"Le problème d'Anderlecht ? Ils sont englués dans une crise psychologique"

Dans "Complètement Foot" ce dimanche soir, David Houdret, Pascal Scimè et Alex Teklak sont revenus sur le partage d’Anderlecht face à Zulte Waregem (0-0). Pour notre consultant, il sera compliqué pour le Sporting de réussir des résultats tant qu’il y aura cette dynamique négative autour de l’équipe.

Alex Teklak sur les enseignements à tirer du match : "Ce qui est embêtant, c’est d’aborder une dernière ligne droite en étant affecté psychologiquement. Dans un match comme celui d’aujourd’hui où ils pensent vraiment qu’ils vont gagner, c’est certain qu’ils sont affectés. On va maintenant voir s’ils vont être capables de hausser leur niveau de jeu. La deuxième mi-temps était plutôt ouverte et pour le spectateur neutre assez agréable. Il y avait des occasions de part et d’autre. Je pense que le problème maintenant c’est qu’ils sont englués dans cette crise psychologique. Combien de joueurs dans cet effectif ont connu ce type de situation ? Il n’y en a pas beaucoup. […] Cette situation est un peu inédite pour les Anderlechtois et ça rajoute un peu plus de poids sur leurs épaules par rapport à la pression qui est inhérente à un club comme Anderlecht."

Pascal Scimè sur la méthode Rutten : "Les supporters ne sont pas contents. De ce que j’entends, les joueurs ne sont pas non plus convaincus par la méthode Rutten. Et je pense qu’à un moment, ça se voit aussi sur le terrain si vous ne jouez pas libérés. Aujourd’hui à Anderlecht, les joueurs ne doivent pas rentrer sur le terrain avec un maillot du Sporting mais avec un maillot d’ouvrier. Aujourd’hui, il faut appréhender chaque match comme un "chien de la casse". Ils doivent manger le terrain. Ils doivent se faire mal, se faire violence. Il ne faut peut-être pas être beaux, il ne faut peut-être pas être bons mais il faut gagner des matches. C’est ça l’esprit que cette équipe doit avoir. Et j’ai l’impression que ce sont des joueurs qui n’ont pas été programmés pour ça, avec un entraineur qui n’a pas été programmé pour ça."

Et Alex Teklak de poursuivre : "Je crois qu’il y a quelques joueurs dont le statut est important qui doivent se remettre au service de leur club aujourd’hui. Et ne pas attendre que le club se mette systématiquement à leur service. La balle est dans leur camp. On sait très bien que ce n’est pas Rutten qui va être maintenu. Mais les joueurs ont quand même leur orgueil en jeu. Ce serait assez historique pour eux aussi de faire partie de l’équipe d’Anderlecht qui ne jouera peut-être aucune compétition européenne l’an prochain. Je ne veux pas occulter la problématique Rutten mais il y a aussi une responsabilité que les joueurs doivent prendre collectivement et certainement les meneurs. À ce titre, Kara n’est pas revenu pour rien. Je vois que lui s’investit et je pense que c’est un bon exemple pour tous les autres."

Alex Teklak sur la mauvaise dynamique dans laquelle se trouve Anderlecht : "Je crois beaucoup à la bonne ou à la moins bonne dynamique et au fait d’entrainer des choses positives quand on est positif à l’extérieur du club. Il y a trop de négatif autour d’Anderlecht aujourd’hui pour pouvoir réussir des résultats. Quand c’est négatif, le ballon ne va pas rouler pour vous. J’ai été joueur de foot et je sais ce que c’est de travailler dans une entreprise dans laquelle la dynamique n’est pas bonne à l’extérieur. Et quand elle n’est pas bonne à l’extérieur, elle ne l’est pas non plus à l’intérieur. Et c’est un enchainement d’événements néfastes qui rendent les résultats caducs."

Alex Teklak sur la décision d’envoyer 13 joueurs du noyau A en réserve en début de semaine passée : "Ce n’est pas dans les habitudes d’Anderlecht d’envoyer des équipes complètes en réserve. Je me rappelle d’un passage qu’a vécu le Standard à l’époque où Jankovic reprenait l’équipe, et où Axel Lawarée et Olivier Renard étaient encore là. À l’époque, ils avaient dit qu’ils allaient gérer les 35 professionnels en faisant des entrainements sur des terrains en parallèle. Ça a duré une semaine. Au premier mauvais résultat, c’était terminé. En plus d’aller manger la place des gamins qui ne peuvent pas jouer, il faut bien se rendre compte que ce sont des mecs qui râlent qui vont là-bas. Ce ne sont pas des gars qui y vont en se disant que l’entraineur va leur donner du temps de jeu et que derrière ils vont peut-être pouvoir solliciter une position de titulaire avec l’équipe A. Ce n’est pas comme cela que ça se passe quand il y en a tant. Et puis pour l’instant ça grince pas mal des dents au centre de formation, du côté des entraineurs des jeunes."

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