Hamdi Harbaoui : "La prime de champion ? Je dois relire mon contrat…"

Hamdi Harboui se prête au jeu du selfie
Hamdi Harboui se prête au jeu du selfie - © Tous droits réservés

C’est un pur 9 à l’ancienne, meilleur buteur des 3 premières Divisions nationales avec Visé, OHL et Lokeren. Prêté par Anderlecht à Charleroi, il roule en Ferrari, se compare avec Teodorczyk (le doigt d’honneur en moins…) et évoque les "chiens de la casse" carolos. Mais surtout il règle ses comptes avec René Weiler et place Felice Mazzù… à l’AS Roma. Hamdi Harbaoui passe "Sur le Gril".

Quoi qu’il arrive ce jeudi soir, il gagnera au change. Avec même la perspective de toucher la double prime : celle du titre avec Anderlecht, celle de l’Europe avec Charleroi d’ici 2 semaines. "Vous me croirez ou pas, je ne sais même pas si la prime de champion est prévue dans mon contrat à Anderlecht, il faudra que je relise tout ça" rigole Hamdi Harbaoui, contracté à St-Guidon mais en prêt à Charleroi où il palpe forcément le plus gros salaire du club. "Je n’ai pas d’états d’âme, je porte les couleurs de Charleroi et je ne vois que le défi sportif. On a gagné le match aller, j’ai très bien dormi les nuits d’avant et d’après. Je ne m’occupe pas de ce qu’on dit ou dira, je veux gagner jeudi pour offrir l’Europe aux Zèbres… puis dimanche être champion avec les Mauves."

Avec même un arrière-goût de revanche, car ne lui parlez plus de René Weiler. "Si je retourne au parc cet été, il faudra une solide discussion entre nous : je n’ai jamais été un joueur qui fichait le bordel dans le vestiaire, donc je n’ai pas compris ce procès. Si on est clair avec moi, j’accepte les décisions, mais ce ne fut pas le cas. Weiler m’a manqué de respect en m’écartant sans explication, alors que je suis quelqu’un de correct et de professionnel. Je n’ai pas eu de vraie chance, ni de vrai temps de jeu : même la direction ne comprenait pas son choix."

"Weiler est un petit chef"

Sur une voie de garage à Udinese, Harbaoui a eu le tort de mal choisir son moment pour arriver à Anderlecht. "René Weiler a reçu les pleins pouvoirs car seule la conquête du titre importait pour le Sporting : il s’est conduit comme un petit chef… mais ses résultats lui donnent raison. Pourtant, j’aurais pu être utile dans ce jeu axé sur le contre que j’ai pratiqué à Lokeren. J’aurais eu plus de minutes que j’aurais peut-être marqué autant que Lukasz Teodorczyk, j’ai été meilleur buteur avec 22 buts en 30 matches à Lokeren."

D’Anderlecht, il a conservé le salaire… et sa Ferrari. "Je suis venu une fois ou deux à l’entraînement avec, j’ai fait monter quelques équipiers dedans pour qu’ils touchent à leur rêve s’ils continuent à bien bosser" taquine le Tunisien. "J’ai aussi pris quelques PV, j’ai même perdu mon permis pour une petite pointe à 170 km/h sur l’autoroute, alors que n’avais même pas poussé à fond…"

À l’abri financièrement après les 5 millions d’euros récupérés dans son procès gagné contre son ex-club qatari, Harbaoui connaît par cœur les ressorts de la planète foot. "Le foot m’a enseigné des valeurs de travail, de ponctualité et de respect, j’ai appris de nouvelles langues et à accepter la critique et la concurrence. Le foot t’apprend à souffrir pour mieux savourer ce que tu obtiens : quand un entraîneur te dit 'Tu vois ce fruit dans cet arbre, saute pour le cueillir, sinon tu ne joues pas', tu apprends à repousser tes propres limites. Même si derrière, il y a aussi des choses pas claires, des réseaux de copinage, des joueurs et des coaches qui ont le même agent et qui trafiquent des trucs qui te dépassent. On est de la marchandise… et c’est du business."

"Chiens de la casse"

Avant de croiser ce jeudi son ami Sofiane Hanni ("le meilleur joueur que j’ai côtoyé, mais surtout un gars top au plan humain"), Harbaoui s’épanche sur le vestiaire carolo. "Malgré tous mes clubs, c’est la première fois que j’intègre un groupe pareil : des super gars unis qui donnent tout pour les autres et vont à la guerre pour une région dont l’amour des fans est palpable."

Une chaleur qu’il n’hésite pas à qualifier d''unique en Belgique'. "Plus que l’argent, l’humain et le lien sont les secrets du succès : bien payer les gens n’est pas une recette-miracle, cela crée de la pression en plus car vous devez rembourser ce qu’on vous paie. Ici, on bosse, on s’amuse, on délire avec de la musique au vestiaire, ça me change d’Anderlecht… Ici, on est tous des revanchards et on aime souffrir ensemble pour faire mal aux adversaires. On s’est même trouvé un surnom : on est les 'chiens de la casse'."

Totti out, Felice in ?

Avec à leur tête un maître-chien, dont il est tombé sous le charme. "Felice Mazzù est un excellent coach humain avant d’être un super-coach sportif. Ce n’est pas donné à tout le monde de gérer si bien des hommes entre eux. Mais tous ses choix sont acceptés… car ils sont expliqués. Je ne suis pas le premier à le dire, mais il ira très, très haut. Où ? A l’AS Roma vu ses origines (rires). Puis à la Juventus, puisque c’est son club de cœur (re-rires)."

Admirateur de Gabriel Batistuta et de Zlatan Ibrahimovic ("des types comme moi, qui ne courent pas mais ne pensent qu’à marquer…"), le Tunisien reconnaît se sentir plus fort que jamais. "À 32 ans, il faut redoubler d’efforts pour s’entraîner, récupérer et se soigner. Mais mon nouveau rôle à Charleroi m’oblige à fournir beaucoup de courses défensives, je préférerais rester dans le rectangle et ne penser qu’à buter, mais le foot moderne impose ça : regardez Mario Mandzukic, c’est un pur 9 comme moi, mais pour arriver en finale de Champions League avec la Juventus, il a galopé comme un fou pour fermer son flanc gauche. C’est pareil pour moi : j’étais un buteur égoïste, Mazzù a fait de moi un joueur généreux."

Comme un air de déjà-vu. "Chez les jeunes, j’ai un peu joué comme défenseur central. Je profitais de mon gabarit, puis le coach m’a mis devant car je marquais facilement. Aujourd’hui je profite de cette expérience d’arrière dans les duels défensifs, je me suis déjà explosé le nez, l’arcade et le crâne dans les duels aériens, mais grâce à la création de la Commission Review, on subit moins de coup bas. À l’époque, un défenseur comme Kanu (Standard) vous mettait la misère, c’était une bête capable de tout."

Jeudi soir, il croisera ses collègues Kara Mbodj et Uros Spajic : qui gagnera le bras de fer ?

 

"Sur le Gril", un rendez-vous hebdomadaire d’Erik Libois à retrouver sur Vivacité ce mercredi soir à 20h10 et ce jeudi à 18h45. Et le lundi en télé dans La Tribune.

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