L'analyse de Thierry Luthers : Des soucis de Mazzu aux banderoles de Sclessin

L'analyse de Thierry Luthers : Des soucis de Mazzu aux banderoles de Sclessin
L'analyse de Thierry Luthers : Des soucis de Mazzu aux banderoles de Sclessin - © RTBF/Belga

A Genk, Felice Mazzu est sur un siège éjectable. C’est un secret de polichinelle. La défaite contre Gand (première victoire gantoise à l’extérieur cette saison) risque bien d’être celle de trop pour le coach des champions de Belgique. Une neuvième place et six défaites en 14 rencontres : le couperet risque bien de tomber demain lors du conseil d’administration. Mazzu, c’était le choix, francophone, du président Peter Croonen, soucieux de gagner des parts de marché chez les supporters francophones, guère éloignés géographiquement. Un fameux paradoxe dans un stade où résonnent régulièrement de scandaleux et quasi impunis chants communautaires où les Wallons sont comparés à des étrons…

Aujourd’hui on évoque ouvertement le nom de Wouter Vrancken, l’entraîneur de Malines, comme successeur de Mazzu. Il a évolué à Genk et aurait le profil indiqué. Croonen, président du club mais aussi président en fonction de la Ligue Professionnelle aura-t-il l’audace de transférer un coach en activité dans un autre club de la Pro League ? Par les temps qui courent où l’estompement de la norme s’est érigé en habitude, plus rien ne nous étonnerait réellement….

En italien, Felice signifie heureux. Pas du tout certain que ce sentiment de bonheur ait souvent habité l’entraîneur carolo depuis son arrivée dans le Limbourg. Où il a sans doute commis l’erreur de négliger l’apprentissage des langues (le flamand pour les médias, l’anglais pour le vestiaire) pour mieux faire passer son message, lui l’homme connu et apprécié pour sa communication. C’est un sujet qui énerve l’intéressé dès qu’on l’aborde avec lui mais c’est pourtant, hélas, assez vrai…

MALINES DANS LE TOP 6 ?

Quoi qu’il en soit, Wouter Francken est, lui, un homme heureux. Il vient d’infliger avec son équipe la première défaite du Standard à domicile cette saison, toutes compétitions confondues. Ce qui installe confortablement le promu malinois dans le top 6. Tiendra-t-il jusqu’au bout ? Ce serait en tout cas un fameux pied de nez au football belge en termes d’image. Voir Malines se retrouver en lutte pour une place européenne aurait quelque chose de quasi indécent. Lui qui n’aurait jamais dû se retrouver là si le règlement fédéral avait été un peu mieux rédigé. On nous objectera, à juste titre, que la direction a totalement changé et que les principaux acteurs de ce dossier ont déjà été punis réglementairement avant de l’être pénalement. Mais cette situation a quand même quelque chose de gênant. Ajouté aux derniers dérapages de type raciste ou fasciste de l’un ou l’autre abruti parmi le public malinois face à Charleroi, c’en était trop pour les supporters du Standard. Lesquels ont rivalisé d’ingéniosité avec leurs banderoles hier soir dans les travées de Sclessin. Tout n’était pas de la même qualité mais traduisait un malaise de l’opinion publique par rapport aux dysfonctionnements récurrents de la fédération. Notamment au niveau de la sévérité des sanctions pour ces problèmes de racisme et d’injures en tous sens qui n’en finissent plus de "pourrir" le football belge et international….

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