Footgate : retour sur un an d'enquête

Footgate : retour sur un an d'enquête
Footgate : retour sur un an d'enquête - © KRISTOF LENAERTS - BELGA

10 octobre 2018. Un jour noir dans l’histoire du football belge. Plus de 180 policiers mènent 44 perquisitions dans tous les pays. C’est un véritable séisme qui touche tous les acteurs du football belge.

Des clubs, des agents, des entraîneurs et même des arbitres sont ciblés par le parquet d’Hasselt. 

A l’origine du scandale : une enquête fédérale qui a mis au jour des transactions financières suspectes en D1A. Tout part de flux d’argent douteux dans une agence bancaire de Genk. Des commissions occultes y auraient transité selon le parquet.

19 personnes sont inculpées. Parmi elles : les agents de joueurs, Mogi Bayat et Dejan Veljkovic. L’arbitre, Bart Vertenten mais aussi deux dirigeants du club de Malines.

L’affaire - le footgate - comprend deux volets : Le premier concerne Veljkovic et Bayat. Deux agents accusés de fraude et de blanchiment.

Et le second volet concerne deux matches suspects du dernier championnat : Antwerp – Eupen et Malines – Waasland Beveren. L’enquête dévoile que Dejan Veljkovic aurait, avec la complicité des clubs, tenter de truquer ces matches pour aider Malines à se maintenir en D1A.

Veljkovic est le personnage central de l’affaire. Le 20 novembre dernier, coup de théâtre, le Serbe décide de collaborer avec la justice contre une remise de peine. Il est libéré sous conditions et devient le premier repenti de l’histoire de la justice belge. Mogi Bayat aussi sort de prison après 48 jours de détention.

En juillet, nouveau rebondissement. Dans le volet des matches truqués, Malines pourtant condamné à rester en D1B est finalement autorisé à jouer en D1A. Une situation qui ne serait plus possible aujourd’hui avec le nouveau règlement mis en place par la Pro League.

"Le règlement sur le match fixing tel que nous l’avons aurait impliqué une rétrogradation de Malines et aurait dit clairement que le club approché (Waasland-Beveren en l’occurrence) ne l’aurait pas été, s’il a refusé toute complicité", affirme Pierre François, CEO de la Pro League.

En septembre, nouvelle vague de perquisitions. Christophe Henrotay, l’agent de plusieurs Diables rouges est arrêté à Monaco. Herman Van Holsbeeck, l’ancien manager d’Anderlecht est aussi inculpé. Les deux hommes sont aujourd’hui libérés sous conditions. Libéré comme Veljkovic qui a l’intention de reprendre du service même si l’Union belge lui a interdit d’exercer comme agent pendant 10 ans.

"Mon client souhaite revenir dans le parcours. Il a l'intention dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, de reprendre ses activités d'agent de  joueurs dans le football. Il a déjà pris des contacts. Il y a quelques mois. Pas seulement en Belgique mais a l'étranger", explique Kris Luyckx, son avocat, à la VRT. "Par rapport à cette décision, nous allons lancé une procédure au tribunal civil à Bruxelles. Elle sera introduite dans les prochains jours. Nous contestons le fait que Monsieur  Dejan Velkovic en tant qu'agent ait eu des liens avec l'Union belge. Il ne peut donc pas être sanctionné à nos yeux par l'Union belge."

Un an après l’éclatement du scandale, La Pro League s’attend d’ailleurs à d’autres révélations … Les déclarations de Veljkovic risquent de secouer encore le football belge à l’avenir.

Quand on est préparé à un tsunami, on évacue à temps les touristes des plages. On s’attend à de nouvelles révélations. C’est annoncé, je ne sais pas quelle en sera l’ampleur. Je trouve que ça traîne un peu. Nous sommes prêts. Nous considérons qu’il va sans doute encore y avoir des dégâts mais ce n’est qu’une suite de ce qui est né il y a un an. Je crois que l’essentiel est derrière nous", estime Pierre François.

(Un an plus tard,) le footballgate n’a sans doute pas livré tous ses secrets…

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