Les anciens du FC Liège se souviennent : "Il n'avait pas peur de me renvoyer "la gueule" sur le banc !"

Moreno Giusto et Raphaël Quaranta ont eu Robert Waseige, qui s’est éteint ce mercredi, comme entraîneur au FC Liège. Les deux hommes, qui étaient restés en contact avec celui qui avait permis au club liégeois de décrocher la Coupe de Belgique en 1990, se souviennent d’un "grand rassembleur", aux multiples qualités humaines.

"Nous sommes vraiment attristés, a souligné Raphaël Quaranta, qui a évolué au FC Liège entre 1978 et 1989, puis de 1993 à 1995. Nous avons vécu nos plus belles années avec lui, des moments historiques. Nous étions des gamins, une bande de copains. C’était un très grand monsieur, un très grand entraîneur. Il va laisser un vide qui sera très difficile à combler. J’avais encore l’occasion de le voir très régulièrement lors des matches du Football Club Liégeois, et on avait une amitié profonde. Grâce à Monsieur Waseige, on a réussi à briller de mille feux et on a vécu des moments plus que grandioses. J’étais un peu son bras droit dans les années d’euphorie à Liège, le capitaine. On a eu des moments de confidence, de doute, mais quand il donnait sa confiance à quelqu’un, il la donnait à 200%. Il avait de la répartie, je le considérais comme un entraîneur intellectuel. Il était toujours à la pointe des nouvelles tendances dans le monde du foot, et pour nous, c’était génial. C’était aussi un rassembleur : quand vous étiez le meilleur, ou le plus mauvais, il savait toujours vous rappeler qu’il fallait se remettre au travail. Il était très pointilleux au sujet de tout ce qu’il se passait au sein de l’équipe."

Giusto : "Un type d’une honnêteté qui n’existe plus aujourd’hui"

"Avant toute considération sportive, je vais retenir une considération extra-sportive, a pour sa part expliqué Moreno Giusto, qui a fait toute sa carrière au FC Liège. C’était un type d’une honnêteté qui n’existe plus aujourd’hui, à de rares exceptions près. Il était forgé dans un bloc de granit qui s’appelle "honnêteté" à tous points de vue : financier, pécuniaire, sportif, extra-sportif. Pour sa famille, c’était un homme d’une grande droiture. Évidemment quand quelqu’un s’en va, la plupart des personnes ne voient que le positif des choses, mais là, c’est un truc qui était déjà là de son vivant. Il venait manger tous les mercredis dans mon restaurant, et aujourd’hui on est mercredi justement… un dernier clin d’œil. En plus de cet aspect d’honnêteté, je retiendrai donc aussi la fidélité. Quand il était bien quelque part, quand il était bien avec quelqu’un, c’était un homme d’une disponibilité et d’une gentillesse hors norme. J’ai eu la chance de pouvoir jouer sous ses ordres, et même pour un Moreno Giusto, il n’avait pas peur de me renvoyer "la gueule" sur le banc ou de m’écarter totalement. Il avait une lucidité incroyable, une connaissance du foot qui faisait que même si tu tissais des liens d’amitié, ce n’était pas pour cela que tu méritais une place sur le terrain. Il avait toujours un bon mot et quand il voyait que j’avais le ballon entre les pieds, je sentais qu’il avait peur, parce qu’il mâchouillait de plus en plus fort son cigare !"

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