phase classique de la compétition. Il parlera même d’une " association de malfaiteurs " dans une " punchline " dont il a le secret. Mais l’Antwerp, 4ème en championnat, va prendre sa revanche en remportant la Coupe de Belgique quelques semaines plus tard face au club brugeois. Dans la foulée, Lior Refaelov obtient le Soulier d’or.

En Europa League, les Anversois terminent deuxièmes de leur groupe avec 12 points après avoir battu, notamment, Tottenham. Un fameux succès de prestige trois ans à peine après la remontée du club au sein de l’élite. Ils seront finalement éliminés en seizièmes de finale par les Rangers de Steven Gerrard. La qualification pour les " Champion play-offs " cette saison aura été le dernier fait d’armes de Lucien D’Onofrio dans la cité portuaire.

Il y aura vécu quatre saisons pleines mais aussi un peu surréalistes dans la mesure où l’intéressé ne parle pas un mot de flamand. Ce qui a valu des scènes hallucinantes où tout le monde en sa présence devait parler français lors d’une réunion, y compris Bart De Wever, le bourgmestre d’Anvers ! Un pied de nez cocasse finalement que ce voyage de Tchantchès au pays de la N-VA…

Et maintenant ?

Lucien D’Onofrio a 66 ans. Il est en pleine forme et ne se voit pas goûter aux joies de la retraite en s’adonnant à la pêche ou à la lecture. Le " foot, c’est toute ma vie ", se plaît-il à répéter. Alors, où va-t-il rebondir ? Peut-être là où on ne l’attend pas… Va-t-il devenir consultant pour un club à l’étranger ? Possible.

Mais tous les regards se tournent évidemment vers le bord de Meuse. Le Standard demeure le club de son cœur. Son ami François Fornieri a failli entrer dans le capital du club il y a quelques mois. Et D’Onofrio aurait pu alors, à terme, entrer dans la danse. Mais Fornieri et Bruno Venanzi se sont disputés et l’opération a capoté. Et, depuis, l’ancien CEO de " Mithra " est empêtré dans des ennuis judiciaires. D’Onofrio reviendra-t-il un jour au club qu’il a dirigé de 1998 à 2011 avec un certain succès, ramenant le titre après 25 ans d’absence ? Il affirme que non.

Mais c’est une affaire à suivre car avec ce diable de Lucien D’Onofrio, la vérité d’un jour n’est pas toujours celle du lendemain. Et le " bluff " a souvent été une de ses armes favorites pour brouiller les pistes…

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