La société "holding" de Marc Coucke a perdu 390 millions d'euros en 3 ans

Tout ce qui brille n’est pas (forcément) or… Marc Coucke, le truculent président-propriétaire du Sporting d’Anderlecht, pourrait vous le confirmer. Lui dont la société "holding" (celle qui regroupe ses participations dans différentes sociétés) "ALYCHLO" vient de perdre plus de… 390 millions lors des trois derniers exercices comptables ! Sur un total d’actifs de la société arrêté à hauteur de 1,16 milliard au 31 décembre dernier ! C’est énorme !

Marc Coucke a beau avoir les reins très solides financièrement depuis la vente de sa société "Omega Pharma", on est quand même face à une succession impressionnante de pertes financières en très peu de temps. Que nous apprend le bilan d’Alychlo au 31/12/2018 et qui a été déposé il y a dix jours à la Banque Nationale ? Que la "holding" de Coucke a perdu 164,77 millions pour son exercice comptable clôturé au 31 décembre 2018 alors qu’elle avait déjà perdu 24,7 millions l’année précédente et 200,822 millions en 2016 !

Ces pertes importantes et répétitives proviennent principalement de pertes financières sur des participations dans des sociétés qui ont perdu plusieurs dizaines de millions d’euros au cours de ces dernières années…

2018, c’est aussi l’année du rachat du Sporting d’Anderlecht. A l’époque de la fin des négociations, fin décembre 2017, les estimations les plus sérieuses faisaient état d’une opération financière de 80 millions afin de détenir 70 % du capital du club bruxellois. Dans les chiffres officiels publiés à la BNB, l’homme d’affaires détient officiellement 1240 parts, soit 62% du capital à travers sa "holding". Peut-être faut-il y ajouter les parts de son fidèle associé et ami, Joris Ide. Tout cela avant l’augmentation de capital de 4,5 millions en mars 2019 alors que des chiffres bien plus élevés mais erronés avaient circulé à l’époque (on parlait alors de 30 à 35 millions).

Ce qui est certain, c’est qu’en 2018, "Alychlo" a vu ses participations financières dans les entreprises liées, c’est-à-dire détenues à plus de 50% par sa holding, augmentées pour un montant de plus de 92 millions. Avec deux acquisitions principales : le Sporting d’Anderlecht et le réputé hôtel-restaurant de Durbuy "le Sanglier des Ardennes" (où il détient 77% des parts).

On attend maintenant les chiffres d’exploitation de 2018 du Sporting d’Anderlecht. Cela tombera avant la fin de l’année et ne sera sans doute pas de nature à améliorer les finances du groupe Coucke… après la saison calamiteuse connue par Anderlecht sur le plan sportif.

Influence notable ou conflit d’intérêts ?

Mais le plus intéressant, et le plus étonnant, à la lecture de tous ces documents publiés à la BNB, c’est de constater qu’au 31/12/2018, la société holding de Marc Coucke est toujours bel et bien propriétaire à 100% de la nouvelle tribune du stade d’Ostende (son ancien club) à travers la société "Oostende stadion", dont le siège social est situé à Merelbeke. Au dernier bilan de cette société, arrêté en juin 2017, la perte d’exploitation était de 565.000 euros. Mieux encore : le "Moniteur belge" nous apprend que Marc Coucke par l’entremise de sa société "Mylecke Management Art et Invest" est resté administrateur de cette société jusqu’au 29 mai… 2019 !

Cela veut donc dire que pendant douze mois, Coucke a été à la fois l’actionnaire majoritaire du Sporting et un des actionnaires des infrastructures ostendaises ! Ce qui constitue à tout le moins une influence notable sur la gestion du club d’Ostende. "Influence notable", ce sont les termes exacts du règlement actuel des licences à la Fédération. Règlement qui interdit à une personne physique ou à une société d’être présente dans deux clubs de la Pro League.

En toute logique, en toute transparence, la licence aurait donc dû être refusée aux deux clubs par la Commission "ad hoc" de la fédération belge. On ne sait trop comment, le manager des Licences, Niels Van Branteghem, a pu faire accepter ce dossier pour le moins ambigu, ce que conteste les proches de Marc Coucke. Rappelons quand même que Van Branteghem, homme aux multiples casquettes, est aussi CFO de la Pro League (numéro deux du management de la Ligue professionnelle aux côtés du CEO, Pierre François) alors que Marc Coucke a été président de cette même Pro League de juin 2018 (trois mois après son intronisation officielle à Anderlecht) à avril 2019… Mais c’est sans doute une pure coïncidence…

Contacté par nos soins, les services de communication de Coucke ont précisé que le président du RSCA ne souhaitait pas apporter de commentaires au sujet du bilan financier.

Portrait de Marc Coucke réalisé dans La Tribune (avril 2018)

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