Avec Preud'homme, le Standard veut travailler sur le long terme

C’était évidemment un secret de polichinelle, mais le suspense n’est désormais plus de mise : Michel Preud’homme sera bel et bien l’entraîneur du Standard pour les quatre années à venir. L’ancien gardien, coach et directeur technique de Sclessin n’a pas encore officiellement paraphé son contrat (relu par Mogi Bayat qui a finalisé le "deal"), mais il existe un protocole d’accord avec le Président Bruno Venanzi depuis quelques semaines déjà.

En septembre dernier, le matricule 16 était au plus mal et la position de Ricardo Sa Pinto plus que chancelante. Bruno Venanzi avait alors pris langue avec quelques coaches potentiels (Franky Vercauteren, Yves Vanderhaege) avant de se tourner, logiquement, vers Michel Preud’homme qu’il vénère depuis longtemps et avec lequel, très vite, le courant est très bien passé. Preud’homme devient progressivement une sorte de conseiller technique informel pour l’homme fort des "Rouches" et l’idée de sceller leur avenir sous la forme d’une collaboration commune prend forme. D’autant que la saison du Standard est chaotique avec, finalement, une qualification sur le fil pour les play-offs 1.

Mais ce sont surtout les comportements inadéquats et le caractère difficile du coach portugais au quotidien qui irritent progressivement le président. La comédie où il se tord sur la pelouse lors du match de Coupe à Anderlecht, le pétage de plombs lors d’un match amical en stage ou encore la colère en fin de match à Waregem, autant d’éléments qui incitent Venanzi à se faire une raison : tout cela est inacceptable pour l’image de son club !

Enfin de la stabilité

Dès lors, une proposition concrète est formulée à Michel Preud’homme, toujours en année sabbatique, rappelons-le. Avec, dans le désordre, un très gros contrat (assorti de stock options avec des actions de la SA Standard de Liège), des pleins pouvoirs sportifs, un poste de vice-président, une place dans le conseil d’administration, une fonction de manager à l’anglaise et bien sûr une place de coach sur le banc, excusez du peu. Preud’homme aurait donc carte blanche mais, entre-temps, il écoute quand même les propositions de Bordeaux (devenue sa cité d’adoption) et de l’équipe nationale.

Rien n’aboutit concrètement et notre homme revient finalement dans le club de son cœur où il a ramené le titre en 2008 après une attente de 25 ans ! Venanzi est persuadé qu’il est l’homme de la situation pour mener à bien tous ses objectifs sportifs sur le court et le moyen terme. Enfin de la stabilité, elle qui a fait cruellement défaut ces dernières années à Sclessin….

Une décision irrévocable

Sa Pinto a beau gagner la Coupe, qualifier son équipe pour les play-offs 1 et signer une fin de parcours de toute beauté : rien n’y fait. Le président a pris sa décision et elle est irrévocable: il ne veut plus travailler avec Sa Pinto qui recevra 14 semaines d’indemnités ainsi que le prévoit une clause de son contrat. Même le doublé championnat/Coupe, inédit dans l’histoire plus que centenaire du club, n’aurait pas infléchi la décision présidentielle, selon ses propres dires.

Dès lors, la place est toute chaude pour Preud’homme qui revient, une fois encore, au club de ses premières amours. Or, on sait que Venanzi adore ramener au bercail quelques figures iconiques du matricule 16, sur le terrain ou dans les tribunes. L’ancien meilleur gardien du monde va débarquer avec un staff qu’il aura totalement choisi, son fidèle adjoint Emilio Ferrera en tête. Vedran Runje, encore un ancien de la maison, a été sondé comme entraîneur des gardiens mais on renâcle encore du côté de l’Antwerp où Lucien d’Onofrio n’est pas trop enclin à lâcher son Croate…

Réorganisation du club

Dans la foulée, le président Venanzi (outre ses projets d’infrastructures pour rénover le stade) va réorganiser toute la structure organisationnelle du club. En plaçant tout d’abord Alexandre Grosjean comme véritable Directeur Général du club et administrateur comme Pierre Locht, directeur juridique, qui monte en grade en devenant directeur de l’Académie Robert Louis Dreyfus dont l’efficacité a laissé à désirer ces dernières années. Quant à Olivier Renard, il est nommé directeur du recrutement, sorte de chef du scouting.

Le titre, ce sera l’objectif de Preud’homme alors que le club retrouve des couleurs financièrement suite aux rentrées liées aux transferts de Jonathan Vieira, Orlando Sa, Ishak Belfoldil et bientôt Matthieu Dossevi. Sans compter qu’une éventuelle accession au tour de barrage de la Champions League rapporterait 5 millions de bonus supplémentaires…

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