Les entraîneurs face au Covid-19

Vanhaezebrouck, Belhocine, Ferrera et Mazzu
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Vanhaezebrouck, Belhocine, Ferrera et Mazzu - © Belga Image

Felice Mazzu (sans club), Karim Belhocine (Charleroi), Hannes Wolf (Genk), Emilio Ferrera (Seraing), Hein Vanhaezebrouck (sans club) et Arnaud Mercier (sans club) : six entraîneurs impactés de manière bien différente par la mise à l’arrêt du football belge.

Felice Mazzu : touché, pas coulé

C’est vraiment difficile, moralement, et mes chances de retrouver un club sont retardées par la situation actuelle " nous confie Felice Mazzu. C’est Mogi Bayat qui cherche un poste pour l’entraîneur carolo, à l’arrêt depuis plus de cinq mois et son divorce avec Genk. Mais il n’y a pas de miracle ! Youri Sélak et Didier Frenay, agents de joueurs, nous le confirment, les clubs se trouvent face à de nombreuses inconnues concernant la suite des opérations, notamment les rentrées financières ? Et l’engagement d’un coach ne fait pas partie des priorités urgentes.

Arnaud Mercier, lui aussi en attente d’un poste suite à la fin de l’aventure à Waasland-Beveren, est convaincu que les salaires en souffriront. " Les clubs, belges en tout cas, vont souffrir, et ils ne nous proposeront plus les mêmes conditions salariales que précédemment. Pareil avec les joueurs. Surtout, il y a tant de paramètres sur lesquels planent l’incertitude que les clubs sont un peu paralysés ".

Pour Mazzu, en l’absence de piste chaude, la question se pose de reprendre bientôt le chemin de l’école (pour y retrouver son métier d’enseignant) ou de renoncer à cette sécurité d’emploi. " La date butoir, c’est la rentrée scolaire, en août. Ma pause carrière sera finie. Mais je suis tellement motivé, ambitieux, et même confiant, que je crois que je vais prendre le risque, et encore attendre, en espérant qu’un club propose un bon projet et me fasse confiance ".

Quand on lui parle de la rumeur qui l'envoie au Standard, il répond avec sourire : "no comment".

Hein Vanhaezebrouck : " le Coronavirus me coûte un poste "

Pour pouvoir répondre favorablement à l’une ou l’autre proposition de club dès le mois de juin, Hein Vanhaezebrouck avait prévu de subir une petite intervention chirurgicale en mars. A cause de la pandémie, elle est reportée à septembre, pas de chance ! " Je ne veux pas commencer un job en juin en ayant ce souci-là en tête, ni m’interrompre plusieurs jours en septembre, donc j’ai dit non. Ce sera pour janvier ou dans un an, en attendant j’espère que les médias pour lesquels je travaillais comme analyste consultant auront les budgets pour continuer à m’employer ? ".

Emilio Ferrera : en poste mais au chômage

A Seraing (bientôt en D1B normalement), on a mis le staff (et les joueurs) en chômage technique dès la mi-mars, et ce jusqu’à la reprise. Emilio Ferrera, l’entraîneur principal, comprend la décision, même si elle n’est pas idéale pour les finances du ménage. " Ce n’est pas si grave non plus. Et puis je n’ai pas le choix, le foot, c’est la seule chose que je sais faire ! "

Chez les Métallos, le chômage n’a pas empêché le staff technique de préparer la saison prochaine. " On a profité du temps qu’on avait pour travailler le noyau, il ne nous reste que les dernières retouches à apporter, et nous serons prêts ".

Pour Ferrera, la reprise promet de grosses surprises " Techniquement, après de si longs mois sans ballons et sans match, les joueurs seront un peu perdus je crois. Et moi, comme entraîneur, je me demande parfois si je n’aurai pas un peu perdu la main aussi. Surtout, je ne suis pas sûr de pouvoir pratiquer mon métier comme avant, ni que le football redeviendra ce qu’il l’était ".

Hannes Wolf : Genk a refusé qu’il laisse une partie de son salaire

Jusqu’ici, Genk a continué à payer les salaires des joueurs et du staff. Conscient du manque de rentrées financières à venir, le coach Hannes Wolf a spontanément proposé de participer à l’effort budgétaire. " Nous avons refusé, confie Dimitri De Condé, le Directeur technique limbourgeois. Si un effort doit être fait, il sera collectif. Jusqu’à présent, vu la bonne santé du club, il n’y a pas de problème, mais si par exemple la saison prochaine se déroule sans spectateurs, ni repas dans les loges ou diminution des droits TV… il est possible qu’on demande à chacun de faire un geste ".

Youri Sélak nous le rappelle " Aux Pays-Bas, les acteurs professionnels du football ont signé un accord prévoyant une réduction salariale allant de 2,5% à 20% du salaire (selon son niveau) des joueurs et des staffs jusqu’au 1er janvier 2021. L’idée circule un peu partout en Europe, c’est l’évidence ".

Le coach allemand a été perturbé par l’arrêt de la saison et le confinement. " Je l’ai découvert nerveux, ajoute De Condé. Lui si organisé, qui adore prévoir, préparer, anticiper… se trouvait soudain sans point de repère, sans balises ni objectifs. Pas facile, mais comme c’est quelqu’un de très constructif, il a su tourner le bouton. Et on a profité de sa plus grande disponibilité pour beaucoup échanger ensemble et réfléchir à l’avenir du club".

Karim Belhocine : comme si de rien n’était, ou presque

A Charleroi, Karim Belhocine garde sa légendaire bonne humeur " On a continué à être payés, à travailler avec nos joueurs, à préparer la saison future. Mais c’est vrai que cette situation est très déstabilisante pour un entraîneur et son staff ".

Le coach des Zèbres sait que la saison qui vient sera spéciale : Europa League, préparation chamboulée, formule du championnat différente peut-être, mais il garde la confiance.

La seule chose qui me manque cruellement, c’est la vie avec ce groupe exceptionnel ".

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