Felice Mazzù : "La fin du mercato ? J'en rêve chaque nuit…"

Felice Mazzù face à son test de vérité....
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Felice Mazzù face à son test de vérité.... - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Une saison n’est pas l’autre : après les mois euphoriques sous Philippe Clement, le Racing Genk version Felice Mazzù a raté son départ. Là où les Limbourgeois avaient bouclé le premier tour 2018 sans la moindre défaite, le bilan après 3 journées de compétition est moins glorieux : deux défaites de suite à Malines et contre Zulte Waregem et un bilan de 3 points sur 9 malgré un calendrier favorable. Et encore : la victoire inaugurale face à Courtrai s’était fait longtemps désirer.

Trois points en trois matches, c’est évidemment trop peu " constate Felice Mazzù, qui sent peut-être déjà le vent de la critique dans le camp de ceux qui s’étaient montrés réservés à sa signature dans le Limbourg. " Ce club sort d’une saison extraordinaire, mais il faut rebâtir car des joueurs importants sont partis : l’équipe est pétrie de qualités mais elle est jeune, et il faudra peut-être plus de temps que prévu pour que la mayonnaise prenne. Il faut enlever le doute et le poids du titre, car cela se voit que certains sont paralysés par le stress et la peur de mal faire. On a perdu des joueurs importants au cœur du jeu, donc il faut retravailler les principes de conservation du ballon et le passing vers l’avant. Mais j’en suis sla qualité finira par émerger. "

Le capitaine Sébastien Dewaest avait dit très tôt qu’il resterait au club en cas de titre. Mais il est clair que le Racing souffre du départ de son trio magique Pozuelo-Malinovsky-Trossard.

On savait que cette saison serait plus difficile " explique le solide défenseur central : " Il y a la pression et les attentes du monde extérieur, le regard a changé sur nous, des joueurs importants sont partis et le staff a complètement changé. Mais le système de jeu de Mazzù n’est pas très différent de celui de Clément : ce sont les mêmes lignes de courses et les mêmes directives en matière de pressing. Nous devons intégrer les automatismes avec les nouveaux joueurs, dont les uns ont besoin de plus de temps d’adaptation que d’autres. On a parlé ces derniers jours au vestiaire : chacun doit se regarder dans la glace, personne ne tire sur le voisin, il faut travailler et encore travailler. "

Une première inquiétante, ce samedi face à Zulte Waregem : le fidèle public limbourgeois a même sifflé sa chère équipe... L’équipe manque de patrons capables de secouer l’équipe et de sonner la révolte pour compenser la qualité défaillante.

 " Au vestiaire, on n’en parle pas mais je sais par expérience que cette période de mercato est toujours délicate à gérer " témoigne Dewaest. " Ce sera mieux pour tout le monde quand ce sera fini. Mais je ne suis pas inquiet pour la suite : en qualités individuelles, j’ose même dire qu’on est plus fort que l’an passé ! Il faut juste que le collectif prenne. L’équipe est très jeune : je ne connais pas les plans de la direction, mais engager encore un ou deux joueurs d’expérience serait peut-être judicieux… "

Car de toute évidence, certains joueurs en instance de départ jouent à côté de leurs pompes : particulièrement Sander Berge et Joakim Maehle qui semblent avoir perdu leur football. Ali Samatta tire encore son épingle du jeu mais lui aussi rêve d’un transfert lucratif. Leur leitmotiv en boucle : pourquoi Pozuelo, Malinovsky et Trossard ont-ils reçu leur bon de sortie… et pas moi ?

Je ne peux pas entrer dans la tête de ces joueurs, mais ce n’est pas simple pour eux de garder les idées claires " poursuit Felice Mazzù. " Je respecte le souhait de chacun de s’améliorer car je viens de débarquer dans ce club, je n’ai donc pas à mettre mon veto. Même si, bien sûr, j’espère qu’ils resteront. Et oui, je rêve chaque nuit d’être début septembre, à la fin du mercato… "

Pour sa première expérience dans un club du G5, Felice Mazzù sent aussi l’ombre écrasante de Philippe Clément qui a touché le nirvana avec le Racing, avant de passer la surmultipliée du côté de Bruges. Venu de son " petit " Charleroi, l’ex-coach des Zèbres doit composer avec certains doutes exprimés très tôt par certains analystes. Peut-il briser sa réputation d’entraîneur défensif ? Et ses facultés de motivation et de communication, si importantes pour transmettre ses trouvailles tactiques, ne sont-elles pas handicapées par le changement de langue dans son nouveau club ?

J’ai déjà répondu 500 fois à cette question " s’irrite le coach genkois. " J’en ai marre qu’on y revienne après chaque match. Je ne veux plus répondre à cette question. Posez-la à tous les étages du club si vous voulez, aux joueurs et aux dirigeants. Moi, je peux vous dire que je communique en Anglais avec le vestiaire, et que cela ne pose aucun problème. Et si vous ne me croyez pas, posez la question à mes joueurs ! "

À tout le moins, Felice connaît déjà son premier test de vérité. Et il n’est pas tout repos.

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