Charleroi sans Felice Mazzù : un nouveau départ ?

L’enfant du pays Felice Mazzù parti à Genk, Charleroi se cherche un nouveau coach. Un choix qui sera déterminant pour le prochain cycle du Sporting : après les fameux plans 3-6-9, le prochain horizon est 2023. Celui de la véritable entrée dans le gotha du football belge ?

Comme prochain coach, Charleroi a une short-liste de 5 noms. Les trois noms les plus cités sont Hein Vanhaezebrouck (en stand-by depuis son C4 à Anderlecht), Luka Elsner le coach de l’Union St-Gilloise et Drazen Brncic, celui du RWDM en D1 amateurs. Une certitude : le coach sera désigné au plus tard pour le 24 juin, date de la reprise des entraînements.

« Il faudra à nouveau avoir du bon flair et faire le juste choix » explique le CEO carolo Mehdi Bayat. « Si ce n’est qu’entre-temps, le statut du club a changé. À l’époque, Felice était arrivé dans un petit club par la petite porte. Son successeur arrive dans un club qui a une autre stature et une autre dimension. Son portrait-robot ? Celui de Mazzù ! Car le Mazzù qui quitte le club aujourd’hui n’est pas le Mazzù qui était arrivé il y a 6 ans ! »

Traduction : Elsner et Brncic ont peu de chances car ils ont le profil du Mazzù… mais d’il y a 6 ans. Vanhaezebrouck connaît le championnat comme sa poche. Son agent s’appelle Mogi Bayat, qui pèse toujours en coulisses au Pays Noir. Enfin, Vanhaezebrouck, de la même manière qu’il s’était jadis relancé à Courtrai après s’être planté à Genk, accepterait un contrat courte durée, moins lourd pour les caisses du Sporting. D’autant que pour raisons familiales, il ne veut pas partir à l’étranger pour l’instant. Et avec HVH, Charleroi se doterait d’un grand nom pour franchir cette dernière marche qui le prive trop souvent des Play-Offs 1.

« Le Sporting grandit chaque année grâce au travail de son personnel » poursuit Mehdi Bayat. « Nous n’avons pas, nous, de mécène milliardaire qui vient sur-booster les finances du club. On est le club le plus sain de Belgique, on est l’un des clubs les plus rentables du pays, si pas le plus rentable. On a repris en 2012 un club qui était au bord de la faillite. Depuis, on a multiplié par quatre le chiffre d’affaires. Et on dégage chaque année des bénéfices qui sont intégralement réinvestis pour faire grandir le club. Ce qui nous manque ? Je n’ai pas de baguette magique, mais je pense qu’il faut apporter de la maturité et de la stabilité à l’équipe pour faire en sorte que cela matche au bon moment. »

Cette définition épouse parfaitement le portrait-robot de Vanhaezebrouck. D’autant qu’avec le prochain départ de Victor Osihmen (somme estimée : 15 millions d’euros, plus gros transfert de l’histoire du club), les caisses du Sporting sont plus florissantes que jamais.

Mehdi Bayat s’est fixé 2023 comme prochain horizon pour son business-plan zébré. Un plan qui comprend 4 axes avec, dans l’ordre : une augmentation du nombre de talents issus de l’école de jeunes ; la concrétisation du nouveau centre d’entraînement dans les 3 ans ; la finalisation d’un stade multifonctionnel (incluant l’organisation de concerts) dans les 5-6 ans ; enfin, pour ce qui est de l’équipe première, une volonté durable de participer aux Play-Offs 1.

Il faudra aussi tirer les leçons de la saison écoulée : les salaires des joueurs avaient été valorisés (contrat fixes plus élevés), avec au bout… l’échec dans l’accession aux Play-Offs 1. Phénomène d’embourgeoisement ? « A Charleroi, il faut refaire du Charleroi » nous confie Pierre-Yves Hendrickx. Traduction : les contrats seront revus dans le sens d’un retour aux primes aux résultats. L'idée est aussi de réinjecter du sang-neuf au vestiaire pour relancer la dynamique de groupe : pas de grand nettoyage, mais quelques retouches.

La réputation grandissante du club comme dénicheur de talents et de tremplin pour pépites va aussi lui permettre de revendre plus cher avec les années : un peu comme Genk (tiens, on y revient…) qui s’est ainsi taillé une solide réputation de club à la revente. Car la marge de manœuvre du Sporting comme club tournant sur sa seule gestion (à l’inverse des clubs propriétés de riches mécènes, comme on le disait) n’est pas extensible à l’infini. Et le RCSC atteint doucement son plafond vu la taille de son marché local.

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