Le retour d'un club montois en Pro League ? Pas demain la veille…

En Division 3 amateurs série A, le Royal Albert Quévy-Mons (RAQM) se déplace dimanche après-midi au Stade Brainois. Quévy-Mons est sur le point de remporter la deuxième tranche. L'objectif avoué des dirigeants est de rejoindre au plus vite la Division 2 amateurs, puis la Division 1 amateurs.

Quévy-Mons, qui joue ses matches à domicile au Stade Tondreau où évoluait jadis l'Albert Elisabeth Club de Mons, côtoie dans le même championnat ses voisins de Saint-Symphorien et de Saint-Ghislain. Un étage au-dessus, on retrouve les Francs Borains. Alors certes, il y a régulièrement des derbies et c’est bien. Mais le foot d'aujourd'hui a changé : pour retrouver les sommets, il faut souvent… fusionner. Une évidence partout sauf, dirait-on, dans la région Mons-Borinage où quelques guerres de clochers passées ont accouché de rancœurs toujours bien tenaces et rédhibitoires aujourd’hui.

Samuël Grulois a rencontré le président de Quévy-Mons, Hubert Ewbank de Wespin, le patron de la société vinicole à succès " Le chant d’Éole ", mécène du foot régional borain, qui travaille beaucoup dans l'ombre pour reconstruire un grand club montois.

Monsieur Ewbank, votre objectif est-il de retrouver un jour la Pro League ?

" Oui, l’objectif principal du comité du RAQM est de refaire un grand club à Mons. Mais non, on ne vise pas la Pro League. Quand je parle d’un grand club, je reste modeste. Atteindre la Division 1 amateurs dans quelques années serait déjà pas mal. Et on essaie par tous les moyens d’y arriver. "

J’étais un acharné et un grand supporter de l’Albert. On a toujours eu envie de retrouver les sommets. Maintenant, soyons francs, la région n’est pas hyper-facile au niveau du sponsoring et du mécénat.

Vous êtes un passionné de football, un investisseur à succès… franchement, n’avez-vous pas l’ambition de retrouver la lumière de l’élite et du foot professionnel ?

" C’est évident que j’en rêve. C’est un rêve. J’étais un acharné et un grand supporter de l’Albert, un ami aussi de la direction et de Dominique Leone. On a toujours eu envie de retrouver les sommets. Maintenant, soyons francs, la région n’est pas hyper-facile au niveau du sponsoring et du mécénat. Et donc, j’y reviens, atteindre la D.1 amateurs pour commencer serait déjà un beau premier pas. On veut également redonner confiance aux supporters et faire revenir les fans de foot montois. Et c’est difficile ! Il y a toujours cette nostalgie de l’ancien Albert… Nous, on n’en peut rien ! On essaie de relancer un projet, avec des jeunes de Mons, des ex-joueurs de Mons, un staff plus montois que jamais et on nous reproche parfois d’être Quévy ! À Zulte-Waregem, ça fonctionne. A Oud-Heverlee Louvain, ça fonctionne. Pourquoi ça ne fonctionnerait pas à Mons ? Quoiqu’il arrive, nous avons envie d’un grand club chez nous. Même le bourgmestre de Mons Nicolas Martin a confirmé vouloir recréer un club important à Mons. On a de belles infrastructures, un beau stade et on va y arriver ! "

Aux Francs Borains et à Mons, on a plus au moins les mêmes ambitions. Réussir cette fusion est un vieux mythe de trente ans ! Mais je suis persuadé qu’on y parviendra.

Lors d’une précédente interview, au mois de février 2019, vous nous aviez parlé d’un projet de fusion avec les Francs Borains. Est-ce qu’un an plus tard, le dossier a avancé ?

" Non, ça n’a pas spécialement avancé. Disons que je suis en contact avec tous les plus grands clubs de la région. Avec aussi des clubs de Provinciales. Et nous regardons ce qu’il est envisageable de faire ensemble à long terme. Quoiqu’il arrive, un jour, il faudra réunir ces clubs. Aux Francs Borains et à Mons, on a plus au moins les mêmes ambitions. Réussir cette fusion est un vieux mythe de trente ans ! Mais je suis persuadé qu’on y parviendra. Moi, je continue de discuter. Avec les Francs Borains et avec d’autres clubs pour voir si, à terme, on ne pourrait pas réunir nos forces et réussir d’abord à construire un grand centre de formation pour les jeunes élites de la région. Ça, ça reste notre priorité au sein du RAQM. Et puis, pour avoir de l’ambition, il faudra absolument travailler ensemble. "

Vous nous disiez que certains supporters restaient un peu trop accrochés à leur clocher. N’est-ce pas un peu difficile moralement ? N’avez-vous jamais eu envie de tout laisser tomber ?

" Ça peut m’arriver oui parce qu’on n’a jamais vraiment compris pourquoi nous avons des détracteurs alors que nous sommes gentiment arrivés de Quévy à Mons en faisant légèrement évoluer le nom et en rajoutant seulement Quévy dans l’appellation. L’idée est clairement, comme à Zulte, comme à Oud-Heverlee, comme à l’Union Namur Fosse-la-Ville également, de relancer et de réussir un beau projet à Mons. Tout le monde doit dépasser ses anciennes frustrations. Moi aussi je suis triste de ne plus voir le Standard, Anderlecht, Genk, Charleroi, Bruges au Stade Tondreau. Arrêtons de regarder le passé mais regardons devant nous ! "

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