L'instabilité, le groupe, les manquements, Jankovic se livre après son départ du Standard

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Jankovic : "" - © BRUNO FAHY - BELGA

Deux semaines après son licenciement, Aleksandar Jankovic s'est exprimé pour la première fois dans le Grand Débrief de Proximus 11. Le coach serbe l'affirme, il n'a pas de regret quant à son passage chez les "Rouches". Il ne s'est jamais senti lâché par un groupe de 33 joueurs trop large à son goût. Comme beaucoup d'observateurs, Sacha estime que le club a payé son instabilité. "Les joueurs ressentent ça et cela influence le jeu", explique-t-il. 

La séparation a été actée le 17 avril, mais le divorce entre le club liégeois et l'entraîneur de 44 ans était déjà consommé bien avant. "La situation était difficile depuis quelque temps, et j’ai senti l’ambiance s’alourdir. Nous avions initié la discussion bien avant. Le match contre l’Union n’a été qu’un petit déclic. "

Avant d'atteindre ce "point de non retour", Jankovic avait tout tenté pour trouver la bonne formule. Finalement en vain. "J'ai changé de système. J'ai changé de joueurs, deux fois de gardiens. J'ai changé de capitaine. J'ai essayé de trouver un équilibre dans le groupe sur et en dehors du terrain", énumère-t-il. L'ancien coach de Malines a voulu instaurer une défense à trois ... il n'en a jamais eu les armes. "J'avais Scholz, Laifis et Kosanovic mais je n'avais pas de remplaçants". 

De ce point de vue, le mercato n'a pas répondu à ses attentes. "C'était un point important de la saison. Je voulais certains profils. Le Standard manque d'un grand "6" contrôleur et d'un défenseur central droitier (il aurait aimé attirer Jordi Vanlerberghe). Cela aurait permis de jouer à trois derrière et de mettre les joueurs en concurrence".

Le Serbe pointe le manque de taille, la largeur du groupe comme problèmes. "On manquait aussi de taille. Le Standard a d'ailleurs été très faible sur phases arrêtées cette saison". Il insiste qu'il ne s'est pas senti "lâché" par le vestiaire. "Je ne cherche pas à plaire. Je rentre directement dedans. Je suis dur avec les joueurs mais dans le vestiaire. Quand ça ne va pas, je le dis en interne pas vers l'extérieur. Et dans un groupe de 33 joueurs, c'est normal que certains ne m'aiment pas. Le vestiaire n'est pas difficile à gérer. Mais il y a 33 joueurs dont 2/3 ne jouent pas et 7 ou 8 qui savent qu'ils ne vont pas jouer. Cela fait baisser la concentration. L'idéal, c'est un groupe où les postes sont doublés et avec quelques jeunes", détaille Sacha qui a vite senti que cela coincerait sur le plan physique. 

Jankovic avait choisi de rejoindre le Standard parce qu'il avait été séduit par le discours du trio Venanzi-Van Buyten-Renard. Mais les relations entre les dirigeants liégeois se sont dégradées et cela a eu un impact sur le sportif. "Quand Daniel Van Buyten est parti en janvier, je savais que le projet serait plus difficile à mener". Il y a eu aussi beaucoup de changement dans l'organigramme cette saison. "Bob Claes, Yannick Ferrera (et ses deux adjoints), Erik Roex (le préparateur physique), et Daniel Van Buyten ont quitté le club. Avec moi, ça fait cinq départs. On a parlé beaucoup de stabilité mais on ne l'a jamais eue cette saison. Cette instabilité se ressent bien sûr dans le vestiaire et dans le jeu. Le flou autour d'un entraîneur n'est jamais bon. Il y a des joueurs qui veulent vous voir partir. D'autres vous soutiennent mais ils sont paralysés par le stress".

Jankovic a aussi évoqué son avenir. "Je veux travailler et être bien. S'il y a un projet, je saute dedans, sinon je n'y vais pas. Je cherche un projet précis avec des gens qui veulent travailler avec moi".

En attendant, il "souhaite au Standard d'avoir de bons résultats la saison prochaine. Le Standard a les qualités pour être en play-offs 1".

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