Edito : Anderlecht, du Kompany Light au Kompany Max…

 La seule et vraie vérité s’écrit dans les grands rendez-vous. " " Les grands clubs ne meurent jamais. " Le grand Dictionnaire du Cliché sportif en regorge, d’axiomes de ce genre. Il n’en reste pas moins que, Process ou pas, jeunesse ou pas, Anderlecht a bombé le torse, et surtout redressé sa courbe du rendement, quand approchait le money-time. Ce n’est évidemment pas un hasard. Et voilà le Sporting avec un pied, quatre orteils et un demi-ongle en Play-Offs 1, un objectif encore très illusoire voici quelques semaines.

Le vrai talent finit toujours par émerger " : autre cliché du grand Dico que Vincent Kompany martèle depuis le début. Mais la réussite se force aussi au gré des événements… et provoquer le rendement est un talent en soi. Anderlecht a la culture de la gagne inscrite dans son ADN, et dès ses équipes de jeunes. Sauf que porté par leur facilité technique et la culture du beau jeu, les pousses mauves se font régulièrement torcher quand elles se frottent au vrai foot d’adultes, ces vilains pervers cyniques et retors.

Fini le shaker

C’est aussi cela que Vincent Kompany a intégré en s’appliquant à lui-même une sorte de Process personnel : moins de romantisme, plus d’efficacité. Adepte têtu du grand tambour-lessive hebdomadaire en matière de compo d’équipe, Vince The Prince a élevé sa moyenne de points depuis qu’il laissé son shaker en cuisine. Et surtout opté pour une équipe-type, bâtie sur une défense stable et le rappel, de l’arrière-arrière-arrière-ban, d’Adrien Trebel, un pestiféré au contrat-béton devenu talisman-maison – puisqu’avec son rouquin, le Sporting ne perd jamais. Ajoutez l’envol (enfin…) de Sambi Lokonga, les éternels pions du puncheur Nmecha, la révélation de l’ovni Ait El Hadj et le retour en forme de Verschaeren, vous obtenez une chasse Saint-Guidon enfin équilibrée.

Reste les principaux ingrédients : l’efficacité et la mentalité. Et c’est précisément au combat et au scalpel, bien plus qu’à l’arabesque, que le Sporting a bâti ce fameux 15 sur 18 raflés, en phase classique, face futurs rivaux de Play-Offs 1.

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Anderlecht : du Kompany Light au Kompany Max… © BRUNO FAHY - BELGA

À vous le cuir…

La victoire de ce dimanche contre Bruges ? Anderlecht s’est fait manger les trois quarts du match… avant de se révolter et frapper sur deux coups de rein. Le succès d’il y a huit jours au Bosuil ? L’Antwerp n’est jamais sorti de son rectangle, à peine de son vestiaire – merci Frankie. Le succès de l’aller face à l’Antwerp version Leko ? Les Mauves avaient cédé 72% de possession de balle aux Anversois ! Le 6 sur 6 face à Genk ? Avec les équipes de van den Brom, c’est toujours tout... ou rien. Au final, les seuls trois points cédés, cette saison face à un membre du Club des Quatre, le furent (et de quelle manière…) lors de l’aller au Breydel, où on crut assister à un match entre un team d’adulte et une classe de maternelle…

En gros, c’est comme si Kompany produisait du résultat… depuis qu’il faisait moins du Kompany. En sucrant son moteur des barres énergétiques adéquates, en balançant les fioritures au caniveau, le Kompany Light serait devenu du Kompany Max. À charge maintenant aux perles mauves de prouver qu’elles ont retenu les justes leçons de leur maturation XXL. Dans les vrais grands matches. Mais aussi dans les petits.

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