Coronavirus : "Le prix des joueurs de Pro-Ligue va chuter !"

Jonathan David va-t-il partir à prix cassé ?
Jonathan David va-t-il partir à prix cassé ? - © JASPER JACOBS - BELGA

Avec la crise du Covid-19, le marché du foot va-t-il s’effondrer ? Le menace est réelle et mobilise l’inquiétude de tous les dirigeants de clubs. C’est aussi la raison pour laquelle, chez nous, la Pro-Ligue tente de retarder le plus longtemps possible la décision éventuelle d'annuler les Play-Offs.

Je sens comme un début de panique chez les clubs " reconnaît Stijn Francis, un agent belge qui représente les intérêts de Dries Mertens, Toby Alderweireld ou encore Albert Sambi Lokonga. " Il est clair que beaucoup de clubs se demandent comment ils vont boucler leurs budgets. "

Car qui dit pas de match, dit pas de recette… et donc pas de cash pour payer les joueurs : pour les clubs, c’est l’engrenage infernal.

Je viens de parler avec un club anglais qui prévoit une perte sèche de 80 millions de Livres si aucun match n’est plus joué cette saison " poursuit Stijn Francis. " Les clubs réunissent 80% de leurs budgets rien qu’avec les droits TV. Donc s’il n’y a plus de matches, l’équation devient très simple : il y aura moins de budgets cet été pour les transferts. "

A l’étranger le championnat belge est devenu très prisé, sorte de tremplin pour futures stars. Sauf que sa principale vitrine, ce sont les Play-Offs 1… qui sont très menacés cette saison.

Les clubs anglais, espagnols et italiens qui suivent le championnat belge, se focalisent sur les Play-Offs. Car c’est dans ces matches de haut niveau que ces clubs jugent si les joueurs confirment leur potentiel. S’il n’y a plus de Play-Offs, les clubs devront se décider sur base de vidéos ou de matches de phase régulière, ce qui est moins fiable, et ils seront moins enclins à débourser de gros prix. L’autre aspect, c’est que si les clubs diminuent les salaires de leurs joueurs suite à la crise, ils devront accepter de demander des prix de transferts moins élevés. Les tarifs vont être impactés, et les joueurs qui quittent la Pro-Ligue seront vendus moins chers cette saison que les années précédentes. "

Comme à la Bourse, nos clubs craignent donc que des joueurs de valeur intermédiaire comme Jonathan David, Yari Verschaeren ou Krepin Diatta, évalués à 15-20 millions d’euros, ne se vendent… que pour la moitié. Car jouer la carte du chômage économique, c’est aussi utiliser la crise sanitaire comme prétexte.

Je trouve que c’est un peu tôt pour utiliser cette procédure du chômage temporaire. Jusqu’à présent, une seule journée de championnat n’a pas pu se jouer : la 30e de phase régulière. Les clubs ne déplorent donc qu’une seule recette-guichets perdue. Les clubs qui sortent cet argument sont ceux qui avaient déjà des problèmes de liquidités. Le cas de Lokeren est connu, et il est gravissime. Mais d’autres clubs utilisent l’argument du coronavirus pour mettre les joueurs sous pression en les menaçant de chômage s’ils n’acceptent pas une réduction de salaire. Ce sont de pures motivations financières, et ce n’est pas correct. "

Mais à chaque crise, son espoir de relance. Comme dans le cas du Footgate, c’est peut-être pour les clubs belges le moment de se poser les bonnes questions. Et d’en tirer les leçons.

Le business du foot est un business comme un autre, et il faut toujours garder de la trésorerie, car ce sont les réserves qui vous permettent de survivre dans les moments de crise " conclut Stijn Francis. " Aux Pays-Bas, les clubs ne peuvent pas consacrer plus de 55% de leur budget aux salaires (NDLA : c’est la survivance du Fair-Play financier instauré par Michel Platini quand il présidait l’UEFA). En Belgique, la plupart des clubs dépassent largement ce seuil. En 2008-2009, la crise financière mondiale a permis de réorganiser le secteur bancaire. Je pense que ceci est une occasion de faire la même chose avec la gestion des clubs de football. "

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