Genk ou la revanche de l’Homme sur le Football

Genk ou la revanche de l’Homme sur le Football
Genk ou la revanche de l’Homme sur le Football - © YORICK JANSENS - BELGA

Au lendemain du titre de Genk, tout le monde semble être content de ce dénouement. Hier soir, les supporters d’Anderlecht ont applaudi les buts du Standard et il y a longtemps qu’on avait plus vu une fête pareille au Stade Constant Vanden Stock. Même les Brugeois ont salué ce titre. Même Nietzsche aurait aimé Genk …

Cette saison restera aussi celle du Footgate, du VAR, des fumis, des caisses noires. Ironie du sort, elle est remportée par l’équipe la plus « humaine » de la compétition. Les Limbourgeois soufflent comme un vent de fraîcheur sur le football belge.

A Genk, vous pouvez tout suivre de la fête sur les réseaux sociaux. Rien n’est caché, tout est transparent. Lorsque vous envoyez un sms à un joueur, il vous répond. Quand vous écrivez au Président Peter Croonen, il vous répond aussi. Vos demandes font toujours l’objet d’un suivi, d’une attention. Certains supporters parfois se sont fait remarqués par des comportements douteux mais lorsque, lors d’un repas de Presse en déplacement européen, les dirigeants prennent la parole en français car il y a deux malheureux journalistes francophones, c’est aussi parlant.

Avec ce trophée, on en oublie presque le départ d'Alejandro Pozuelo, les moments de doute de Leandro Trossard, Joseph Aidoo ou Dany Vukovic, la blessure de Sander Berge, Ivan Fiolic qui tarde à confirmer, l’humiliation face à Prague … La saison des Limbourgeois ne fut pas un long fleuve tranquille. Mais face aux embûches, le club a toujours réagi sereinement, posément et avec patience. Un garçon comme Sébastien Dewaest peut en témoigner. Lui qui depuis son arrivée de Charleroi a galéré. Blessures, poids de méforme, … puis travail, travail et patience pour devenir un des hommes du titre et un des meilleurs défenseurs du championnat.

Philippe Clément incarne à lui seul toutes ces valeurs. Lorsque les choses étaient compliquées, il n’a pas fait la révolution, il n’a pas calculé, il est resté fidèle à l’image de marque du club. Idem pour le directeur technique, Dimitri De Condé.

Car Genk possède une véritable identité, un ADN fort. C’est l’élément qui a fait la différence. Le Racing est un club familial devenu très pro ou un club pro qui garde sa fibre familiale.

Le club fêtera ce titre dignement dans son stade dimanche prochain. Dès lundi commenceront les grandes manœuvres. L’effectif sera fortement modifié. Beaucoup de départs mais les dirigeants ont déjà anticipé sur tout cela. Des jeunes sortiront encore, des trouvailles étonneront encore. Comme ce fut le cas en 2011 après le dernier titre du club. Les Limbourgeois n’auront peut-être pas l’équipe qu’il faudra, la saison prochaine, pour être à nouveau candidat au titre, mais Genk, c’est un Phénix, il renaît toujours de ses cendres, pas de celles des autres. L’ADN fonctionne là-bas comme un cycle de l’Histoire qui fera revenir les Limbourgeois au sommet, un moment donné.

Dans son livre « Humain, trop humain », Nietzsche (peu cité en sport) explique qu’il s’est débarrassé de l’idéalisme, que là ou l’on voit des choses idéales, lui il y voit des choses humaines. Nietzsche aurait sans doute été supporter de Genk …

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