Genk sacré champion, les 4 clés du titre

Ce jeudi 16 mai, le Racing Genk a décroché le 4ème titre de son histoire. Le dernier remontait à 2011. Les Genkois ont partagé l'enjeu à Anderlecht (1-1) alors que dans le même temps le FC Bruges s'est incliné 2-0 au Standard. A une journée de la fin des POI, la formation limbourgeoise est donc sacrée.

A l’heure du bilan d’une saison exceptionnelle pour les « Bleu et Blanc », nous retiendrons 4 clés principales dans le succès des Limbourgeois.

Philippe Clément, le stratège

Les footballeurs du royaume ne s’y sont pas trompés. En plébiscitant Philippe Clément comme coach de l’année avec 855 voix (soit 75% des votes) lors du dernier gala du footballeur pro, ils ont mis en avant l’une des clés du succès de Genk cette saison.

Formé à la brugeoise avec Michel Preud’homme, le Belge réussit partout où il est passé. Pour sa première expérience en tant qu’entraîneur principal, il surprend à Waasland-Beveren en menant le club aux portes du Top 6. Genk ne loupe pas l’occasion et le débauche après seulement 6 mois du côté du Freethiel. Les Limbourgeois sont à l’époque neuvièmes. Ils atteindront les Play Offs 1 avant de terminer à la 5ème place finale. Ils se qualifient pour l’Europa League en battant Zulte Waregem. Tout en atteignant la finale de la Coupe de Belgique.

Cette année, pour sa première saison complète à la Luminus Arena, Genk n’a jamais quitté le top 3. Le club est en tête du classement depuis la 10ème journée de la phase classique.

Dans ses succès, le coach fait toujours preuve d’humilité, préférant mettre en avant son groupe plutôt que ses choix tactiques. Si ce titre est avant tout collectif, il est aussi assurément chapeauté de l’empreinte de son T1, qui a pu passer sans encombres les phases plus délicates, comme feuilleton Pozuelo, en trouvant des solutions aux problèmes posés.

Un mercato réussi

Ce n’est une surprise pour personne mais Genk a toujours eu le nez fin lors des mercatos. Et le chic pour valoriser au maximum ses joueurs lors des reventes. Les cas de Bailey, De Bruyne, Ndidi, Courtois, Milenkovic-Savic ou Kabasele ne sont que quelques exemples marquants de joueurs ayant contribué aux succès de Genk et revendus au prix fort.

Depuis quelques années, un homme représente cette réussite : le directeur technique Dimitri de Condé. « Chapeau à Dimitri De Condé d’avoir bâti une équipe comme cela » soulignait Christian Kabasele en avril dans la Tribune. « Parce que chaque année Genk est habitué à perdre ses meilleurs joueurs. Ce n’est pas facile de reconstruire à chaque fois. D’aller chercher des joueurs que personne ne connaît et d’être compétitif comme cela. »

La recette semble simple mais fonctionne à merveille. La clé, c’est l’anticipation des besoins et des départs. Ainsi, lorsqu’un titulaire est en partance, l’arrivée de sa doublure est souvent déjà bouclée. Par exemple, quand Kabasele est parti pour l’Angleterre, le transfert d’Omar Colley était déjà acté.

Cette année, Genk affiche des succès sur les transferts entrants, avec de joueurs déjà incorporés dans la tournante comme Jhon Lucumi, Joseph Paintsil ou Junya Ito. Tout en ayant aussi, par exemple, devancé le départ de Pozuelo en préparant le futur avec Ivan Fiolic, le jeune milieu offensif croate de 21 ans.

Un équilibre parfait

Genk c’est avant tout un noyau uni et solidaire. Une équipe où l’équilibre approche la perfection. Dans leur groupe, les Limbourgeois peuvent compter sur leurs artistes étrangers, dépositaires du jeu, qui trouvent les solutions aux problèmes posés par leurs adversaires. Alejandro Pozuelo (avant son départ en MLS en mars), Sander Berge ou Ruslan Malinovskyi sont à l’impulsion et parfois à la conclusion des actions de l’équipe.

Si le Racing se repose sur ses artistes, il met aussi en évidence des jeunes talents belges. Leandro Trossard et Bryan Henen en sont les exemples les plus frappants. Et cela n’a pas échappé aux yeux du sélectionneur national Roberto Martinez. Le premier cité commence à être inclus dans le groupe des Diables rouges tandis que le second postule dès à présent dans le dispositif élargi de Martinez. Trossard est le capitaine de l’équipe et se montre décisif dans les moments clés.
Toujours du point de vue belge, Nordin Jackers, Manuel Benson ou Casper De Norre semblent déjà prêts à assumer plus de responsabilités l’an prochain. Et derrière, le club assure déjà la suite. Les U15, U16 et U18 sont champions. De quoi voir l’avenir sereinement.
Enfin, Philippe Clément sait qu’il peut se reposer sur des combattants, des joueurs engagés qui font le boulot et assurent les arrières. Sébastien Dewaest, Joakim Maehle, Jere Uronen tiennent la baraque tout en apportant régulièrement leurs qualités offensivement.

L’amalgame est donc idéal, le groupe homogène et l’équilibre exemplaire. C’est cet équilibre qui paradoxalement a permis à Hans Vanaken de recevoir pour la deuxième année consécutive le titre de footballeur pro. En effet, étant donné qu’aucun joueur ne se démarque spécialement du groupe, les votes en faveur des joueurs Limbourgeois ont été étalés. Pas moins de 6 joueurs se trouvent dans le top 20 du prix. Dont 4 joueurs dans le top 5 (Malinovskyi , Pozuelo, Trossard et Samatta). Sander Berge a pris la 9ème place, Maehle la 16ème.

Samatta, le chasseur de buts

Peu de clubs, dans l’histoire de la D1 belge, ont été sacrés sans avoir un artilleur à la pointe de leur attaque. Cette année ne déroge pas à la règle avec l’explosion de Mbwana Samatta. Le Tanzanien, récemment lauréat du Soulier d’Ebène, a empilé les buts sous la vareuse limbourgeoise.

De nouveau, Philippe Clément a sa part de responsabilité dans l’éclosion du buteur. C’est lui, contre l’avis de la direction qui préférait Karelis (33 buts en 75 rencontres avec Genk), qui a donné sa confiance à Samatta. Le pari était osé, le Tanzanien n’avait marqué que 7 buts en 2017-2018, mais le choix s’est avéré gagnant. « La différence par rapport à la saison dernière, c’est la confiance » expliquait Clément au Nieuwsblad il y a deux semaines. « J’ai dû convaincre Genk de conserver Samatta et non Karelis. Je savais ce que je voyais à l’entraînement. Ally avait des qualités qui correspondaient à notre façon de jouer. La saison passée, il a douté. Il a dû apprendre à ne pas se focaliser sur le but, mais sur son travail sur le terrain. Maintenant, c’est un attaquant en confiance. »

Samatta s’inscrit maintenant dans la lignée des grands buteurs de l’équipe limbourgeoise, comme Strupar, Oulare, Dagano ou Sonck. Il est d’ailleurs toujours en course pour décrocher le titre de meilleur buteur du championnat. Un honneur que Genk a décroché trois fois dans le passé avec Sonck (2002 et 2003) et Strupar (1998).

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