L'analyse de Thierry Luthers : La méthode Coué à Anderlecht, fin de mercato agitée au Standard ?

L'analyste de Thierry Luthers
L'analyste de Thierry Luthers - © RTBF.be et Belga

"Je n’ai jamais vu cela de ma vie". C’est la déclaration du week-end. Celle de Samir Nasri à propos de l’attitude des supporters anderlechtois, après la défaite de leurs favoris, vendredi soir, à Genk. Et si l’ancien médian de City n’a jamais vu cela, franchement, nous non plus ! Les partisans du Sporting sont d’une patience admirable. Elle confine presqu’à une sorte de résignation. Les " fans " sont encore et toujours éblouis, d’aucuns diront anesthésiés, par la personnalité et le charisme (indéniable) de Vincent Kompany, l’enfant "historique" de la maison mauve. Lequel, en bon joueur-capitaine-manager rompu à la com’moderne, invite ses joueurs, assis sur la pelouse comme des victimes expiatoires, à aller applaudir leurs supporters. Avant d’utiliser efficacement, dans la foulée, les réseaux sociaux pour y faire part de ses états d’âmes. En réalité, du côté de Neerpede, ce n’est plus la méthode Kompany, c’est la méthode Coué : "chaque jour, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux"….

Mais c’est l’arbre qui cache la forêt : avec 2 points sur 15, Anderlecht est évidemment en crise et tous les observateurs se posent la même question : la sauce va-t-elle prendre bientôt avec cet amalgame entre une kyrielle de jeunes, voir très jeunes, joueurs, et des éléments talentueux mais quelque peu vieillissants qui ont fait d’Anderlecht une sorte de "cimetière des éléphants" ces dernières semaines ? Oui, bien sûr, la sauce peut prendre à tout moment. On connaît assez l’histoire du football pour savoir que la roue peut tourner très vite. Anderlecht offre des séquences de jeu intéressantes mais jusqu’à présent inefficaces. Mais pourquoi pas un réveil dès dimanche prochain lors du "clasico" face au vieil ennemi liégeois ?

On le sait, ce sera sans Vincent Kompany (blessé et qui vivra son jubilaire à City sur le banc, triste mais original) mais peut-être avec de nouveaux visages dans le noyau. Du moins si le président Coucke (très discret médiatiquement depuis l’entame de la compétition) décide à nouveau de délier les cordons de la bourse dans la dernière ligne droite de ce "mercato". L’équipe manque de poids offensivement, c’est une évidence, et l’une ou l’autre retouche semble indispensable. Elle doit aussi acquérir plus de constance dans la globalité d’une rencontre où la condition physique collective semble parfois défaillante. Enfin, il faudra gérer le cas Adrien Trebel, totalement inutilisé alors qu’il est le joueur le plus cher de notre championnat en termes de salaire. (On parle de 3 millions par saison !).

ENFIN UNE VICTOIRE POUR PREUD’HOMME ?

On le répète, la patience des supporters bruxellois, est remarquable mais elle ne sera sans doute pas éternelle. On imagine très mal de nouveaux actes de "docilité" et d’applaudissements nourris en cas de revers face au Standard. D’autant que ce dernier a, déjà, trouvé son rythme de croisière avec douze points sur quinze (avec trois matchs à la maison, il est vrai), son meilleur départ depuis six ans dans notre compétition. Après les deux cartes jaunes, stupides de Maxime Lestienne (en forme mais qui n’en est pas à son coup d’essai en matière de simulation dans le rectangle), les Standardmen ont très bien réagi face à l’adversité et dans la difficulté (0-1, à 10 contre 11). Une fois encore, la montée de Mehdi Carcela a été décisive. Le joueur marocain se contentera-t-il en permanence de ce rôle de "joker" ? La fin du "mercato" sera-t-elle agitée à Sclessin où la direction entend dégraisser le noyau vu la masse salariale énorme ? Autant de questions qui devraient trouver réponses dans les jours qui viennent.

En attendant, les Liégeois se rendront au Parc Astrid avec dix points d’avance sur leurs éternels rivaux de la Capitale. Et Michel Preud’homme tentera de vaincre le fameux "signe indien" (expression particulièrement chère aux journalistes sportifs) pour tenter d'y décrocher une première victoire en championnat après de multiples tentatives ratées avec ses clubs précédents, dont le Standard !

LE 5 SUR 5 EUROPEEN ?

Mais d’ici là, on vivra une semaine européenne vraiment décisive. Pour la première fois, dans la formule actuelle des compétitions UEFA, la Belgique pourrait envoyer deux clubs dans les poules de la Champion’s league et trois dans celles de l’Europaleague. Ce serait très important non seulement pour notre coefficient mais aussi pour la représentativité de notre pays sur la scène continentale dans la perspective des réformes annoncées par les instances dirigeantes de l’Europe du foot. Après les verdicts des matchs-allers de ce tour de barrages, le sans-faute est parfaitement envisageable.

Et pour le club brugeois, une troisième participation en quatre ans aux poules très lucratives de la C1, ajoutée à la manne céleste tombée durant ce "mercato" estival avec les transferts sortants, ce serait un véritable "Bingo" ! Le Club se retrouverait alors dans une position financière tellement confortable qu’il pourrait être parti pour dominer notre football dans les dix années à venir. Une sorte de "Bayernisation" à la belge. Mais il faudra d’abord contourne l’obstacle autrichien de Linz, dès ce mercredi, au Jan Breydelstadion.

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