Lardot : "Avec le VAR, l'arbitre doit être capable de mettre son ego de côté"

Jonathan Lardot
Jonathan Lardot - © BRUNO FAHY - BELGA

Dans "Complètement Foot", David Houdret, Pascal Scimè et Alex Teklak recevaient Jean-Michel De Waele, professeur de sciences politiques à l’Université Libre de Bruxelles, pour évoquer l’étude "Les arbitres de football en Belgique". À cette occasion, ils ont également accueilli l’arbitre Jonathan Lardot. Celui-ci est notamment revenu sur les maux de l'arbitrage belge, l'utilisation du VAR ou encore l'affaiblissement du rôle de l'arbitre.

Jonathan Lardot sur ses débuts dans le monde de l’arbitrage et ce qui l’a poussé à devenir arbitre : "Mon père était arbitre en P1. C’est lui qui m’a poussé dans le milieu et c’est sans regrets. J’ai commencé comme tout le monde avec les jeunes, c’était des minimes. J’étais accompagné de mon père à l’époque. Je me souviens très bien de ces premiers moments. […] A la base, on commence par passion, par plaisir pour le football et c’est en fonction de l'évolution qu’on se dit : “pourquoi ne pas progresser ?” Un événement en entraînant un autre, on progresse. Et par la force des choses, on se retrouve dans le foot professionnel, si on a un peu de sens. Mais à la base, ce n’était pas un objectif en soi."

Jonathan Lardot sur la manière de donner envie aux jeunes de devenir et de rester arbitre : "Je pense qu’il y a plein de projets qui mériteraient de voir le jour. Notamment les jeunes qui sont dans des équipes et où l’on voit qu'ils ont un certain talent pour le football, mais pas suffisamment pour atteindre le haut niveau. Ce qui est forcément le rêve de tous les jeunes. On pourrait les diriger directement vers l'arbitrage pour utiliser ce potentiel. Et quand on les amène à l’arbitrage, il faudrait les encadrer, ne pas les laisser seul dans le vestiaire comme c'est souvent le cas. Selon moi, c'est un gros point qui fait que les jeunes arrêtent directement d’arbitrer. C'est vraiment un problème de solitude."

L’avis de Jonathan Lardot sur le VAR : "Il faut être positif, ça doit nous aider. Tout ne peut pas fonctionner correctement dès le début, ça doit faire ses petites maladies de jeunesse, mais c'est un plus. On l’a encore vu ce week-end, par exemple à Saint-Trond, où le VAR intervient pour deux phases de penalty. Sans le VAR, on n’aurait pas pris les bonnes décisions. Donc oui, il faut le prendre positivement."

Jonathan Lardot sur l’idée que le VAR puisse remettre en cause l’autorité de l’arbitre : "C'est forcément toujours plus facile de prendre les bonnes décisions, c'est évident. Après, il faut aussi pouvoir être capable de mettre son ego de côté et de reconnaître directement qu’on a commis une erreur. Parce que ne pas reconnaître son erreur à la vue des images, c'est vraiment perdre de la crédibilité aux yeux de tout le monde. […] Il faut vraiment arrêter de penser que les joueurs sont contre l'arbitre ! Il y a des liens qui se créent qui sont très positifs. Il y a du respect sur le terrain mais c'est forcément de bonne guerre que le joueur ait envie de demander à l’arbitre d'aller revoir une vidéo. Même s’il n'a pas de droit et qu’il n'a pas l'autorisation de demander ça, c’est de bonne guerre d’essayer de mettre un peu de pression sur le corps arbitral."

Sur le fait que les comités sportifs ne prennent pas leurs responsabilités : "Lorsque l’on prend une décision, qu’on applique les consignes que l'on nous demande de faire respecter et qu'après on se rend compte qu’il n’y a pas de sanctions qui suivent, ce n'est pas qu'on est demandeur de sanction, mais on est demandeur de soutien. Pour nous, ce n'est pas important de savoir si quelqu'un prend deux, trois, quatre semaines, mais un soutien. C'est ça le message principal."

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