Humeur : Pro-League, vite un vaccin ?

Humeur : Pro-League, vite un vaccin ?
Humeur : Pro-League, vite un vaccin ? - © Belga/RTBF

On nous aurait menti ? La Pro-League a foiré grave tous ses protocoles. Le testing de nos clubs ne marche pas. Le tracing a échoué. Les quarantaines sont inefficaces. Les lockdown-parties sont tenues secrètes. Nos footeux ont tous chopé un vilain virus. Mais ce virus-là est celui du trouillomètre, de la montagne russe et du grand n’importe quoi.

Les résultats de ce week-end rappellent combien notre championnat marche sur la tête : notre D1A est devenue un fameux bazar. Une seule victoire à domicile ce week-end. Excepté les succès de Zulte Waregem et du Beerschot (et en attendant Club Bruges-Louvain de ce lundi soir), aucun vainqueur avant… le 13e classé. Et… 9 clubs se tenant en 4 points pour les places 3 et 4 en Play-Offs 1.

Hormis l’ogre brugeois et, de justesse, l’Antwerp, toutes les équipes ont gagné… moins de la moitié des matches ! Et si on jouait à qui perd gagne ? Car oui : malgré les invraisemblables séries négatives des Genk, Antwerp, Anderlecht, Beerschot, OHL, Standard et Charleroi, chacun peut toujours convoiter, en fin de saison régulière, sa part de dessert au festin des mécréants.

Away, pas home

L’avantage du terrain n’en est plus un : de Zulte Waregem à Malines en passant par les deux Bruges, Gand, Charleroi, Courtrai et Waasland-Beveren, quasi la moitié des équipes de l’élite a pris... plus de points loin de son clocher qu’à l’abri de celui-ci ! Seuls Anderlecht, Genk, Ostende, Louvain et Saint-Trond profitent encore d’une meilleure connaissance des trous de taupes de leur pelouse. Et si les huis-clos de la Covid-19 remettaient enfin au centre, et si légitimement, le supporter et sa ferveur portante, si souvent bafoués par des dirigeants mercantiles et leurs nonchalantes divas à crampons ?

Mais, et jusqu’à nouvel ordre, la Covid (qui, certes, plombe les finances des clubs et propage le doute existentiel) ne promeut pas le 4-3-3, ni ne fait de gestion de groupe... Alors, si au lieu de tout taper sur le dos de la vilaine bestiole, prétexte idéal pour cadres en mal d’idées, les clubs passaient devant le miroir ? Ou sur le divan du psy ?

Car outre les cycles faibles de tant d’équipes au plan purement comptable, il y a la manière : hormis Bruges à nouveau, et malgré le bla-bla des coaches façon " je ne regarde pas l’adversaire, je ne bâtis que sur les qualités de mes joueurs ", personne ne développe un football dominant, constant et sûr de lui.

Où est passée la personnalité ?

On fait le constat d’un manque de leadership, de cohésion, d’efficacité ? Les éternelles formules toutes faites sont prêtes à l’emploi : la jeunesse des joueurs, la pseudo-qualité de l’opposition, le fameux " projet " à moyen et long terme. Dans la grande hotte des coaches, joueurs et dirigeants, tous les arguments sont bienvenus pour justifier une contre-performance. Prenons juste les cas d’Anderlecht, du Standard et de Charleroi, les trois fleurons du foot francophone : trois noyaux aux ressources et au talent évidents… mais où le manque de continuité, de rigueur basique, de volonté jusqu’au-boutiste, de grinta et d’esprit " tueur ", bref de personnalité coûte décidément très cher. Maladies de croissance ? Pas que sans doute…

Il est frappant aussi de constater combien l’impact d’un coach ne se perpétue que très peu… au-delà des premières semaines du pseudo-choc psychologique : pas vrai, Van den Brom, Leye, Vanhaezebrouck ou Simao ? Et pendant, ce temps, le tambour-lessive belge continue de tourner à 90°, essorage compris : je vire mon coach, tu vires ton coach, il vire son coach, nous virons tous notre coach

Comment s’étonner dans ce contexte que le seul projet sportif efficace et cohérent est celui, nourri de continuité, du Club Brugeois. Un club dont, rappelons-le, la culture a toujours été alimentée par un système de rémunération fondé sur de grosses primes à la performance plutôt qu’à des gros salaires fixes… générateurs de zones de confort. On en parle depuis longtemps à Anderlecht, c’est un projet dans les cartons du Standard : on attend la suite.

Consolider le G5…

Il est amusant de rappeler que les formats des Play-Offs ont été instaurés pour refinancer le foot belge via la galette télé, muscler sportivement nos représentants en Europe… et surtout consolider le G5 ! Aujourd’hui, notre foot ressemble à un gigantesque shaker sans hiérarchie lisible : tout le monde, à son tour, monte dans le carrousel et veut happer la floche…

Le championnat n’a jamais été aussi disputé. Les audiences TV atteignent des pics : forcément, les stades sont fermés… Le regard des scouts est très affûté : notre compétition est jugée costaude au plan du rythme et de l’impact physique et tactique, avec une vraie place pour les pépites.

Comme toujours, on peut voir le verre à moitié plein : la concurrence s’élargit, la densité s’épaissit. Ou le verre à moitié vide : gare au dangereux nivellement. Car le véritable étalon du progrès, notre indice UEFA, est en chute libre… Et si l’an prochain, la fameuse saison d’après-Covid, nos grands clubs traditionnels reprennent la main et leur place au sommet, redira-t-on que le foot belge est une morne plaine… en regrettant déjà le nivellement actuel ?

Vite un vaccin ! Mais au fait : quel vaccin ?

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