Loin du strass et des paillettes, les tristes audiences des Playoffs 2 en chiffres

Younes Delfi et Felice Mazzu
Younes Delfi et Felice Mazzu - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Des stades pratiquement vides, un enjeu dérisoire, une chose est sûre, les matches de Playoff 2 ne parviennent pas à galvaniser les foules et à ramener les supporters dans les tribunes. Pourtant pleines de bon sens, même les initiatives des clubs peinent à déroger à la règle.

Les chiffres fournis par les clubs (et donc souvent gonflés) le démontrent, les stades sont loin d’être combles, au contraire. Lors de la 2ème journée des PO2, 800 spectateurs (soit l’équivalent d’1/10e du stade) assistaient au Kerhweg à la lourde défaite, 0-3, d’Eupen face à Westerlo. Au Freethiel, 1.300 supporters étaient présents pour encourager Waasland-Beveren lors de la défaite face à Courtrai, 2-3. Le Beerschot-Wilrijk a enregistré 1.850 entrées au Kiel sur les 12.770 places disponibles. Au Canonnier, 2.117 personnes ont vécu la défaite des Hurlus face à l’Union Saint-Gilloise. Seulement 2.300 sièges du Jan Breydel Stadium étaient occupés sur les 29.000 disponibles. Des statistiques affolantes tant les sièges vides se comptent par milliers.

Plus surprenant encore, aucune des 6 équipes des PO2 n’a réussi à s’imposer à domicile dans cette deuxième journée. Seul le Cercle de Bruges est parvenu à empocher un point dans son stade face à Zulte Waregem. Les hommes de Laurent Guyot prenaient l’avantage à la 90ème via Serge Gakpé, 3-2, avant que l’inévitable Hamdi Harbaoui ne rétablisse l’égalité pour l'Essevee quatre minutes plus tard, 3-3, une fin de match folle. Au total, sur les 12 rencontres de PO2 jouées jusqu’à présent, trois matches seulement ont été remportés à domicile. Comme si le manque d’enjeu engendrait le peu de spectateurs, et que le peu de spectateurs influait sur le manque d’implication et d’envie des joueurs, tel un cercle vicieux.

Pour tenter de briser cette spirale négative, seul Charleroi et son Stade du Pays Noir font office d’éclaircie dans la brume. Le club carolo dénombrait près de 7.800 supporters dans la rencontre du Sporting face au KV Ostende. Un joli sursaut dans la moyenne des audiences dont la raison est assez simple : les tickets étaient gratuits pour les supporters des Zèbres ce mercredi. Deux places par personne même, un parfum de pardon pour avoir raté le coche des PO1 cette saison. Malgré l’opération séduction, les hommes de Felice Mazzu se sont inclinés 1-2 contre les Ostendais dans une enceinte mi-remplie. Une offre alléchante mais qui ne prouve son efficacité qu’à moitié.

Si même la gratuité ne suffit plus à remplir les tribunes, seule l’implémentation d’un véritable enjeu peut sauver les PO2 de l’ennui et de la lassitude. La perspective d’une place qualificative européenne est insuffisante, voire ridicule pour les plus petits clubs. En 10 années de système Playoff, seul Genk il y a 9 ans, alors emmené par Franky Vercauteren, grand gagnant des PO2 lors de la saison 2009/10, a réussi à décrocher le ticket doré pour le quatrième tour préliminaire de l’Europa League (défaite face à Lille où évoluait un certain Eden Hazard à l’époque). Les Limbourgeois n’avaient donc même pas eu droit de goûter aux phases de poules de la compétition européenne.

Pour sauver les PO2, le système doit impérativement être revu au plus vite, avant que les clubs, leurs joueurs, les supporters et les amateurs de foot ne meurent d’ennui. 

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