Le CCOJB s'insurge de la décision d'acquittement des supporters brugeois

Le CCOJB s'insurge de la décision d'acquittement des supporters brugeois
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Le CCOJB s'insurge de la décision d'acquittement des supporters brugeois - © LALMAND - LEFOUR - THYS - BELGA

On apprenait ce lundi la décision d'acquittement prise envers le Club de Bruges suite aux cris antisémites et homophobes de ses supporters. Nombreux sont ceux qui crient au « deux poids deux mesures » à la suite de cette décision et tout aussi nombreux sont ceux qui s'offusquent de la décision de la commission des litiges d’appel de l’Union belge de football (URBSFA).

« C’est avec effarement que le CCOJB a pris connaissance de l’acquittement du Club de Bruges par la commission des litiges d’appel de l’Union Belge dans le cadre du dossier des chants antisémites et homophobes entonnés par les supporters brugeois lors du match du 4 avril dernier l’opposant au Sporting d’Anderlecht. Lors de ce match, une nouvelle fois, les supporters brugeois ont repris en chœur 2 airs nauséabonds dont ils sont coutumiers : « Al wie niet springt, dat is een jood » (qui ne saute pas est un juif) e« Alle joden zijn homo’s » (tous les juifs sont gays). C’était pourtant avec optimisme et discrétion que nous avions alors acté une véritable évolution : pour la première fois, le délégué du match rapportait ces propos dans son rapport de match, ce qui, enfin, donnait lieu à une poursuite. Le surréalisme a donc été franchi : dans son verdict, la commission des litiges motive que « Les chants doivent être considérés comme neutres et sans caractère offensant. On utilise des termes qui indiquent simplement l’orientation sexuelle ou un groupe de population. Le mot  ‘juif' n’a pas de connotation dévalorisante ou discriminatoire, de même pour le mot 'homo'

Le groupe d'associations s'insurge contre cette décision. « Ainsi, pour la première fois, une décision acte, de manière inacceptable, que des chants de supporters de football sont neutres et n’ont pas pour finalité de valoriser son camp ou de dévaloriser le camp adverse. Ainsi, il faudrait croire que les termes « joden » et « homo’s » dirigés à l’encontre de l’adversaire anderlechtois, ennemi historique, ne constituent pas dans le chef de ceux qui l’entonnent une volonté de dénigrer, donnant justement à ces termes leur caractère antisémite et homophobe. Ainsi, lorsqu’un enfant assiste dans les tribunes à un tel spectacle, il n’aura absolument aucun préjugé sur les juifs ou les homosexuels. Ainsi, il n’y aurait absolument aucun lien entre ces chants et les chants odieux entendus dans les buvettes du stade brugeois le 8 décembre dernier : 'Mon père faisait partie d'un commando, ma mère était SS, et ensemble, ils ont brûlé des Juifs, car les Juifs brûlent le mieux'. »

Le CCOJB n'y va pas avec le dos de la cuillère en évoquant la décision de la Pro League: «Le CCOJB condamne le double discours de la Pro League dans les dossiers de racisme, d’homophobie et d’antisémitisme: les mots ne suffisent jamais, mais encore moins quand les actes les contredisent. Il ne s’agit plus de « tolérance zéro », mais de « 100% Laxisme». Déjà empêtrées dans des dossiers de corruption d’arbitres, de trucage de matchs de football, les instances professionnelles du football belge démontrent une nouvelle fois qu’elles ne sont pas à la hauteur des enjeux. Au lieu de véhiculer les valeurs universelles que le sport, et le football en particulier, doit promouvoir, nos instances footballistiques facilitent la haine entre les groupes. Le CCOJB se réserve le droit d’entamer toute  démarche afin de faire respecter les droits fondamentaux de notre pays mais que nos instances professionnelles de football préfèrent souiller

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