Pas encore d'accord sur les droits TV de la Pro League, Gand veut jouer cavalier seul

Droits télévisés
Droits télévisés - © JOHN THYS - BELGA

Le casse-tête autour des droits du football belge se poursuit. Alors que depuis quelques jours Eleven Sports semblait tenir la corde et s'ériger en grandissime favori pour l'obtention des droits, un dernier rebondissement pourrait faire capoter l'affaire. 

La Gantoise, le club du président Ivan de Witte, pas convaincu par l’offre d’Eleven, ne souhaite en effet pas s’inscrire dans la logique et dans l’accord collectif signé par plus des deux tiers des membres de la Pro League. Les Buffalos ne s’en sont pas caché, ils ont très rapidement fait savoir que pour une offre exclusive, Eleven devrait proposer plus que les 103 millions actuels, afin de créer un écart plus important avec l’offre des actuels détenteurs de droits.

“Ce n’est un secret pour personne, la Gantoise est très proche de Telenet, qui dans la configuration actuelle serait évincé de l’offre classique. Depuis que c’est acté, Telenet tente par tous les moyens de rester dans la course en multipliant les contacts avec les représentants des clubs impliqués, abattant ainsi ses dernières cartes pour tenter de sauver la mise” explique Michel Lecomte, rédacteur en chef des Sports à la RTBF.

Résultat, cette ultime réticence de Gand, qui souhaite vendre désormais ses droits individuellement, écorne évidemment le futur accord d’exclusivité d’Eleven et pourrait même provoquer une remise en question de son engagement. On voit en effet mal comment Eleven pourrait retransmettre les matches de Pro League sans pouvoir compter sur les matches de Gand. Imaginez un Gand-Anderlecht en match décisif pendant les play-offs. Match qu’Eleven ne pourrait de facto...pas retransmettre, sauf à trouver un accord avec Telenet, auquel Gand plus que probablement aura revendu ses droits individuels.

Bref, est-on dans une nouvelle impasse dans ce dossier ? Eleven devra avoir les nerfs solides dans la mesure où leur offre a été considérée, par la majorité des clubs, comme la plus qualitative et quantitative (103 millions d’euros). La majorité des clubs, certes, sauf Gand. Une nouvelle partie de poker semble donc avoir commencé.

Jeu de chat et de la souris dans lequel s’est d’ailleurs engouffré l’Antwerp, mais avec d’autres préoccupations : le club de Lucien d’Onofrio n’est en effet pas convaincu par la clé de répartition entre le G5 et le K11. Du côté de la Pro League, on a même envisagé d’exclure les deux clubs de l’assemblée mais cette éventualité n’est pas prévue dans les statuts…

Pierre Francois, le directeur général de la Pro League, se dit lui “fatigué” et va dans va dans un premier temps essayer de convaincre les deux clubs récalcitrants de s’inscrire dans la logique collective. Ce sera sa priorité, après quoi il rencontrera Eleven et évaluera la situation et son envie d’entamer un partenariat, éventuellement sans Gand et l’Antwerp. 

Chez  Eleven, où on passe par tous les sentiments, on a choisi d'attendre en restant malgré tout, optimiste, confiant dans le fait que la direction et les membres influents de la Pro League vont tout tenter pour ramener au bercail les brebis égarées. Derrière cela, c’est, en effet, toute la crédibilité de la Pro League qui est mise en cause. 

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