La saison noire d'Anderlecht en 10 dates-clés

Vincent Kompany, Simon Davies, Samir Nasri, Marc Coucke et Frankie Vercauteren, figures symboliques de l'Anderlecht 2019-2020
Vincent Kompany, Simon Davies, Samir Nasri, Marc Coucke et Frankie Vercauteren, figures symboliques de l'Anderlecht 2019-2020 - © Tous droits réservés

Bien loin des ambitions de titre, que Vincent Kompany avait clamées lors de sa présentation officielle (avant que la lettre ouverte de décembre ne tempère la donne), Anderlecht a signé l'une des saisons les plus noires de son histoire, en terme de résultats bruts. Même si les semaines précédant l'arrêt forcé de notre compétition avaient ramené une lueur d'espoir à l'ombre de Saint-Guidon...

Pour la première fois depuis l'introduction des Play-Offs en 2009-2010, le sporting n'a pas réussi à monter dans ce qui aurait dû constituer le bon wagon. Pire, à aucun moment de la phase classique, il n'est parvenu à occuper une place dans le top 6 du championnat (son plus mauvais classement étant une 14è position au soir de la 5è journée). Sa 8è place finale, qui sera validée le 15 avril lors de l'approbation par l'Assemblée générale de la Pro-League de la fin prématurée du championnat, est historique. C'est tout simplement le pire résultat du club depuis la saison...1937-1938 !

L'avenir se montrera (peut-être) plus rose. Il dira si le sporting a réussi à reculer pour mieux sauter, si sa politique de promotion des jeunes pourra réellement lui servir à monter une équipe compétitive et non simplement à équilibrer ses comptes en monnayant ses meilleurs produits. Tout cela, évidemment, sans préjuger des effets financiers à court, moyen et long terme du Covid-19...

En attendant, nous vous proposons un retour sur les 10 dates-clés d'une saison unique à plus d'un titre, qui aura rarement autant divisé les supporters et qui, coronavirus oblige, aura interdit le club de PO1...et de PO2.

1. 28 juillet : Anderlecht-Ostende 1-2

Le premier faux-pas survient, à la surprise générale, dès le match inaugural.

Devant un public mauve aussi excité qu’impatient de découvrir le sporting à la sauce Kompany, à coup de banderoles "parti comme un Prince, revenu comme un roi" déployées dans les tribunes, Anderlecht s’incline d’emblée dans son fief.

Avec Bornauw en défense centrale, Gerkens en " faux 9 " et El Kababri au back droit pour son...seul match de la saison, Anderlecht réussit pourtant un premier quart d’heure de feu. Le transfuge néerlandais Michel Vlap trouve l’ouverture après 12 minutes et signe même un doublé…deux minutes plus tard, avant de voir son but annulé pour hors-jeu. C’est le tournant du match car, à la 19è minute, l’ancien Anderlechtois Ronald Vargas égalise. En deuxième mi-temps, le sporting perd son influx et se fait surprendre à l’entame du dernier quart d’heure par Sakala.

2. 17 août : Courtrai-Anderlecht 4-2

Après deux matchs nuls consécutifs (0-0 à Mouscron et contre Malines), Anderlecht se déplace à Courtrai pour essayer de redresser la barre.

Tout semble démarrer sur de bons rails en première mi-temps avec un premier but mauve pour Samir Nasri et une première titularisation très prometteuse pour Nacer Chadli. En seconde, pourtant, le château de cartes s’écroule : Anderlecht encaisse 4 buts, tout juste entrecoupés par un pénalty converti par Vlap.

Comme lors du match inaugural contre Ostende, le sporting s’avère incapable de protéger son avance au marquoir. A l’interview, Vincent Kompany endosse la responsabilité du naufrage de la seconde mi-temps.

Bilan chiffré après 4 matchs : 2 points sur 12. La dynamique peine à se mettre en marche. Le sporting accuse déjà 8 points de retard sur le FC Bruges. L’amorce d’une tendance qui ne va faire que se confirmer…

3. 22 septembre : FC Bruges-Anderlecht 2-1

Quatre matchs plus tard (après deux nouvelles défaites contre Genk et l’Antwerp, entrecoupées par le premier succès de la saison face au… Standard), Anderlecht enchaîne un 4è sommet au FC Bruges. Vu les courbes de résultats des deux équipes, l’optimisme n’est pas vraiment de mise. Raison pour laquelle, Adrien Trebel, inutilisé jusque là, rentre subitement en grâce pour une pige empoisonnée. Une fois encore, Anderlecht ouvre le score via Nacer Chadli, avant de se faire remonter puis dépasser par un doublé de Krépin Diatta.

Etriqué, le score final ne reflète absolument pas le gouffre entre les deux équipes. Quelques jours plus tard, Vincent Kompany reconnaîtra que son sporting a été balayé et inexistant.

Bilan chiffré après 8 journées de compétition : 5/24 !

4. 3 octobre : destitution de Simon Davies

Après une nouvelle désillusion (0-0 à domicile contre Waasland-Beveren), Marc Coucke opère son premier grand chambardement de la saison : exit le DT Frank Arnesen, qui n’a pas convaincu davantage que son prédécesseur Luc Devroe et dont le carnet d’adresses comportait décidément trop de pages jaunies, exit aussi le T1 Simon Davies, à côté duquel on n’appose pas la mention " licenciement " mais " rétrogradation " pour en faire un " entraîneur de terrain ".

L’affable gallois cède sa place à un " troisième prince " (après Kompany et Nasri) : Frankie Vercauteren, garant d’une plus grande clarté dans le processus de décision et porteur d’un pragmatisme salutaire, aux yeux de la direction.

5. 24 novembre : Anderlecht-Courtrai 0-0

Invaincu depuis le 22 septembre à Bruges, Anderlecht vient d’enchaîner deux victoires (contre le Cercle et à Zulte-Waregem) avant la trêve internationale.

La venue de Courtrai semble une belle occasion pour venger la déconvenue de l’aller, reprendre avec une victoire et signer le début d’une série.

Malheureusement pour les Mauves, 16 tirs, 9 corners et 64% de possession ne leur suffisent pas pour éviter un 5è partage blanc.

Qui n’avance pas recule. 21/48, ce n’est pas encore la moitié des points mis en jeu et les doutes demeurent…

6. 1er décembre : Ostende-Anderlecht 3-2

Une semaine après l’échec courtraisien, retrouvailles avec l’équipe qui avait gâché l’entame de la saison mauve. Ici aussi flotte une envie de revanche, mais une fois encore, les choses ne se passent pas comme prévu.

Le retour de Kompany ne suffit pas à éviter un nouveau naufrage, initié dès la 6è minute par une boulette de Van Crombrugge, hésitant dans une relance au pied, alors qu’il n’avait pas fini de réajuster ses gants… A 10 minutes du terme, le marquoir de l’ancien territoire de Marc Coucke affiche un implacable 3-0. La tentative de remontada, incarnée par les buts tardifs de Chadli et Doku, n’aboutit pas. Anderlecht s’incline et scelle ainsi un peu glorieux 0/6 contre le KVO, pourtant l’une des plus faibles équipes de la saison…

7. 19 janvier : Anderlecht-FC Bruges 1-2

Après la défaite du 22 septembre et celle de décembre en coupe de Belgique, Anderlecht aborde son troisième match de la saison contre l’ogre brugeois avec la ferme intention de le faire trembler.

L’approche, tout en engagement et en pressing, est celle que le Club avait adoptée en coupe. Elle porte ses fruits après 20 minutes et le tout premier but professionnel d’Antoine Colassin, pour ses premiers pas avec les A. Hélas pour les Bruxellois, la débauche d’énergie consentie en première mi-temps, doublée d’une superbe égalisation signée Hans Vanaken, a des conséquences en seconde. Anderlecht fléchit physiquement, et le collectif brugeois finit par émerger.

La qualification pour les Play Offs 1 passait par un quasi-sans faute en 2020. Un des rares jokers encore existants est déjà grillé…

8. 7 février : Gand-Anderlecht 1-1

Incontestablement, l'un des...meilleurs matchs d'Anderlecht cette saison. Pressing haut, combinaisons fluides et occasions à la pelle (Zulj, Sardella, Colassin, Doku, Amuzu, Vlap,...). Le sporting ne prend finalement qu'un seul point, l'inévitable Jonathan David ayant répliqué, sur penalty, au but d'ouverture signé Colassin (son 3è en 4 matchs).

Pour la 3è fois de la saison, Anderlecht échoue à enchaîner une 3è victoire de rang (après le Cercle Bruges et Mouscron). Cette victoire aurait pourtant marqué les esprits, face à l'une des meilleures équipes de la série, permis au sporting de signer l'un de ses résultats les plus significatifs de la phase classique, et à nouveau autorisé tous les espoirs.

Au lieu de cela, le sporting signe un 7/12 qui ne lui permet toujours pas de progresser au classement...

9. 15 février : Malines-Anderlecht 2-0

Une semaine après son match à Gand, Anderlecht espère profiter de sa forme retrouvée pour frapper un grand coup, sur le terrain d'un rival direct qui a totalement loupé sa reprise en 2020 (0/12 !). Les auspices sont favorables, la conjonction des courbes de résultats aussi. Pourtant, le sporting retombe dans ses travers et livre une prestation beaucoup trop pâle pour revendiquer quoi que ce soit. Après une entame de match correcte, Anderlecht se retrouve pénalisé par l'exclusion de Jérémy Doku en fin de première période.

Anderlecht plie dès le début de la seconde puis encaisse un deuxième but fatal à l'entrée du dernier quart d'heure des œuvres d'Aster Vranckx, joueur de...17 ans à peine.

Le tournant qu'il ne fallait pas louper...

10. 2 avril : fin prématurée du championnat

Après avoir espéré forcer l'exploit à Saint-Trond, lors d'une dernière journée de phase classique finalement tombée aux oubliettes, Anderlecht a dû se résoudre à accepter la fin prématurée de la compétition. Lâché par le Standard et Charleroi notamment, il se retrouvait parmi les derniers partisans d'une reprise, même tronquée, de la compétition...

Au final, la crise du Covid-19 aura empêché le sporting de (peut-être) disputer les Play-Offs 1 (en cas de victoire à Saint-Trond et de partage entre Genk et Malines) mais surtout, plus probablement, de devoir subir l'humiliation de traverser l'intrigante zone grise des Play-Offs 2. Un moindre mal...

En attendant, les optimistes garderont en mémoire les dernières images d'Anderlecht cette saison : celles d'une équipe qui, sur ses 3 dernières prestations, avait enfin réussi à signer un 9/9, avec un goal average encourageant de 16 buts marqués et 1 encaissé...

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