C4 des coaches : et si le football-panique contaminait aussi les grands clubs ?

Ivan De Witte et Laszlo Bölöni en des temps meilleurs...
Ivan De Witte et Laszlo Bölöni en des temps meilleurs... - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

25 jours et 3 petits matches : à Gand, Laszlo Bölöni a plutôt fait dans le genre circuit court. Et encore, avec la trêve internationale, il y a eu 2 semaines sans match. Une fameuse claque pour le technicien roumain. Mais une gifle aussi pour la direction gantoise, qui reconnaît " une erreur de casting " (dixit Ivan De Witte). Ce n’est pourtant pas faute d’avoir prévenu : le choix du successeur du " gentleman " (copyright Michel Louwagie) Jess Thorup avait fait se lever les boucliers de la presse et des supporters gantois dans un ensemble quasi-touchant.

En interne, on reprocherait à Bölöni des méthodes autoritaires et dépassées, un manque de communication avec son vestiaire et des carences de préparation (en matière d’images vidéo notamment) du match à Eupen.   

Play-offs à 4 = impatience

Avant Bölöni, Jess Thorup avait donc été limogé après seulement deux mini-journées. Car oui, Gand a beaucoup investi puisqu’il veut concurrencer Bruges pour le titre. Et avec ses 45 millions de budget, La Gantoise est aujourd’hui la deuxième plus grosse machine financière du foot belge. Oui, devant Anderlecht, devant Genk, devant le Standard.

Mais qui dit ambition et  investissement, dit aussi impatience : le foot-business exige des résultats immédiats. Surtout avec la réforme du championnat, où seules les 4 premières places (et non plus les 6 premières) donnent accès au Play-Offs 1. Urgence fouettée à Gand où l'avenir en Ligue des Champions se joue ce mardi soir contre le Rapid Vienne, à domicile... mais en manche unique.

Bref le temps est compté, chaque défaite est cruciale. Et du coup, les grands clubs sont bien plus nerveux que les petits – qui habituellement, en ce début de saison, sont ceux qui paniquent le plus vite et virent leur coach. La preuve : après Gand, on chuchote un limogeage imminent à Genk du coach Hannes Wolf

La loi du vestiaire

Et à Genk comme à Gand, un entraîneur coach qui vacille révèle une autre tendance : les pleins pouvoirs donnés aux joueurs. À Gand, Roman Yaremchuk a râlé… et Bölöni a pris la porte. À Genk, c’est l’ex-capitaine Sébastien Dewaest qui est allé au clash : qui gagnera le bras de fer ? Une donnée Covid-19 vient encore plus agiter la donne cette année : le mercato vient d'ouvrir sa deuxième fenêtre jusqu'au 8 octobre, nécessité requise par le décalage des calendriers et le report des reprises. On obtient donc cette année en septembre ce qu'on observe traditionnellement au mois d'août : des joueurs rendus nerveux par les va-et-vient de leurs agents et de possibles envies de bougeotte.

Une certitude : virer un coach reste plus facile… et surtout moins coûteux que virer tout un vestiaire. C’est une loi universelle. Dans certains grands clubs catalans, des joueurs stars peuvent même obtenir la tête d’un Président…

Battu deux fois après 4 journées, le coach brugeois Philippe Clément doit presque respirer d’avoir battu samedi le modeste Waasland-Beveren…

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