"Et pourquoi pas des agents salariés par les clubs ?"

"Et pourquoi pas des agents salariés par les clubs ?"
"Et pourquoi pas des agents salariés par les clubs ?" - © JASPER JACOBS - BELGA

La Pro League a dévoilé hier son plan d’action pour limiter la toute-puissance des agents. 3 niveaux d’actions (un code interne aux 24 clubs pro, l’inclusion du code dans la réglementation des licences et une législation en bonne et due forme), ainsi que la désignation d’un comité d’experts indépendants présidé par Melchior Whatelet.

Comment ces mesures sont-elles accueillies dans le milieu des agents ? Stéphane Di Maria, agent de clubs actif dans la région liégeoise, donne son point de vue.

"Il était important de prévoir un cadre pour mieux contrôler les opérations des agents via les clubs. Il est utile de définir un cadre de contrôle de la profession."

Parmi les règles qui pourraient être adoptées lors du prochain conseil d’administration de la Pro League, on devrait retrouver la fixation précise des pourcentages et des tarifs pour interventions d’agents, la limitation du nombre de joueurs par agent par club, ou encore le passage par la Fédération de tous les transferts et commissions, pour garantir une transparence maximale.

Pour Stéphane Di Maria, on ne démarre toutefois pas de zéro : "Une série de règles existent déjà. Je pense que la transparence des transferts entrants et sortants sont déjà répertoriés au niveau de la Fédération. C’est déjà une bonne chose. Je pense que ce qu’il faudrait, c’est apporter plus d’objectivité et d’éthique. Je pense qu’il y a des choses qui se passent dans certains clubs, qui influencent la réalisation ou la non-réalisation d’un transfert. On doit balayer le copinage, les arrangements entre amis. Quand un entraîneur a le même agent que certains de ses joueurs, il y a un conflit d’intérêts. Si l’agent propose l’un de ses joueurs à l’entraîneur dont il gère déjà les intérêts, il y a un problème d’objectivité. Je pense qu’un club devrait avoir un droit de véto sur la venue de joueurs placés par l’agent de l’entraîneur..."

Autre possibilité aussi : faire des agents de véritables employés de clubs, qui agiraient conjointement avec la cellule de scouting. Les uns pour la détection des talents, les autres pour la réalisation des opérations : "Je pense que cela pourrait faire partie des propositions émises. On éviterait ainsi beaucoup de dérives. Un agent pourrait très bien être sous le pay-roll d'un club. Peut-être pas un agent seul. Mais on devrait pouvoir le permettre. Bien sûr, cela restreindrait son champ d’action, mais si on veut établir des règles claires par rapport à une profession (certains statuts, en politique par exemple, empêchent le cumul de certaines fonctions), il faut pouvoir l’imaginer. Il pourrait y avoir un choix pour l’agent. Soit garder un statut d’indépendant, soit décider d’être lié à un club et percevoir un salaire."

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