La Tribune : Albert irrité par la situation de Charleroi, "Il n’y a jamais eu un noyau aussi talentueux dans l’histoire du club"

La Tribune est revenue ce lundi sur la drôle de saison du Sporting de Charleroi. Une saison commencée en boulet de canon, avec un chouette jeu proposé, des noms ronflants transférés en janvier mais qui ne sont pas parvenus à s’imposer… Le cas de Karim Belhocine qui fait beaucoup parler de lui. Un débat passionnant de toute l’équipe de l’émission.

Pour Nordin Jbari, plusieurs joueurs ont déçu, mais Belhocine a également sa part de responsabilité : "J’aime beaucoup Karim, mais il a aussi commis des erreurs. À chaque fois qu’il a fait des changements, c’est à ce moment-là qu’ils ont pris des buts."


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Les Carolos ont donc entamé cette saison par six victoires, et depuis ils n’ont plus gagné qu’à cinq reprises… Difficile à comprendre. "Il y a une sorte de fascination pour la chute de l’empire romain, où il n’y a plus rien qui fonctionne", rebondit Stephan Streker. "À un moment donné, quand tout s’effondre, il n’y a rien pour le rattraper. Dans ces cas-là, je pense que tout est dans la tête. Il y a une dynamique terrible vers le bas et je pense que là, il faut reconstruire. Je pense que l’histoire du sport c’est ça, et plus encore l’histoire du foot."

Mais difficile de savoir quelles sont les causes de tout cela… "Il n’y a pas vraiment de réponse et c’est pour cela que le débat est intéressant. Il est évident qu’il faut reconstruire, en se basant sur des fondamentaux. Il faudra trouver un coach parce qu’il est acté que Karim Belhocine ne continuera pas", nous dit Stephan. Etat de fait contredit par Nordin Jbari : "Moi je ne suis pas au courant. Moi, je garderais Karim. Il a terminé troisième la saison dernière, puis il y a eu une année difficile notamment avec le Coronavirus. On sentait qu’ils étaient un peu relancés après la victoire contre Bruges et puis boum, 24 cas de Covid. Il faudrait peut-être redonner sa chance à Karim Belhocine une saison."

"Prendre un grand entraîneur, un grand nom, avec le fonctionnement de Charleroi, je pense que ça va être compliqué à gérer. Il y a une direction qui est importante, qui prend de la place, qui fait des transferts… Alors que depuis des années on salue la politique de transferts de Charleroi, pour la première fois cette année ils ont fait des erreurs" déclare Nordin.

Philippe Albert appuie le raisonnement, "Il faut dire qu’ils n’ont jamais eu un noyau aussi étoffé, aussi talentueux, dans l’histoire du club." Mais est-ce ça le problème ? Trop de joueurs ? "Trop de joueurs peut-être. Certains ont dit que l’élimination en Europe a fait beaucoup de mal, ça peut être le cas pendant quinze jours, trois semaines mais pas pendant six mois."

Philippe explicite : "Un exemple flagrant, celui de Golizadeh et Rezaei. Tout ce qu’ils réalisaient et entreprenaient réussissait en début de saison ça réussissait. Depuis, c’est terminé. Fall, fait une très bonne saison au niveau efficacité mais n’a pas délivré le moindre assist, pour un gars qui joue souvent."

Nordin Jbari considère que les joueurs, pourtant avec des noms ronflants, arrivés en janvier n’ont pas tenu leur rang : "Autant on ne va pas reparler des bons transferts de Charleroi ces cinq dernières années, autant là le mercato a été le point négatif de Charleroi."

Philippe pense que la pression a été trop forte sur les épaules de certains joueurs : "Le statut de Charleroi a changé après sept journées. Ils étaient en tête du championnat. Et là, vous êtes attendus par les adversaires comme le leader. C’est là qu’il faut jouer et réagir comme tel. Si vous n’avez pas les nerfs pour le faire, vous obtenez la trajectoire qu’a suivie Charleroi. Et là, ça devient difficile."

Rezaei a été très touché physiquement par le Covid mais a été aligné malgré tout. Ce que ne comprend pas Philippe, mais Nordin explique : "Il y avait 25 cas de Covid, il a dû composer avec ça."

Les joueurs, principaux responsables ?

Cécile De Gernier met un autre élément sur la table : est-ce que Karim Belhocine a été capable de garder ses joueurs et son noyau en main ? "Il faut que le groupe donne la légitimité à l’entraîneur de faire fonctionner une équipe. Je suis curieuse de savoir si c’est encore le cas."

La situation irrite quelque peu Philippe : "Mais Kompany il a utilisé combien de joueurs ? Et lui, ça marche ? À Charleroi aussi le noyau est étoffé. Il y a moyen de faire mieux qu’un tel bilan."

"Mais ceux qui sont arrivés ils n’ont rien apporté… Comme Teodorczyk", ajoute Nordin. "Mais les premiers responsables, ce sont les joueurs. Ils font des résultats absolument incroyables en début de saison, et dès qu’il y a un grain de sable dans l’engrenage, ils ne peuvent plus évoluer à leur niveau, c’est quand même grave."

La boucle est bouclée, pour Philippe tout comme pour Stephan en début de débat, beaucoup de choses se sont passées dans la tête cette saison du côté du Mambourg. Il faudra rebondir rapidement pour laisser les "démons" derrière eux.

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