Club par club : les tops et les flops de notre compétition (3/4)

Hendrik Van Crombrugge, Thomas Didillon, Igor De Camargo, et le duo Samuel Bastien/Arnaud Bodart, les tops de la saison d'Anderlecht, de Genk, de Malines et du Standard
Hendrik Van Crombrugge, Thomas Didillon, Igor De Camargo, et le duo Samuel Bastien/Arnaud Bodart, les tops de la saison d'Anderlecht, de Genk, de Malines et du Standard - © Tous droits réservés

Le championnat de D1A étant passé du mode "pause" au mode "stop" (sous réserve de confirmation par l’Assemblée générale de la Pro League, le 24 avril), l’occasion était belle de s’arrêter, club par club, sur les tops et les flops de ces… 29 journées de compétition disputées. La cellule foot de la rédaction sportive de la RTBF (Rodrigo Beenkens, Eby Brouzakis, Benjamin Deceuninck, Pierre Deprez, Hervé Gilbert, Manuel Jous, Vincent Langendries, Erik Libois, Thierry Luthers, Frank Peterkenne et Pascal Scime) s’est donc penchée, sans se concerter, sur les joueurs qui avaient plu ou déplu, confirmé ou déçu, épaté ou pataugé. La notion de "top" parle d’elle-même, celle de "flop" ne relève pas uniquement de la qualité affichée, mais aussi de sa dépendance aux attentes. Un "flop" peut également découler d’un (trop) maigre temps de jeu, pas toujours dépendant de la volonté du joueur lui-même… Enfin, question de perception, il arrive que certains apparaissent tant dans la colonne des "tops" que des "flops". Un joueur réussit même à se hisser sur le podium… des deux catégories.

La série remonte, quatre à quatre, les échelons de la compétition. Pour suivre, dans ce troisième épisode, place aux clubs classés de la 8è à la 5è position, soit juste à l’extérieur ou juste à l’intérieur de ce qui aurait dû constituer les Play-Offs…

Pour chaque club : 3 tops, 3 flops. Pour chacun, le nombre de voix exprimées et quelques lignes de commentaire.

Bonne lecture et faites vos propres jeux…

 

8è : ANDERLECHT (43 pts)

 

TOPS

  1. VAN CROMBRUGGE Hendrik 9
  2. CHADLI Nacer 5
  3. DOKU Jérémy 4

FLOPS

  1. NASRI Samir 11
  2. BAKKALI Zakkaria 4
  3. KOMPANY Vincent et ROOFE Kemar 3

 

Que n’a-t-on pas encore écrit sur la saison noire du sporting d’Anderlecht ? La pire en terme de résultats et de classement final depuis 1937-1938. Plus de 80 ans…

On ne saura jamais si la dernière journée de phase classique aurait permis aux Mauves d’accrocher, in extremis, le wagon des Play-Offs. Qu’importe. De cette saison paradoxale à plus d’un titre, certains garderont la foi en un avenir meilleur, promis par le "projet Kompany" (et son célèbre slogan "trust the process"), d’autres nourriront la nostalgie d’un passé plus florissant, plus " identifiant " peut-être aussi. Par rapport à un club qui, aveuglé par le retour de son rayonnement international, en néglige de plus en plus ses racines bruxelloises et son histoire…

Pour les votants, l’incontestable " top " qui émerge cette saison n’est autre que le gardien Hendrik Van Crombrugge. Que le top de la saison mauve soit un… gardien ne constitue évidemment pas le meilleur signal possible, même si les prestations d’un gardien dans une équipe en confiance peuvent également être soulignées (on en reparlera avec le cas de Mignolet à Bruges). En attendant, Van Crombrugge a pleinement répondu aux attentes et aux sollicitations. Transféré durant l’été, notamment pour son jeu de pied estimé meilleur que celui de Didillon, Van Crom a pleinement saisi sa chance, au point de décrocher 9 mentions parmi les votants qui l’ont également élevé au rang de 4è gardien de l’équipe nationale, devant…l’ancien Anderlechtois Matz Sels. Derrière Van Crombrugge, c’est un autre nouveau qui se distingue. Vu son manque de rythme et de temps de jeu à Monaco, peu de monde imaginait que Nacer Chadli constituerait, si vite, une valeur ajoutée à l’équipe. Or, l’impact et le rendement du Diable Rouge ont été immédiats. Dès ses premières touches de balle à Courtrai, dès son premier but contre l’Antwerp. Avant la trêve, on parlait même de "Chadli-dépendance", tant l’ancien Spur incarnait à lui seul l’éclaircie dans le marasme. 7 buts et 4 assists en 5 mois et 14 matchs, qui aurait pensé ça ? Malheureusement pour lui, la suite de saison de Nacer Chadli s’est révélée moins florissante, à cause de blessures notamment (3 matchs disputés en 2020), mais, collectivement, cette absence s’est conjuguée avec un redressement de l’équipe, tant en terme de résultats que de qualité de jeu… Enfin, pour compléter le podium des tops, on retrouve le jeune Jérémy Doku (17 ans), qui a bien saisi le message de son coach Frank Vercauteren et, à l’inverse de son comparse Amuzu, a réussi à sublimer son indéniable potentiel en lui adjoignant une dose bienvenue de réalisme. 3 buts, 3 assists (tous réussis en 2020). Doku a franchi un palier et même titillé l’intérêt de Roberto Martinez. Il constitue aujourd’hui le diamant le plus scintillant de la vitrine anderlechtoise, avec un Yari Verschaeren qu’une blessure a ramené à la discrétion forcée.

Au rayon des flops, les postulants sont évidemment nombreux, mais un patronyme émerge. Le plus célèbre d’entre tous : Samir Nasri. Le seul flop, tous clubs confondus, à atteindre la note maximale de 11 votes sur 11 votants… Ce n’est évidemment pas une surprise. La déception est d’autant plus grande que le passé, le cv, l’expérience et la qualité de l’ancienne étoile de l’OM, permettaient d’en attendre monts et merveilles même si, dès son arrivée, l’enthousiasme des suiveurs était forcément déjà refroidi par les dernières saisons traversées par le joueur, en terme de blessures notamment. A part un gigantesque coup marketing, Nasri n’a malheureusement rien apporté à l’Anderlecht de Kompany. Au contraire, son salaire mirobolant en aura même déforcé la trésorerie... L’éphémère capitaine des Mauves aura également joué de malchance puisque au moment où il commençait à revenir à son top, Nasri s’est blessé (le 4 octobre à Charleroi) et n’a plus jamais refait surface… Aux côtés de Nasri, on retrouve parmi les flops un Zakaria Bakkali (4 votes) qui aura surtout joué de malchance avec un retour de blessure signé lors de la…23è journée de championnat seulement et qui n’aura pourtant pas démérité par la suite. Puis un ex-aequo entre…Vincent Kompany (3 votes flops, mais aussi 3 votes… tops) vraisemblablement pénalisé par sa fragilité, et Kemar Roofe qui, malgré quelques matchs honorables, a peiné à convaincre qu’il valait son prix (6 millions d’euros).

 

7è : KRC GENK (44 pts)

TOPS :

  1. DIDILLON Thomas 8
  2. DEWAEST Sébastien 5
  3. ITO Junya, BERGE Sander et ONUACHU Paul 3

FLOPS

  1. HAGI Ianis, NYGREN Benjamin et COUCKE Gaëtan 5
  2. BONGONDA Théo et MAEHLE Joakim 3
  3. VANDEVOORDT Maarten 2

 

Le moins que l’on puisse dire est que la saison du champion en titre aura été chahutée… Même si les attentes nationales étaient raisonnables et la pression mise sur les anciens élèves de Philippe Clément moins forte que dans des clubs rodés à la conquête des lauriers comme Bruges ou Anderlecht, Genk aura très mal géré son après-titre. Entre les départs de certains cadres (Trossard, Malinovskyi), les envies de départ d’autres (Berge, Maehle, Samatta) , une campagne de transferts en demi-teinte et le cas Mazzu (à qui très peu de temps a été laissé pour faire ses preuves), la saison 2019-2020 du Racing laisse un goût amer. Dans ce contexte, c’est presque un miracle que la campagne de Ligue des Champions n’ait pas été plus catastrophique encore. Certes, les Limbourgeois en sont sortis avec un maigre mais prévisible 1/18. Mais c’est lors de la moitié de leurs sorties européennes (contre Naples, contre Liverpool, et encore plus à Anfield !) qu’ils auront montré leur plus beau visage. Une tenue de gala plus volontiers enfilée sans doute que le bleu de travail de la Pro-League, dont on ne saura jamais s’il aurait été, ou non, synonyme de Play-Offs…

Comme à Anderlecht, le top de la saison est un gardien. Mieux que cela, il s’agit même de…l’ancien gardien du sporting, Thomas Didillon, dont les raisons de la mise à l’écart de Saint-Guidon n’ont jamais clairement été explicitées… Avec 6 rencontres convaincantes disputées entre les perches limbourgeoises, Didillon a prouvé deux choses : 1. Qu’il n’avait rien perdu de ses qualités, 2. Que les dirigeants de Genk ont très mal géré le dossier de la blessure de Vukovic (ce que nous n’avons pas manqué de souligner depuis le mois d’août déjà…) en faisant le choix de ne pas le remplacer. Avec 8 voix, Didillon devance le capitaine Sébastien Dewaest, pourtant loin de son niveau de la saison dernière et dont le début de saison fut mouvementé avec quelques renvois sur le banc. Sur la 3è marche du podium, 3 hommes : l’infatigable flanc japonais Junya Ito (90% de temps de jeu toutes compétitions confondues, et des stats plus qu’honorables : 5 buts et 7 assists), le médian norvégien Sander Berge (finalement transféré à Sheffield United après avoir illuminé Anfield) et le géant nigérian Paul Onuachu, remplaçant désigné de Samatta et meilleur buteur de l’équipe avec 9 réalisations.

Au niveau des flops, la première place est partagée entre plusieurs joueurs…de talent : Ianis Hagi, le fils de Gheorghe, dont le toucher de balle de velours n’aura pas suffi à compenser un manque de régularité dû à son jeune âge et un rôle pas suffisamment défini, Benjamin Nygren (précédé d’une réputation de monstre en devenir et qui n’aura joué que…les deux premiers matchs de la saison) et Gaëtan Coucke, le jeune gardien propulsé titulaire en Ligue des Champions suite à la blessure de Vukovic, et qui, c’est un euphémisme, n’aura jamais rassuré sa défense… Derrière ce trio (5 mentions chacun), on retrouve un duo : Théo Bongonda (dont on attendait beaucoup plus au vu des 7 millions d’euros déboursés et de ce qu’il avait montré à Zulte-Waregem) et Joakim Maehle (très loin de son niveau de l’année dernière et qui, jusque à sa prolongation de contrat, se voyait ailleurs…). Enfin, le podium est complété par Maarten Vandevoordt, 18 ans, plus jeune mais surtout plus talentueux que Coucke, propulsé tardivement dans l’équipe (décembre), et dont la blessure au coude a précipité le transfert de Didillon…

 

6è : MALINES (44 pts)

TOPS :

  1. DE CAMARGO Igor 9
  2. PEYRE Thibaut 6
  3. VRANCKX Aster 5

FLOPS :

  1. TAINMONT Clément 5
  2. THOELEN Yannick et SWINKELS Arjen 4
  3. BATEAU Sheldon et ENGVALL Gustav

 

On ne reviendra pas ici sur le bien-fondé ou non de la présence de Malines en D1A. Sanctionné par l’UEFA…mais pas au niveau belge dans le cadre du Footballgate, les Malinois ont, non seulement, validé leur promotion parmi l’élite, mais en plus réussi à prester à un haut niveau constant : jamais cette saison, le KaVé ne sera retrouvé plus bas que la 8è place et, avant l’arrêt forcé de la compétition, il avait encore son sort en mains pour une participation aux Play-Offs. Incroyable mais vrai !

De cette saison, menée dans l’adversité et, parfois même, l’hostilité, un homme aura réussi à rallier tous les suffrages : Igor De Camargo ! A bientôt 37 ans ( !), l’ancien Diable Rouge aura donné une leçon de courage, de professionnalisme, de régularité et d’efficacité à toute une ribambelle d’autres anciennes gloires (parfois beaucoup plus jeunes) semblant courir en vain derrière leurs belles années envolées, tels autant de papillons flétris, aux couleurs ternies par les rayons brûlants d’un soleil trompeur. De Camargo, c’est 69% de minutes prestées, et surtout 10 buts inscrits ( !). Une productivité et une présence qui ont même failli lui offrir un dernier beau transfert à…Bruges, en manque cruel de pivot avant l’arrivée de Krmencik et qui aurait bien imaginé un montage incluant Jelle Vossen comme monnaie d’échange… L’ancien Unioniste Thibaut Peyre (dont le transfert à Malines avait fait du bruit…) monte sur la 2è marche du podium des tops, grâce à sa fiabilité et à sa régularité. Avec 98% de temps de jeu et le maximum de titularisations possibles cette saison, il est devenu un incontournable de la défense malinoise. Quant au 3è larron, Aster Vranckx, il est LA révélation de la saison derrière les anciennes casernes. A 17 ans, l’international U19 est déjà dans le viseur de quelques écuries européennes. Encore un dont la post-formation devrait, logiquement, s’accomplir hors-frontières…

Parmi les flops, c’est l’ancien carolo Clément Tainmont qui tient le haut du pavé avec 5 voix. L’élégant flanc gauche aura dû se contenter d’un rôle de réserviste et n’aura délivré qu’un seul assist. Insuffisant, même à 34 ans (comme dirait De Camargo…). Derrière Tainmont, le gardien Yannick Thoelen (avant de se déchirer les ligaments du genou) n’aura pas réussi à faire oublier l’excellent Verrips, parti à Sheffield United, pas plus que les bouclettes du Néerlandais Arjen Swinkels n’auront convaincu en défense. Sur la 3è marche du podium des flops, le défenseur trinitéen Sheldon Bateau aura tenu le cap pendant 13 journées avant de disparaître comme le Manuréva, et l’attaquant suédois Gustav Engvall encouru deux blessures au genou, dont la dernière en date, une déchirure ligamentaire, remonte à février…

 

5è : STANDARD (49 pts)

 

TOPS

  1. BASTIEN Samuel et BODART Arnaud 10
  2. AMALLAH Selim 6
  3. CIMIROT Gojko 3

FLOPS

  1. AVENATTI Felipe 7
  2. MILINKOVIC-SAVIC Vanja 4
  3. LIMBOMBE Anthony 3

 

Troisième du dernier championnat, on ne saura jamais si le Standard aurait pu égaler ou dépasser cette performance cette saison avec des Play-Offs dont il s’est parfois fait le spécialiste (personne n'a oublié la remontada liégeoise de 2018 avec 21 points pris et une escalade de la 6è à la 2è place finale !). Sans son fameux décembre noir (5/15 en championnat et une élimination en Coupe de Belgique), le Standard aurait même pu vivre un début d’année plus serein et valider plus rapidement son ticket pour le bon wagon. Ceci malgré un mercato hivernal en demi-teinte qui a vu le club se déforcer en laissant partir des cadres tels Renaud Emond ou Paul-José Mpoku, sans même parler des derniers tauliers du vestiaire (certes déclassés par leur staff…) Réginal Goreux et Sébastien Pocognoli

De cette saison où il aura payé un lourd tribut aux blessures (Bokadi et Dussenne pour ne citer qu’eux), le Standard aura tout de même vu émerger quelques tops. C’est d’ailleurs le seul club de l’élite qui place deux hommes ex-aequo sur la première marche du podium. Samuel Bastien et Arnaud Bodart réussissent en effet un carton plein : 10 votes chacun ! Le premier s’est littéralement épanoui dans l’entrejeu liégeois délaissé par Razvan Marin. 26 matchs joués, 4 buts, 4 assists, de la présence et de l’élégance, Bastien a rayonné et confirmé, tout en affichant un état d’esprit toujours positif. Il est porteur des plus beaux espoirs, au même titre qu’Arnaud Bodart, initialement parti pour occuper le poste de n°2 dans les buts, mais qui a rapidement saisi sa chance pour ne plus la lâcher. Le neveu de Gilbert aura connu une progression fulgurante qui fait déjà de lui l’un des meilleurs jeunes gardiens de Belgique, élevé au rang d’international espoir aux côtés de Mile Svilar. Derrière Bastien et Bodart, c’est un transfert de l’été qui émerge : Selim Amallah, venu de Mouscron, incarne l’une des plus belles réussites de la saison. Face à l’intermittence de Mpoku ou Carcela, Amallah a incarné la stabilité. Une superbe intégration au plan de jeu de MPH et un rendement lucratif de 7 buts et 4 assists pour sa première saison à Sclessin. Difficile de rêver mieux… Enfin, sur le podium des tops, monte aussi le discret Gojko Cimirot, dont le travail de l’ombre stabilise et rationalise une équipe parfois emportée par son côté "romantique".

Au rayon des flops, la palme revient à Felipe Avenatti. Loin de ses 15 buts inscrits avec Courtrai la saison dernière, le grand attaquant uruguayen (1m96) aura souvent semblé perdu dans les défenses adverses. Rapidement pris en grippe par le public de Sclessin, il n’aura inscrit que deux buts sur l’ensemble de la saison, et perdu son duel avec le puissant mais fragile Oulare pour le poste d’attaquant de pointe, une fois acté le départ d’Emond. Déjà évoqué plus haut, en filigrane de l’émergence de Bodart, Vanja Milinkovic-Savic incarne le côté face de la politique des gardiens. Embrigadé de Torino et adoubé par MPH qui en connaît pourtant un bout sur la question, Milinkovic-Savic se sera grillé tout seul…et ce, dès la préparation estivale ! A tel point qu’il n’aura jamais eu voix au chapitre en championnat et qu’il aura dû se contenter uniquement de 3 titularisations en Europa League. Le flop dans toute sa splendeur. Mais comme le malheur de l’un fait le bonheur de l’autre, le Standard n’en prendra pas trop ombrage… Enfin, pour compléter le podium, Anthony Limbombe recueille 3 voix. L’éphémère Diable Rouge (une mi-temps contre l’Arabie Saoudite au printemps 2018) aurait dû mettre le feu sur son flanc, comme naguère à Bruges, hélas il n’a allumé que des pétards mouillés. Du coup, le Standard l’a renvoyé à son expéditeur nantais, sans autre forme de procès…ni de regret.

 

Retrouvez l'épisode 1/4 des tops et flops de la compétition

Retrouvez l'épisode 2/4 des tops et flops de la compétition

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