Kompany out, acte 30 : entrée dans le cercle des éternels blessés

Kompany out, acte 30 : entrée dans le cercle des éternels blessés
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Kompany out, acte 30 : entrée dans le cercle des éternels blessés - © Tous droits réservés

Voir Vincent Kompany quitter la pelouse la tête basse, juste après l'entracte contre Mouscron, avait quelque chose de malheureux. Limite désolant. Parce que le Diable rouge n'en est évidemment pas à son coup d'essai. Les blessures, il connaît. Il avoue même qu'au fil des années, il a appris à "comprendre" son corps. Pourtant, parfois, même les organismes les plus chevronnés peuvent connaître des coups d'arrêt inopinés.

Face aux Hurlus, c'est une alerte à la cuisse gauche qui a précipité le changement de Kompany. Une sortie prématurée qui entérine la 30e blessure de la carrière du Belge. En tout, (sans compter sa dernière blessure) Kompany a raté 1088 jours* de compétition tout au long d'une carrière qu'il a débutée en 2003. Faites le calcul, en 16 ans, le "Prince" a raté...trois années complètes de compétition. Roc intraitable sur le terrain, charismatique interlocuteur et businessman dès qu'il ôtait ses crampons, Kompany n'aura au final eu qu'un seul véritable adversaire : lui-même.

Mais malgré cette fragilité handicapante, physiquement et surtout mentalement, Vince' a ardemment défendu les couleurs de Manchester City pendant onze ans. Dès que son corps le laissait tranquille, il (re)devenait indiscutable. Si les coaches mancuniens ont défilé, lui est resté fidèle au poste. Élu meilleur défenseur étranger de l'histoire de la Premier League, Kompany a su surmonter un corps vacillant et su se construire une "vraie" carrière. Mais qui sait ce qui serait advenu si son corps l'avait laissé tranquille. 

Dans l'histoire du football, les "hommes de verre" sont d'ailleurs nombreux. Ils ont réalisé une honorable, voire très belle carrière, mais auraient pu rêver de mieux. Voici quelques noms marquants dans un passé plus ou moins récent.

* Selon les données de Transfermarkt.

Abou Diaby, le prototype du talent gâché 

Considéré comme l'un des plus grands espoirs français, propulsé sur le devant de la scène dès ses fracassants débuts à Auxerre, Abou Diaby a ensuite multiplié les désillusions. Catalyseur d'une carrière gâchée, voire bousillée par ces incessants arrêts au stands, une vilaine blessure encourue en 2006 à l'âge de 18 ans. "Tout part de là. La seule chose que j'aurais pu souhaiter, c'est que ça arrive plus tard dans ma carrière. Si ça m'était arrivé à 28 ans, j'aurais eu le temps de progresser entre 19 et 27 ans "concède-t-il avec le recul.

Au total, Diaby aura connu 43 blessures. 1747 jours, quasiment cinq ans d'absence en...treize ans de carrière. Après un dernier long combat infructueux et une tentative de come-back à Marseille, Diaby tire sa révérence en 2017. Itinéraire d'un prodige dont le corps était probablement jaloux de la carrière qu'on lui promettait.

Gourcuff, un feu de paille nommé Yohann

La carrière de Yohann Gourcuff n'a, elle, rien de rationnel. Affublé de l'indigeste pancarte de "Nouveau Zidane", le Français rebondit à Bordeaux après un éphémère et décevant passage à l'AC Milan. En l'espace de deux saisons, les meilleures de sa carrière, il réalise d'excellentes performances avec les Girondins, les menant au titre de champion de France. Il paraphe ensuite un contrat avec l'Olympique Lyonnais. Malgré de brèves mais irrégulières fulgurances, ce passage chez les Gones symbolisera le début de la fin.

Parce qu'à chaque période dorée succède une ingrate parenthèse de vache maigre où Gourcuff alterne méforme et blessures plus ou moins sérieuses. Certains supporters se mettent même à mettre en doute...la véracité de ses blessures. "Je peux vous garantir qu'elles étaient réelles et douloureuses. Le problème de Yohann, c'est le mental. Il se blesse sans rien faire. Sur son dernier incident qui a provoqué son départ, il a simplement eu un geste anodin. Et il m'a dit : C'est reparti. Il était abattu. C'est vraiment étrange et troublant" estime Olivier Dall'Oglio qui l'a eu sous ses ordres à Rennes, dans les colonnes du Parisien. En tout, Gourcuff a connu 19 blessures dans sa carrière. Il aura manqué 860 jours de compétition. Des chiffres qui tendent à expliquer pourquoi le "nouveau Zidane" s'est inévitablement mué en "ex-future star française".

Ronaldo, maudit genou

13 février 2008. Alors qu'il est monté au jeu trois minutes plus tôt, Ronaldo s'écroule dans la surface  de Livourne. En pleurs, il est évacué sur civière. Le diagnostic est sans appel : c'est son tendon rotulien gauche qui a lâché. C'est la troisième fois que le Brésilien est touché de la sorte. En tout, il manque 881 jours de compétition, dont 522 jours pour une seule blessure en 2000. A chaque fois, il a su revenir à son meilleur niveau. L'énième coup dur de 2008 est celui de trop. Par la suite, la carrière de Ronaldo s'étiole à petit feu, le corps du Brésilien, mis à rude épreuve pendant de longues années, à coup de dribbles déroutants et de percées salvatrices, ne supportant plus le poids des ans.

Malgré ces genoux récalcitrants, El Phenomeno est considéré comme l'un des meilleurs joueurs de tous les temps. Champion du monde (sans jouer) en 1994 à 17 ans à peine. Soulier d'Or du Mondial 2002. Ballon d'Or 1997 et 2002. Auteur de 62 buts en 97 sélections avec le Brésil. Capable de faire chavirer n'importe quelle défense, en évoluant sous les couleurs du PSV, de Barcelone, de l'Inter, du Real voire même du Milan et de Corinthians en fin de carrière. Non, malgré ces blessures, Ronaldo n'était pas un joueur comme les autres. Si seulement ses genoux l'avaient laissé en paix. 

Ces quatre "cas" sont évidemment différents. On ne peut pas comparer la carrière d'un Ronaldo ballon d'Or à celle d'un Abou Diaby, souvent sur la touche à Arsenal. Mais force est de constater que tous ces joueurs, aussi différents soient-ils, ont pris un coup au moral suite à ces incessantes blessures. Tous ont jeté l'éponge à un moment, fatigué par ces coups d'arrêts incessants. Tous, sauf Vincent Kompany qu'on espère évidemment revoir très vite sur le devant de la scène. 

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