Faut-il arrêter un match pour des jets de fumigènes ? Les avis divergent

Thomas Chatelle et Alex Teklak
Thomas Chatelle et Alex Teklak - © Tous droits réservés

La colère gronde dans le clan des Mauves. Après un avertissement, des fumigènes ont atterri à deux reprises sur la pelouse de Sclessin. L’arbitre Erik Lambrechts met donc prématurément un terme au Clasico, signifiant ainsi une victoire par forfait pour le Standard. Adoptée par la Pro League, la nouvelle règle entourant les interruptions de matches est claire et date d’il y a peu. Depuis les incidents survenus lors du match Charleroi-Standard en décembre 2016, le règlement a durci. Après un avertissement et deux interruptions issus d’incidents d’un même clan, il stipule un arrêt définitif de la rencontre. Lambrechts l’a donc appliqué à la lettre vendredi soir, une première depuis son instauration il y a plus de deux ans. Alors, faut-il arrêter définitivement un match pour des jets de fumigènes ? Nos consultants, Alex Teklak et Thomas Chatelle, ont des avis divergents sur la question et sont revenus à froid sur cette règle qui n’a pas fini d'agiter les débats.

"Je suis complètement contre", insiste Alex Teklak. "Même si ça partait d’une bonne intention, ça ne résout pas le problème, au contraire. Ça laisse la possibilité aux supporters d’arrêter un match en utilisant le règlement en leur faveur", explique-t-il. "Imaginez que les supporters mécontents agissent de la sorte à chaque crise, on ne va plus finir beaucoup de matches", déplore Teklak. A titre de comparaison, l’ancien joueur mouscronnois prend l’exemple des derbys internationaux les plus chauds. "Regardez les derbys en Turquie. Les matches entre Besiktas et Fenerbahce, on va au bout, tant bien que mal, mais on va au bout", argumente-t-il. "Avoir ce règlement ça nous affaiblit", conclut le consultant.

Thomas Chatelle, ancien Mauve, a un avis tout autre sur la question. "Je suis pour. A un certain stade, l’intégrité des joueurs est mise en danger. Je trouve même que hier l’arbitre a bien exécuté le règlement", renchérit-il. Pour l’ancien joueur d’Anderlecht le règlement est ce qu’il est. "Les choses étaient très claires depuis l’instauration de la règle, Chacun est prévenu, après il faut assumer", pointe Chatelle.

La frustration mauve

Chatelle est attristé du comportement des supporters mauves ce vendredi soir. "On peut comprendre la déception et la frustration, mais on ne peut pas accepter de gestes pareils", insiste-t-il. Par ailleurs, Chatelle évoque un mal-être bien plus profond qu’il n’y parait. "La frustration par rapport à la politique du club ne date pas d’hier, et pas seulement depuis la mise en place de la nouvelle direction. Il y a des mauvaises décisions et une mauvaise gestion qui ne fonctionne plus depuis des années, pas forcément depuis que Marc Coucke est arrivé", estime Chatelle, avant d’ajouter : "Pourtant il s’agissait d’une des premières missions de Coucke, reconquérir le public, un peu à la manière dont Bart Verhaeghe s’y est pris à Bruges." Force est de constater que le propriétaire du Sporting a encore du pain sur la planche.

Alex Teklak n’était pas surpris des agissements des supporters d’Anderlecht. "Je les comprends, je sentais que ça allait arriver. Je vais être honnête, je suis étonné que cela se soit produit si tard", dit Teklak. " La direction d’Anderlecht aurait dû s’en douter, on avait eu vent du mécontentement des groupes de supporters, c’était probablement un acte prémédité", avance le Carolo.

Si la nouvelle règle d’interruption des matches continue d’animer les débats, une chose est sûre : le Sporting subira une défaite par forfait et écopera de 50.000 euros d’amende de la Pro League pour les infractions commises par ses supporters. Un coup dur, un de plus pour le RSCA vivant une de ses saisons les plus chaotiques. 

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