L'analyse de Thierry Luthers : "En France, Mehdi Bayat n'aurait pas été élu président…"

Mehdi Bayat
Mehdi Bayat - © BRUNO FAHY - BELGA

Septembre, synonyme de rentrées. Rentrée des classes, rentrée des "Diables Rouges" et rentrée à la Fédération belge de football. Même si la première réunion du tout nouveau Conseil d’administration a déjà eu lieu le 22 août dernier…

Rentrée de l’équipe nationale, donc. Après la prestation plus que poussive à Saint-Marin, on attend autre chose des "Diables" ce soir à Glasgow, face à une autre opposition, dans un autre contexte et dans une autre ambiance. Mais toujours avec la ferme volonté de poursuivre le sans-faute dans cette campagne qualificative et de signer un 30 sur 30, inédit dans les annales du football belge… mais dans le groupe le plus facile de tous les temps.

Avec, on l’espère, les bons hymnes nationaux exécutés ce soir avant le coup d’envoi à l’Hampden Park. Que les sonorisateurs écossais ne viennent pas nous envoyer une "Marseillaise" de mauvais aloi qui gênerait tout le monde… hormis l’ancien Premier ministre Yves Leterme, bien évidemment. Ce qui s’est passé vendredi au Stade de France avant le France-Albanie relève d’un amateurisme affligeant. Confondre l’Albanie et Andorre, adversaires des " Tricolores " à quatre jours d’intervalle, c’est déjà une fameuse bourde en soi. C’est aussi vexer une équipe représentant tout un peuple et une nation. Mais quand le speaker du stade présente ensuite ses excuses aux supporters … arméniens, alors là on entre dans une autre dimension, celle de la bêtise intersidérale.

Mais ne sombrons pas dans la systématique critique anti-française, même si c’est de bon ton depuis une certaine demi-finale de Coupe du Monde. En février 2009, la " sono " du Stade Roi Baudouin n’avait-elle pas diffusé l’hymne national slovaque alors que la Belgique accueillait la Slovénie ?

DES STATUTS INSTRUCTIFS

Nous avions été donc été, en quelque sorte, précurseurs en la matière. En revanche, il est parfois bien utile de regarder dans l’assiette du voisin hexagonal.

Alors que le premier C.A. de l’Union belge " new-look " se tenait donc, récemment, sous la nouvelle présidence de Mehdi Bayat, qu’apprend-on en lisant les statuts (section 2, article 13) de la FFF, la Fédération Française de Football ?

Les 4 membres du comité exécutif chargés des fonctions exécutives essentielles (président, vice-président délégué, secrétaire général et trésorier général) ne peuvent pas cumuler cette fonction avec celles de membre d’un organe de direction de la ligue professionnelle ou amateur, d’une ligue, d’un district, d’un club professionnel ou d’un club amateur participant à un championnat

A simple titre informatif, Mehdi Bayat est aujourd’hui, à la fois, président de la Fédération, président de la Commission technique de l’Union Belge, membre du conseil d’administration de la Proleague et administrateur-délégué du Sporting de Charleroi ! N’en jetez plus, la coupe est pleine !

On est donc là dans un modèle de gouvernance totalement différent et face à une quadruple casquette qui suscite bien des interrogations. Sans compter qu’elle entraînera immanquablement des conflits d’intérêts, comme ce fut déjà le cas récemment avec le report de la rencontre Charleroi-Bruges entre les deux tours de barrages européens.

Pour le reste, la "Fédé" a tiré un premier bilan général et financier après la procédure disciplinaire interne relative au dossier "match fixing" du "footgate". En d’autres termes la rencontre truquée entre Malines et Waasland-Beveren.

Une enquête qui aura coûté quelque 180.000 euros à l’Union belge en honoraires d'avocats. Mais les administrateurs se sont surtout rendu compte que l’image de la Fédé était sortie passablement écornée de cette affaire. Notamment parce que la CBAS a largement contredit les conclusions de la Commission des litiges et que le club malinois, pourtant pris la main dans le sac, a pu finalement monter en Proleague. Ce qui a largement choqué l’opinion publique. Toutes les faiblesses, toutes les lacunes du poussiéreux règlement de l’Union belge étaient alors apparues au grand jour. Une nouvelle version de ce règlement devrait éclore, à terme. Ou plutôt à moyen terme.

C’est le professeur Frank Hendrickx de la KUL qui est en charge de cette vaste tâche… dont on ne devrait pas voir les résultats avant septembre 2020. En espérant, donc, que le nouveau règlement pourra être d’application pour la prochaine saison. Et en croisant les doigts pour que d’autres affaires de corruption ou de tricheries ne surgissent pas d’ici là. En rappelant que la " vraie " enquête, celle du Parquet fédéral, continue et que d’autres rebondissements ne sont pas à exclure dans les semaines à venir.

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