L'analyse de Thierry Luthers : Des supporters partout mécontents...

Vincent Kompany, Thierry Luthers et Felipe Avenatti
Vincent Kompany, Thierry Luthers et Felipe Avenatti - © Belga Image - RTBF.be

Malgré ma (relativement) longue expérience dans le monde du football, j’aimerais tant, parfois, faire encore preuve d’une candeur un peu naïve. Dans ces moments-là, j’imagine voir des supporters encourager leur équipe favorite lorsque celle-ci est en difficultés. C’et tout le contraire qui s’est produit dimanche soir à Sclessin. Comme dans bien d’autres stades de la planète en pareilles circonstances….

Malmenés par la lanterne rouge brugeoise, les footballeurs liégeois ont été sifflés par leurs fans en seconde période. Et, tout un symbole, c’est la "tête de turc" de ces dernières semaines, Felipe Avenatti (sifflé dès sa montée au jeu), qui a inscrit, sur le fil, le but de la victoire.

Entendons-nous bien : le Standard a été médiocre et étrangement stressé après la pause alors que l’attaquant uruguayen éprouve les pires difficultés à retrouver ses sensations. Mais, dans leurs discours d’après-match, les joueurs (qui venaient de boycotter le traditionnel tour d’honneur) expliquaient que c’est après et non pendant la rencontre que leurs fidèles supporters auraient dû les siffler…. le cas échéant. Pouvait-on vraiment leur donner tort dans leur raisonnement ?

La côte… d’alerte !

A Ostende, ce fut bien plus chahuté encore. Les partisans anderlechtois sont en colère et, là, on peut vraiment les comprendre. Le Sporting filerait-il tout droit vers une deuxième saison loupée ? Mathématiquement, les play-offs 1 restent accessibles mais la cote d’alerte est atteinte malgré les discours rassurants, ou plutôt lénifiants, du revenant Vincent Kompany (à propos, qu’est devenu l’autre ancien "citizen", Samir Nasri ?). Et Marc Coucke a vécu un véritable "black sunday" dans ses anciennes installations. Enfin qui lui appartiennent toujours en partie avec la nouvelle tribune. Nous avions dénoncé, naguère, in "tempore non suspecto", ce surprenant conflit d’intérêt qui, jusqu’à présent, ne dérange absolument personne à la Pro League. On en reparlera sans doute dans quelques mois lors de l’attribution des licences vu les actuelles difficultés financières du club ostendais….

En tous cas, cette "guéguerre" entre les 2 présidents, Frank Dierckens et Coucke, par voie de presse ou de tweets, a eu le don de "booster" les troupes ostendaises. Qui n’avaient plus gagné en championnat depuis le 24 août et qui se donnent ainsi de l’air au classement dans la lutte contre la relégation. Un effet "boomerang" dont la troïka Coucke - Franky Vercauteren - Kompany se serait aisément passé vu le contexte sportif du moment…

Enfin, quand les supporters sont mécontents, ils sifflent ou ils huent… Les dirigeants, eux, licencient leur coach, selon un rite immuable. Alors qu’Yves Vanderhaeghe se retrouve désormais sur la sellette à Courtrai, le dernier coach remercié en date a donc été Felice Mazzu. Depuis que son remplaçant  allemand Hannes Wolf est arrivé, le Racing Genk a partagé à Mouscron avant de s’incliner deux fois à domicile. Lourdement face à Salzbourg en Champions League, mais surtout contre Saint-Trond, le grand ennemi limbourgeois. Parfois, dans la saison d’un club, le problème est davantage conjoncturel que personnel… Et, là aussi, les supporters sont mécontents…

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