Des arbitres semi-professionnels : Qu'en pensent les principaux intéressés ?

Sébastien Delferière
Sébastien Delferière - © YORICK JANSENS - BELGA

Nos entraîneurs frustrés ne pourront plus traiter les arbitres d’amateurs. La Pro League vient de présenter son plan pour faire des arbitres des semi-professionnels. Mais qu’en pensent les arbitres eux-mêmes ? Erik Libois a fait son tour de table.

Le voici donc ce fameux plan si longtemps annoncé, jamais concrétisé. Les arbitres se voient proposé un contrat de deux ans à grosso modo 2.500 euros bruts par mois, mais le montant n’est pas officiel. Bref, avec les primes de 1800 euros par match sifflé, il y a moyen de se faire un mois sympa.

"Ce n’est pas le fait de nous payer plus qui va nous faire faire moins d’erreurs", explique Alexandre Boucaut. "C’est pour l’investissement qu’on va consacrer en temps pour l’arbitrage qu’il y a une compensation financière."

Et pourtant cet arbitre-ci n’est pas intéressé : en journée, Nicolas Laforge travaille comme ingénieur au sein d'un grand groupe pétrolier. "Je travaille dans la chimie et la chimie évolue énormément chaque année. Passer à 70 % dans mon travail, c’est aussi mettre mon travail sur le côté. Il faut aussi que l’employeur soit d’accord. Il sera aussi beaucoup moins ouvert à l’idée de vous donner des jours de congé en plus. En revanche, c’est une bonne formule pour les personnes qui ont un horaire plus administratif."

L’horaire proposé par la Pro League est un horaire tiers temps : présence obligatoire 1 jour et demi par semaine, le mardi et le jeudi, pour des entraînements. Ainsi, les arbitres ne doivent pas abandonner leur boulot. Car tout peut arriver. L’an passé, Alexandre Boucaut s’est blessé, il a perdu beaucoup d’argent.

"Maintenant sont en effet prévus un revenu fixe et une assurance en cas de blessure", dit Boucaut. "Suite à ma malheureuse expérience, j’ai contacté plusieurs compagnies et nous avons négocié une couverture qui nous permet d’être protégés en cas de blessure et de tout de même percevoir une indemnité de remplacement."

Ce statut semble bien accueilli chez les arbitres, même s’il doit encore être amendé. Les arbitres ont jusqu’au 14 avril pour postuler, les 8 élus seront désignés 5 jours plus tard. Notre meilleur arbitre Sébastien Delferière a postulé comme la plupart de ses collègues, le temps dégagé sera surtout pour la partie technique.

"Déjà pour analyser les différentes équipes plus en profondeur", explique le Brainois. "Voir si une équipe joue avec un bloc haut ou un bloc bas. Avec un bloc qui défend bas, il y a plus de duels à proximité du rectangle. Voir si elles jouent le marquage individuel ou en zone, quels sont les joueurs susceptibles de commettre des erreurs ou des fautes. Il faut aussi prendre le temps de se reposer : voyez tous ces arbitres qui, lors des journées de match, doivent travailler jusque 17 h puis sauter dans leur voiture pour aller au match…"

Avec en fond d’écran l’espoir de remonter notre arbitrage, et de retrouver un successeur à Frank De Bleeckere au Mondial et à l’Euro.

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